Watson va être un "énorme moteur" pour IBM

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Le 25 septembre 2015
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IBM veut placer Watson au cœur de l'aide à la décision, que ce soit pour les entreprises ou, à terme, le grand public. Les attentes de l'américain envers son programme d'IA sont grandes.

Depuis sa victoire au jeu télévisé américain Jeopardy en 2011, le logiciel d'intelligence artificielle (IA) Watson d'IBM ne s'est pas reposé sur ses lauriers. Assez discrètement, le grand frère de Siri et de Cortana a poursuivi ses développements. John Kelly, vice-président solutions et recherche chez IBM, a déclaré à Bloomberg que 77 000 développeurs travaillent sur ce programme via la plateforme de développement en cloud Bluemix.

Watson est devenu l'activité la plus dynamique de la branche « Business analytics » du groupe américain, branche en croissance annuelle de 7 % en 2014 à 17 milliards de dollars, soit près d'un cinquième du chiffre d'affaires global d'IBM. Ce taux de croissance souffre malgré tout de la comparaison avec celui de la division cloud, en hausse de 60 % sur la même période. Mais d'après John Kelly, Watson est loin d'avoir tout donné.

Un potentiel encore inexploité


Il générera 1 milliard de dollars de recettes à « court terme », assure-t-il, et sera un « énorme moteur » de l'activité d'IBM. Pour y parvenir, la société veut encore grossir le parc des développeurs en leur proposant de nouveaux outils et services afin qu'ils trouvent des applications à Watson. IBM lui-même dévoilait, il y a un an, Watson Analytics, un Siri dédié à l'aide à la décision des directeurs métiers (marketing, ventes, RH...).


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Alors que les entreprises manipulent toujours plus de données à des fins stratégiques, les interfaces d'aide à la décision ont mis l'accent, ces dernières années, sur la simplicité : beaux graphiques, applications mobiles... Mais pour IBM, l'interface ultime, car potentiellement la plus rapide, est celle de la reconnaissance vocale.

En 2012, Big Blue affirmait que 90 % des données avaient été créées au cours des deux dernières années.

Avec l'explosion à venir des objets connectés, qui pourraient atteindre - au choix, selon les études - de 5 à 20 milliards d'unités dans trois ans, les entreprises auront d'autant plus d'informations à analyser... et le grand public aussi. Exemple concret : fin 2014, IBM a investi dans Pathway Genomics dans le but de croiser les données de santé des montres ou bracelets avec l'ADN de leur porteur, et leur fournir ainsi des conseils.

Watson en France en 2016


L'aide à la décision, la santé, des secteurs plus inattendus comme l'aide au retour à la vie civile de militaires, les débouchés de Watson semblent sans limites, y compris linguistiques. L'américain a récemment annoncé son intention d'étendre son programme à l'allemand, l'espagnol et le français en 2016. Une évolution logique pour une entreprise d'envergure internationale. Mais adapter Watson devrait lui donner du fil à retordre.

D'après le responsable d'IBM France Nicolas Sekkaki, interrogé par l'AFP le 22 septembre, il ne s'agira pas d'une simple traduction notamment car « on ne réfléchit pas de la même façon en français et en anglais, en allemand et en espagnol. Il y a la langue, mais aussi les systèmes cognitifs ». L'américain a néanmoins signé des contrats de « plusieurs millions d'euros » avec des banques françaises pour l'aide aux conseillers.

En multipliant les applications de Watson grâce à son vivier de développeurs et en l'étendant aux principales langues, l'américain en attend un chiffre d'affaires de l'ordre de 10 milliards de dollars à l'horizon 2024.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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