« Les TPE/PME ne craignent pas l’uberisation »

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Le 09 octobre 2015
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Pendant que des start-up se créent tous azimuts, leurs cousines TPE et PME s'essaient au numérique. Nos 5 questions à Laurent Pontégnier, qui accompagne cette transformation.

Dans la foulée du lancement de la plateforme gouvernementale Transition Numérique, un guichet unique pour les TPE et PME en quête d'accompagnement dans leur transformation « digitale », nous avons échangé avec Laurent Pontégnier, délégué général depuis fin 2012 de l'association ATN+. Celle-ci fédère un réseau de 900 conseillers chargés d'établir un premier contact avec ces entreprises. C'est elle qui pilote le nouveau site.

Que signifie pour vous cette transformation numérique dont on parle tant ?

Ce terme un peu générique, il est vrai, on peut le résumer à deux idées simples : mieux vendre et mieux collaborer. Les sociétés qui viennent nous voir demandent des solutions digitales pour s'améliorer sur ces deux aspects. Nos conseillers - au nombre de 900 - leur répondent que pour mieux vendre, il faut d'abord avoir un site Internet. Ensuite, qu'il soit marchand. Derrière la notion de collaboration se cache celle d'une optimisation des processus. Et pour cela, il y a un ensemble d'outils numériques, comme la messagerie.

Si cela se résume à avoir un site et une boîte mail, il n'y a rien de nouveau non ?

Pour vous c'est peut-être une évidence, mais pour beaucoup de sociétés, non ! Il faut avoir à l'esprit que les TPE et PME qui font la démarche de rencontrer nos conseillers sont dans une phase de premier contact. Elles n'ont même pas identifié leurs besoins, et c'est là que nous les aidons. Encore 35 % des entreprises en France n'ont pas de site Web. Chez le PME, ça monte à 50 %, dont à peine un quart un on site marchand.


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Pour Laurent Pontégnier, à la tête de l'association ATN+, seuls les besoins doivent dicter l'adoption du numérique - Crédit : ATN+.


Les éditeurs dont vous promouvez les outils, ne risquent-ils pas de faire du lobbying ?

Les contenus viennent bien de nos membres, au nombre de 80 environ (contre 100 en 2014, en raison de quelques départs et fusions/acquisitions, ndlr), mais ils sont encadrés par une charte éthique. On n'est pas là pour faire de la pub. ATN+ a un devoir d'indépendance, et est agnostique. Pour cela, nous partons toujours des usages, et essayons d'y mettre une solution en face, mais jamais de vendre un logiciel pour le vendre.

Le rapport des petites entreprises au cloud est-il en train de changer ?

Pour opérer un changement rapide, rien de tel que les logiciels dans le cloud (SaaS), car il n'y a pas besoin de les déployer. Néanmoins, elles restent craintives au sujet de leurs données... Et même si ces données ne sont pas critiques. Pour elles, tout paraît critique, et indépendamment de la taille de l'entreprise. Grâce à l'usage des applications mobiles au quotidien, les choses sont en train de changer. Puis il y a un rajeunissement des patrons. Ils sont plus réactifs, ce qui accélère la transformation. On voit bien que le retard va être comblé.

Vous les aidez sur les outils, mais le sujet de fond, n'est-ce pas l'« uberisation » ?

Je leur dit en permanence ! Lorsque j'anime des conférences, je dis aux entreprises qu'elles seront un jour « uberisées ». Qu'est-ce que cela veut dire ? Que leur métier évoluera mais pas sous l'effet d'un acteur de leur secteur. Ce sera, comme toujours, une start-up du numérique. Comme Airbnb avec les hôtels, Uber avec les taxis. Ça va leur tomber dessus. Mais comme la plupart n'ont pas trop de problèmes de clientèle (l'inverse est-il vrai ?), ils ne s'en inquiètent pas. Je leur conseille donc de rester vigilants et de faire une veille.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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