Un TER n’émet pas toujours moins de CO2 qu'une voiture ou un autobus !

Aymeric Pontier
Spécialiste environnement
11 novembre 2019 à 09h00
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Dans son rapport sur l'état de préparation des lignes TER à la concurrence, la Cour des comptes fait une analyse au vitriol de la mauvaise gestion de ce mode de transport, et révèle que son caractère écologique est parfois à relativiser sur les lignes peu fréquentées...

La Cour des comptes dresse un portrait accablant de la gestion des TER (Transports Express Régionaux), en pointant à la fois la responsabilité des conseils régionaux et de SNCF Mobilités. Les Sages dénoncent une qualité de service qui se dégrade, la faible productivité des agents, un mode de transport de plus en plus subventionné, une fréquentation en baisse, et un manque de préparation à la prochaine ouverture à la concurrence, etc.

Les TER ont aussi un impact environnemental

Si ces différents points ont été abondamment détaillés dans la presse, un passage important de ce rapport a toutefois été peu mentionné : l'impact climatique des TER. Dans le chapitre II qui dénonce la hausse constante des coûts d'exploitation, et des dépenses globales subventionnées à près de 90 %, la Cour pointe aussi des « externalités négatives ».

Pour comprendre, il faut rappeler que sur les 20 000 kilomètres de voies ferrées permettant aux TER de circuler, seules 12 000 environ ont été électrifiées (soit 57% du total). Les parties non électrifiées, qui nécessitent le recours aux combustibles fossiles, correspondent souvent aux « petites lignes » les moins fréquentées. Cette conjonction d'une alimentation au diesel et d'un nombre de passagers trop faible peuvent rendre le transport régional ferroviaire peu vertueux.

Pour illustrer le phénomène, la Cour des comptes cite un exemple parlant : « Un TER diesel transportant 10 voyageurs entre Saumur et La Roche-sur-Yon émet 539 g de CO2 par voyageur-kilomètre, soit une pollution cinq fois plus élevée qu'une voiture occupée par 1,9 voyageur ». Pour ces 10 passagers, prendre la voiture reviendrait donc peu ou prou au même...

émissions CO2 TER


Quand le TER cesse-t-il d'être écologique ?

La comparaison des différents modes de transport (TER électrique, TER diesel, car, voiture particulière, covoiturage), réalisée avec les données de l'Ademe et de la SNCF, permet aux usagers de visualiser les véhicules à privilégier en fonction de la fréquentation et de l'alimentation.

Si le TER est électrique, il est toujours préférable à tous les autres modes de transport. Si le TER roule au diesel, il n'est souhaitable qu'à condition d'embarquer un nombre conséquent de passagers. En revanche, un TER diesel quasi-désert est à éviter pour les personnes qui se soucient de leurs émissions de CO2 : le covoiturage ou un autocar devenant des options plus intéressantes sur le plan climatique.

La Cour des comptes rappelle au passage aux régions que le « train ne présente un intérêt écologique que s'il transporte un nombre suffisant de voyageurs, de préférence sur un réseau électrifié », et les invite à en tenir compte dans leurs choix d'investissement...

Source : Cour des comptes
Modifié le 11/11/2019 à 09h19
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