Fleur Pellerin veut "faire de la France un pays accueillant pour les entrepreneurs"

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Entrepreneurs, salariés, organisations patronales et syndicales ont quatre mois pour faire émerger les mesures qui vont redessiner l'entrepreneuriat en France pour rendre le pays plus attractif, dans le cadre des Assises de l'entrepreneuriat, lancées ce lundi par la ministre déléguée aux PME, Fleur Pellerin.

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Dans le cadre du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi lancé par le gouvernement le 6 novembre dernier, la ministre chargée des PME Fleur Pellerin a donné le coup d'envoi, aujourd'hui 14 janvier, des Assises de l'entrepreneuriat. La mission est de réunir autour de la même table et pendant quatre mois entrepreneurs, salariés, organisations patronales et syndicales, afin qu'émergent des axes de travail dont pourra s'inspirer le gouvernement.

Car la France n'est pas toujours considérée comme un environnement des plus fertiles pour les jeunes pousses. De l'aveu même de la ministre, « malgré le dynamisme de sa création d'entreprises, la France est encore trop souvent présentée à l'étranger et à l'intérieur même de ses propres frontières comme un pays doté d'une culture entrepreneuriale encore insuffisante ».

En novembre dernier, une étude comparant les principales villes du monde dont l'écosystème est favorable aux start-up, le « Genome Startup Project », classait Paris à la onzième place. Si elle flattait la réussite des start-up du pays, elle déplorait en revanche les difficultés que ces sociétés rencontrent pour obtenir des financements, notamment lors de la phase d'amorçage.

Favoriser les investissements d'amorçage

Une partie de la réponse du gouvernement en la matière a pris forme avec la création de la Banque publique d'investissement (BPI). Pour Fleur Pellerin, la nouvelle institution « crée légitimement une espérance pour répondre aux besoins de financement des PME. Leurs dirigeants n'ont, le plus souvent, besoin que d'un coup de pouce, dès l'amorçage, et de l'effet de levier qu'il est susceptible d'entraîner par la suite pour prendre son envol ».

Mais la BPI seule ne permet pas aux start-up de lever des fonds. Très souvent, c'est vers les Business Angels qu'elles se tournent. Et sur ce point, l'action du gouvernement n'a pas fait consensus ces derniers mois. Rappelons que le Projet de loi de finances 2013 prévoyait d'aligner la taxation des revenus du capital sur ceux du travail, une mesure qui aurait dégragdé l'investissement dans le pays, selon le mouvement des Pigeons.

L'un des neuf axes de travail se penchera justement sur la question de la fiscalité, dont l'objectif sera de « recentrer les aides fiscales sur les jeunes entreprises qui ont un réel potentiel ». Marie Ekeland, associée chez Elaia Partners et co-fondatrice deFrance Digitale, l'association des start-up et capitaux risqueurs, est l'une des chefs de file de ce groupe de travail avec l'avocat fiscaliste Michel Taly.

Adapter la fiscalité aux entrepreneurs

Outre un meilleur ciblage des dispositifs existants tels que le statut des jeunes entreprises innovantes (JEI), tous deux estiment qu'une fiscalité en faveur des créateurs d'entreprise doit voir le jour, car « la fiscalité applicable aux plus-value de cession d'entreprises constitue en effet un paramètre important dans la stratégie de l'entrepreneur qui s'expose à la prise de risques. Le groupe de travail doit ouvrir la réflexion sur l'effet incitatif du levier fiscal ».

En outre, l'un des groupes missionnés s'attellera à la question de nouvelles sources de financement pour les entrepreneurs. Le chef de file de ce groupe, Christophe Praud, président du Centre des jeunes dirigeants d'entreprise, observe que « le financement par les Business Angels a connu un véritable essor depuis les années 2000 mais toutefois, le nombre de réseaux reste faible en France et leur niveau d'investissement insuffisant ».

Dans une récente étude des Pigeons, emmenés par l'investisseur du fonds Isai, Jean-David Chamboredon, ils estimaient que les montants investis au dernier trimestre 2012 - en lien avec l'annonce du PLF 2013 et les remous suscités - avaient fondu de 30% comparé à l'année dernière, et le nombre d'opérations avait quant à lui reculé de 39%. Pour le président du fonds Isai, « aucune mesure n'a été prise pour les Business Angels ».

Diversifier les modes de financement

Christophe Praud déplore aussi le faile niveau du capital-risque, dont les levées de capitaux ont atteint selon lui 6,5 milliards d'euros en 2011, ait été divisé par deux comparé au niveau de 2008. « Le Fonds stratégique d'investissement propose des interventions directes au capital des PME mais elles sont condidérées par les chefs d'entreprise comme peu accessibles : l'un des enjeux de la BPI est de facilité leur accès », relève-t-il.

Parmi les leviers de financement, il évoque le crowdfunding, représenté par des plate-formes participatives telles que Kickstarter aux États-Unis, qui a réuni 320 millions de dollars rien qu'en 2012, et a permis à 18 000 projets de voir le jour. Pour lui, « elles sont peu développées en France avec en particulier la question d'une potentielle inadéquation de la réglementation financière à des investissements individuels de petit montant ».

L'un des enjeux sera donc de mobiliser les différentes formes de financement afin de rendre la France plus incitative sur le plan national mais aussi plus attractive à l'échelle internationale. Au total, environ 250 personnes prendront part aux neuf groupes de travail (liste ci-dessous), auxquelles s'ajouteront les contributions rassemblées sur le site Internet www.assises-entrepreneuriat.gouv.fr.

À l'issue de ces Assises - dont les résultats seront présentés en avril - le gouvernement présentera un « programme d'action qui devra concourir à l'essor entrepreneurial du pays ». Un Haut responsable à l'entrepreneuriat sera nommé pour l'occasion. Il sera chargé de veiller à l'exécution des différentes mesures. Rendez-vous est pris.


Les sujets abordés par les neuf groupes de travail sont :
  • Diffuser l'esprit d'entreprendre auprès des jeunes ;
  • Imaginer un cadre fiscal durable pour l'entrepreneur ;
  • Mobiliser tous les talents pour la création d'entreprise ;
  • Faire émerger de nouvelles sources de financement pour les entrepreneurs ;
  • Promouvoir et valoriser l'entrepreneuriat responsable :
  • Stimuler toutes les formes d'innovation dans l'entreprise ;
  • Offrir à l'entrepreneur un accompagnement global et sur mesure ;
  • Réussir la projection précoce des PME à l'international ;
  • Inventer l'entreprise du futur.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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