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Bakchich tire son dernier coup

01 juin 2018 à 15h36
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Satire juste, affirme l'entête du site Bakchich.info. Ca tirera une dernière fois, lui fait écho le dernier édito signé Nicolas Beau, directeur de la rédaction du site depuis décembre 2007. Dernier édito, dernier hebdo, et c'est fini. Bakchich est mort.

« Une page se tourne, » prévient d'emblée Nicolas Beau dans son édito. Et c'est peut-être là que l'aventure Bakchich a coincé : le papier. La version web du satirique existait depuis plus de deux ans, quand, le 29 septembre 2009, Bakchich décide de se lancer en hebdo. Retour au papier, alors que « toute la presse planche sur sa stratégie numérique, » écrivait à l'époque Clubic.

Toutes les leçons restent encore à tirer pour Bakchich comme pour le secteur de la presse, mais le parcours reste remarquable. Monté par « trois jeunes de 25 ans, Guillaume Barou, Léa Labaye et Xavier Monnier, dans un local pas franchement gracieux, dans le XIe arrondissement parisien, » explique la biographie officielle du site. Satire et scoops font sa renommée, le débauchage de Nicolas Beau, ancien du Canard enchaîné, à l'automne 2007, apporte la crédibilité.

Vient l'accès payant, à contre-courant de l'imaginaire collectif des éditeurs de presse. La télé suit mi-2008, avec le rachat de Desourcesure.com et de ses 41 000 visiteurs uniques mensuels. Bakchich TV naît. Trop tôt ?

Car les comptes de Bakchich sont plombés. Le site confesse des ennuis avec l'Urssaf, assume de gros coups, comme avec le double « François l'a dans le Fillon. » C'est l'époque de la dénonciation d'un gouvernement jugé bling-bling, et d'un Cercle de Jeu Concorde détesté. Bakchich sera sauvé par... Xavier Niel, grâce à un mail « exfiltré des courriers indésirables. "Je vous aime bien, si vous voulez, on peut en discuter." »

Le patron d'Iliad participe, après « quatre bouteilles de vin blanc », à un tour de table à près de 500 000 euros. Bakchich se ressent pousser des ailes, déterre du scoop à tout-va. Nicolas Beau veut imaginer un modèle économique avec ses lecteurs, annonce une nouvelle levée de fonds et prédit l'équilibre à six mois.

Arrive l'hebdomadaire, en septembre 2009. A contre-courant, une fois de plus, mais sans le succès escompté. Il y aura au final 10 000 lecteurs réguliers, selon Nicolas Beau, face à une concurrence féroce : Charlie Hebdo et le Canard enchaîné restent les anciens du satirique, le second travaille aussi sur les scoops, et Siné Hebdo n'est pas - encore - mort. « La cohorte est restée trop mince », confirme Nicolas Beau dans son dernier édito.

Et Bakchich reste en difficulté. Placé en redressement judiciaire en novembre 2009, il survit grâce à un plan de continuation depuis mai 2010. Une stratégie à contre-courant (et contre-productive ?) avec le payant et l'hebdomadaire, un lectorat qui n'a pas suffisamment progressé, des procès coûteux inhérents aux satiriques - David Douillet a gagné 40 000 euros en justice il y a cinq jours (Bakchich a fait appel)... Dernier hebdo, dernier édito. C'est définitif, Bakchich tire son dernier coup.

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