Gameloft, hostile à Vincent Bolloré

Thomas Pontiroli
29 février 2016 à 11h52
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Le conseil d'administration de Gameloft rejette l'OPA hostile lancée par le groupe Vivendi le 18 février. Il estime que cette offre est « contraire à l'intérêt de Gameloft, de ses actionnaires, de ses salariés et de ses clients ». Les deux sociétés sont farouchement opposées depuis octobre 2015, lorsque Vincent Bolloré a commencé sa « prise de contrôle rampante » dans l'éditeur, atteignant 30,01 % du capital en février, et 26,72 % des droits de vote.

Considérant qu'il n'y a pas de synergie à espérer de ce rapprochement, les administrateurs déplorent « l'absence de rationnel industriel » ainsi que « l'insuffisance des termes financiers de l'offre au regard de la valeur intrinsèque et des perspectives ». Ils craignent enfin « la déstabilisation des équipes résultant de cette offre hostile ». Pour tenter de contrer Vivendi, le groupe familial Guillemot a relevé sa participation.

Rachat d'actions des Guillemot

De 18,99 % du capital, la famille fondatrice a atteint 20,29 % le 8 février, et 28,42 % des droits de vote, contre 27,26 % précédemment. Comme ils le répètent depuis plusieurs mois - et en reprenant la même formulation employée par Vivendi - les membres du conseil d'administration « n'envisagent pas de prendre le contrôle de Gameloft SE, mais ne s'interdisent pas de le faire ». L'idéal pour eux serait de trouver un chevalier blanc.


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Les plus gros succès de Gameloft sont surtout des licences de films.


Après une première opération séduction auprès des investisseurs à Londres le 18 février - pour tenter de sauver Ubisoft de l'assaut de Vivendi -, un nouveau road show était organisé au Canada quelques jours plus tard, cette fois, pour Gameloft. Vivent Bolloré « a une puissance importante en France, c'est pour ça que l'on cherche plutôt ailleurs », a déclaré Yves Guillemot, cofondateur des éditeurs de jeux, au journal québécois La Presse.

Opération séduction au Canada

« Il y a une vraie logique. Comme nous travaillons beaucoup ici, ça permettrait de bien se comprendre et d'avancer ensemble », a poursuivi le dirigeant. Le problème, comme le souligne le quotidien, posé par la prise de contrôle de Vivendi, est qu'elle est appréciée par le marché : depuis septembre 2015, la valeur de Gameloft en bourse a doublé, rendant le titre moins attrayant. Une tendance que connaît aussi Ubisoft, en hausse de 58 %.

Afin de se rendre attirant aux yeux des potentiels actionnaires, Gameloft met en avant trois années de croissance et une stratégie porteuse. Concernant Ubisoft, Yves Guillemot déclarait récemment auprès du JDD : « Vincent Bolloré aime réaliser des plus-values, qu'il sorte d'Ubisoft et il en fera une bonne avec notre plan stratégique. »


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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