Bolloré est prêt à croquer Ubisoft et Gameloft

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Le 27 octobre 2015
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Pendant combien de temps Ubisoft et Gameloft vont-ils conserver l'« indépendance » qu'ils revendiquent ? Entré à leur capital, Vincent Bolloré ne dirait pas non à un contrôle total.

Vivendi confirme ses intentions. Cinq jours après avoir porté sa participation dans Ubisoft et Gameloft de 6,6 à 10,39 % et de 6,2 à 10,20 %, le groupe de Vincent Bolloré affirme dans un communiqué qu'il n'exclut pas une prise de contrôle des deux éditeurs de jeux vidéo. Un scénario anticipé par certains analystes qui pensent que Vivendi a pour but de marier Ubisoft et Gameloft, tous deux créés par les frères Guillemot.

« Le groupe envisage de poursuivre ses achats en fonction des conditions de marché. Ces achats n'ont pas été spécifiquement conçus comme une étape préparatoire à un projet de prise de contrôle d'Ubisoft et Gameloft. Néanmoins, sur les six prochains mois, Vivendi ne peut pas écarter la possibilité d'envisager un tel projet », dit le communiqué. À ce stade, le groupe est déjà actionnaire n°1 d'Ubisoft, devant le fonds FMR.

«  Vision stratégique  »


Alors que la première incursion de Vivendi dans le capital des deux éditeurs, le 15 octobre, avait d'abord été présentée comme un placement de liquidités - l'ex-propriétaire de SFR a reçu environ 9 milliards d'euros suite à la revente de l'opérateur à Numericable à la fin 2014 - cette fois, on parle de « vision stratégique ».


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Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi - Crédit : AFP.


Cet investissement « participe d'une vision stratégique de convergence opérationnelle entre les contenus et les plates-formes de Vivendi et les productions des deux sociétés dans le domaine des jeux vidéo », écrit le groupe de Vincent Bolloré, engagé dans un recentrage autour des médias et de la production de contenus - même s'il s'intéresse toujours aux télécoms, ce qu'illustre la prise de contrôle de 20,03 % de Telecom Italia.

Si Vivendi obtenait le contrôle d'Ubisoft et de Gameloft, cela supposerait de détenir au moins 50 % des droits de vote. Il pourrait décider de leur gestion, et avoir son mot à dire sur le choix des dirigeants. Mais quelle forme prendrait cette prise de contrôle ? Une montée progressive au capital ? Une OPA hostile ?


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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