Antitrust Google : pour F.Pellerin, "une décision devra être prise avant 2014"

Ludwig Gallet
17 mai 2013 à 15h25
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Le bras de fer entre Google et les comparateurs de prix et concurrents se poursuit. Ces derniers reprochent à la firme de mettre en avant ses services via son algorithme de recherche. Fleur Pellerin en appelle aujourd'hui au CNNum, même si les débats promettent de durer.

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Le feuilleton semble loin d'être arrivé à son terme. Ce vendredi, Fleur Pellerin a reçu quelques-uns des acteurs du web concernés par les propositions formulées par Google, afin de mettre fin aux accusations d'abus de position dominante. Rappelons qu'une plainte avait été déposée par onze entreprises (Foundem, BDZV, Euro-Cities, Expedia, Hot Maps, Streetmap, TripAdvisor, Twenga, la VDZ, la VfT et Visual Meta). Elles estiment que Google abuse de sa position dominante sur la recherche en ligne pour mettre en avant ses autres services, au détriment de la concurrence.

Joaquin Almunia, commissaire européen chargé de la concurrence, avait clairement affirmé que Google abusait de sa position dominante sur quatre points. À savoir une différence de traitement sur les recherches verticales, la copie de certains contenus provenant de sites concurrents, la mise en place d'accords publicitaires très contraignants et les restrictions qu'il impose en matière de portabilité des campagnes de publicité entre sa plateforme AdWords et les services concurrents.

Les instances communautaires comme Google ne se sont jamais fermées à la poursuite des négociations. Il a ainsi été demandé à Google, après des mois de négociations, de formuler des propositions concrètes pour trouver une issue au litige.

Les entreprises déçues après la phase de test

Google a fini par s'exécuter, proposant ainsi la labellisation de ses services afin qu'ils deviennent clairement identifiables par les utilisateurs du moteur de recherche. La firme promet par ailleurs de séparer clairement les contenus mis en avant sur son site et de renvoyer à chaque fois vers trois services concurrents.

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Les propositions de Google en images


Google propose ensuite la mise en place d'un mécanisme de type « opt-out », laissant la possibilité à ses concurrents de se déréférencer complètement s'ils le souhaitent. Enfin, en matière publicitaire, le moteur s'engage à ne plus exiger de ses concurrents qui passeraient par ses services de se procurer leurs publicités contextuelles uniquement auprès de lui.

Une phase de test a été lancée par l'autorité de la concurrence à la fin du mois d'avril pour recueillir les premiers retours des professionnels, au-delà des plaignants. C'était l'objet de la réunion programmée ce matin par Fleur Pellerin.

Le mécontentement perdure chez les acteurs concernés

Reste que ces propositions n'ont clairement pas convaincu les principaux intéressés. Dès la publication des propositions de Google, des voix s'étaient élevées pour dénoncer un écran de fumée, des propositions qui au final, profiteraient à Google. Le son de cloche n'a depuis pas changé. Ils craignent par exemple que la labellisation ne profite finalement qu'à Google par une sorte d'effet pervers.

Fleur Pellerin, interrogée par la rédaction, reconnaît elle-même qu'un certain nombre de questions se posent toujours. « Prenez le renvoi vers trois sites concurrents. Comment seront choisis ces acteurs, sur quels critères ? », demande-t-elle. Mêmes interrogations pour le mécanisme d'opt-out, qui pour la ministre, « paraît difficile à mettre en oeuvre. C'est important pour n'importe quel commerçant d'être correctement référencé sur internet », explique-t-elle.

Et maintenant ?

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Il est clair que les professionnels attendent de nouvelles propositions. La phase de test était censée s'achever à la fin du mois de mai. Mais Fleur Pellerin a d'ores et déjà fait savoir que ce délai « devrait être prolongé de quinze jours ou même d'un mois ». L'autorité de la concurrence rendra ensuite ses conclusions auprès de la Commission européenne, qui a déjà fait savoir qu'une décision devrait être prise juste après l'été.

La ministre a par ailleurs demandé au Conseil National du Numérique de mener à bien une concertation et une réflexion sur le sujet. Benoît Thieulin, le président du CNNum explique que celle-ci « devrait s'inscrire davantage dans une logique de long terme, qui permettra d'entendre et de faire réagir chacun des acteurs concernés. Il faut débattre de ce que l'on appelle aujourd'hui la neutralité du service, et qui pourrait être déclinée en neutralité du search, de l'affichage ou même des API ».

Selon Fleur Pellerin, les négociations ne pourront toutefois pas s'éterniser. « En 2014, la composition de la Commission européenne sera renouvelée. Une décision devra être prise avant ». Tout le monde semble d'accord pour se « hâter lentement ».

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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