L'e-G8 évoque la « sur-régulation » de la Culture sur Internet

25 mai 2011 à 11h36
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Comment concilier innovation et entrepreneuriat avec des cadres législatifs parfois trop rigides ? La problématique a été posée aux participants du e-G8 lors de la table ronde « Comment construire le futur ». Si chacun s'accorde sur la nécessité d'encourager l'innovation, certains pointent pourtant l'existence de lourdeurs. Explications.

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Chargé d'introduire le débat, Lawrence Lessig, spécialiste de la propriété intellectuelle et auteurs de nombreuses sorties au sujet des limites du droit d'auteur, ne fait pas dans la dentelle : « L'avenir des réseaux n'est pas dans cette salle, le gens qui font Internet ne sont pas ici car ils ne savent pas comment se faire inviter ». Des propos durs mais qui visent à faire comprendre que les innovations numériques majeures se développent régulièrement en dépit des conventions en place.

Lessig poursuit : « Il y a une sur-réglementation de la culture. Ces mesures de protection ne font désormais plus sens car elles ne favorisent pas l'innovation et ne permettent pas de bien rémunérer les artistes. On laisse en place un système qui a vécu, il faut donc une manière de mieux inciter les artistes. Depuis 10 ans tout le monde a décrit les architectures pour modifier les droits d'auteurs et quand je viens ici j'ai l'impression que tous ces travaux n'ont jamais été édités. J'ai vraiment l'impression d'être en 1999 ».

Sean Parker, fondateur de Napster abonde en ce sens : « lorsque j'ai créé le service, j'ai vu une large opposition et relativement peu de soutiens. Aujourd'hui, l'ironie réside dans le fait que je suis victime depuis plusieurs années de diffamation par certains blogueurs. Mon identité a été usurpée par la blogosphère ».

Demeure donc la question du rôle de l'Etat dans l'assistance à l'innovation. Sur ce point, Eric Besson, ministre de l'Economie numérique défend sa paroisse : « Il y a un lien mécanique entre innovation et croissance. Ceux qui ont misé une partie de leur PIB dans Internet ont généré de la croissance. Le rôle de l'Etat a donc changé. Il doit désormais chercher à favoriser un climat d'innovation même s'il ne peut pas intervenir lui-même. Par exemple, en terme de contenus, nous favorisons un statut fiscal favorable afin d'attirer les ingénieurs de qualité grâce par exemple aux pôles de compétitivité ».

Une position partagée par Niklas Zennström, co-fondateur de Skype et premier président du service KaZaa : « Quand nous avons démarré Skype en 2002, nous avons pensé à une nouvelle manière pour les gens de communiquer entre eux. Ensuite, nos options ont été de vendre ou d'aller en bourse. Aujourd'hui les choses sont différentes. Il existe des marchés secondaires, des moyens de diffuser plus facilement une technologie ou de fonder une structure avec peu de moyens ».

Tentant de rebondir sur les propos du ministre, Xavier Niel, le patron de Free reste plus partagé et évoque la loi Hadopi: « Je continue de penser que la loi n'est pas bonne. Le Gouvernement a permis d'interdire l'accès à Internet, pour nous ce n'est pas une bonne manière de voir les choses. Une amende oui mais pas une coupure. Nous sommes donc typiquement dans une situation où la loi n'est pas adaptée à la réalité et à l'innovation »...
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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