Google et le droit à l'oubli : l'Europe "déséquilibre la balance" selon Eric Schmidt

15 mai 2014 à 14h27
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La décision de la Cour de justice de l'Union européenne concernant la suppression, au sein de Google, de liens concernant un particulier, a fait réagir Eric Schmidt. Le président exécutif de l'entreprise estime qu'il s'agit d'une grave erreur.

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C'est à l'occasion de sa prise de parole durant l'assemblée annuelle des actionnaires de Google qu'Eric Schmidt a donné son opinion concernant la décision de la CJUE. « Il y a une manière simple d'expliquer ce qu'il s'est passé ici. Il s'agit d'une collision entre le droit à l'oubli et le droit de savoir. Du point de vue de Google, il y a un équilibre. Nous estimons, après avoir examiné cette décision, que l'équilibre est rompu » explique-t-il.

Une déclaration qui va, sans surprise, dans le sens de la déclaration officielle de Google. Cette dernière a été donnée par David Drummond, le vice-président senior chargé du développement de l'entreprise. « Nous pensons que tout ça va trop loin, et ne tient pas compte de l'impact sur la liberté d'expression, qui est un droit fondamental de l'Homme. » Dans son communiqué, Google estime que le verdict est « une décision décevante pour les moteurs de recherche et les éditeurs en ligne en général. »

Le débat concernant la question du droit à l'oubli, et surtout le fait de savoir si les internautes doivent avoir le droit de demander simplement à Google de supprimer des informations les concernant des résultats de recherche, est bel et bien lancé. Jusque-là, les requêtes de ce type concernaient des cas extrêmes - comme l'affaire Max Mosley - et nécessitait toujours un passage devant la justice. Selon la décision de la CJUE, les anonymes doivent avoir la possibilité de demander une sorte de droit à l'oubli lorsque sont en jeu « les droits fondamentaux de la vie privée et de la protection des données à caractère personnel » et ce, sans lancer de procédure judiciaire.

Eric Schmidt et David Drummond ne sont pas les seuls à s'être exprimés en défaveur de cette décision. Jimmy Wales, le fondateur de Wikipédia, estime qu'il s'agit de « l'une des plus grandes décisions de censure du Web qu'on ait pu voir ». Selon lui, c'est la porte d'entrée aux requêtes ingérables. « S'ils doivent commencer à faire face à tous ceux qui vont pleurnicher au sujet d'une photo qu'ils auront posté la semaine précédente, ça va être très difficile pour Google. Je soupçonne que ça ne va pas durer bien longtemps » conclut-il.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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