Critique S.O.S Fantôme : l'Héritage, les fantômes du passé reviennent nous sauver

Yannick Le Fur
Publié le 28 novembre 2021 à 18h36
SOS Fantôme : l'Héritage

En 2016, Sony Pictures Entertainment relançait la franchise Ghostbusters avec un épisode bancal, qui tentait tant bien que mal de rebooter la licence et de lui rendre hommage à travers des références intégrées au forceps et un humour bas de plafond. Cinq ans plus tard, les chasseurs de fantômes ressortent les packs de protons pour un opus cette fois aussi nostalgique que sincère…

7 /10
S.O.S Fantôme : l'Héritage
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Les plus
  • Vous cherchez un film de fantômes très "feel good"
  • Vous mourrez d'envie de revoir (même furtivement) le casting de 1984
  • Le reboot de 2016 vous a fait soupirer
Les moins
  • L'esprit "Amblin" des années 80 ne vous parle pas plus que ça
  • Vous n'imaginez pas un Ghostbusters en dehors de New-York
  • Vous n'aimez pas les marshmallows

Accompagnez la lecture de cet article avec la musique du film :

Fiche technique S.O.S Fantôme : l'Héritage

Informations
Titre originalGhostbusters: Afterlife
Date de sortie1er décembre 2021 (France)
Durée du film124 minutes
RéalisateurJason Reitman
Société(s) de productionColumbia Pictures, Bron Creative et Ghost Corps, The Montecito Picture Company
Genre cinématographiqueFantastique, Comédie
ClassificationTous publics

Fan des années 80

Abandonnant les rues bondées de New-York, lieu de prédilection des précédents volets, Jason Reitman (Thank You for Smoking, Juno) choisit la petite ville américaine de Summerville pour planter son décor. Anachronisme bétonné, la bourgade semble s'être figée dans les années 80, auxquelles Reitman fait d'ailleurs constamment référence, par l’entremise du cinéma du coin, diffusant le Cannibal Girls du paternel, quantité de clins d'œil ou encore par l'architecture même du long-métrage qui évoque les grandes heures d'Amblin, la société de production de Steven Spielberg.

L'Héritage est donc un cri du cœur aux eighties, une lettre d'amour aux références cinématographiques du réalisateur quarantenaire, mais aussi, et surtout, une suite essayant de prendre le meilleur de son modèle tout en allant de l'avant. Respect et innovation, telle pourrait être la maxime de ce nouveau Ghostbusters.

La rupture de ton initiée, loin d'être anodine, permet dès le départ d’offrir à S.O.S. Fantômes : L'Héritage une dimension plus intimiste, qu'on retrouve également dans son synopsis. Callie (Carrie « Gone Girl » Coon), endettée jusqu'au cou, doit quitter son appartement et choisit de se mettre au vert avec ses deux enfants, Trevor (Finn « Stranger Things » Wolfhard) et Phoebe (l'excellente Mckenna Grace). Emménageant dans la demeure décrépie de son défunt père, Callie et sa petite famille ne vont pas tarder à découvrir que la charmante bourgade n'a rien à envier à la Big Apple en matière d'apparitions ectoplasmiques.

Une histoire de famille

S’articulant autour de la notion de parenté, L'Héritage troque le film de potes pour une histoire de famille, soudée dans l'adversité, et qui va devoir tout reprendre à zéro en s’acclimatant tant bien que mal à un nouvel environnement campagnard. Un point de départ original (pour la saga) même si on aurait pu s’attendre à ce que Jason Reitman approfondisse davantage les relations entre les protagonistes. À l'inverse, le réalisateur choisit d'éclater sa narration et de développer ses personnages en offrant à chaque membre de la famille un compagnon de route.

Sur ce point, on trouvera matière à redire, car si la jeune Phoebe, aussi à l'aise en sciences qu'en blagues vaseuses, forme avec Podcast (Logan Kim) un délicieux duo qui n’aurait nullement détoné dans les Goonies de Richard Donner, le reste de la famille n'a malheureusement pas autant de chance. Trevor, féru de mécanique un peu paumé, devra se contenter d’une amourette avec une jeune serveuse du drive-in où il travaille. Le personnage se trouve au final très effacé, à l'image de sa charmante et dynamique maman partagée entre le désir de reconstruire sa vie et celui de flirter avec Paul Rudd, parfait dans son rôle de professeur débonnaire à mi-temps, plus intéressé par ses études sismologiques que par ses cours, dont la finalité consiste à passer des VHS de Cujo et autres Chucky à ses élèves.

En cela la narration est quelque peu bancale, la plupart des personnages ne semblant destinés qu'à errer d'une scène à l'autre jusqu'à servir « la cause » de Phoebe. C'est elle, en effet, qui va entrer en contact avec l'Au-Delà pour éviter un chaos à venir.

Un hommage vibrant mais prévisible

Intimement lié au film de 1984, S.O.S. Fantômes : L'Héritage subit quelque peu le besoin de connecter son intrigue à celle du film d'Ivan Reitman. Cependant, bien que les Easter eggs et autres apparitions réelles ou fantomatiques (jusqu'à la scène post-générique) génèrent des sourires complices en ravivant d'agréables souvenirs (notamment au détour d'une séquence poétique des plus touchantes), la plupart servent aussi habilement l'intrigue. Revers de la médaille, ils ont également le défaut de rendre le scénario bien trop prévisible.

Nous nous garderons de trop vous en dévoiler, mais sachez que le film ne surprend jamais, ni dans son histoire, qui grille trop rapidement ses cartouches, ni dans les manifestations spectrales, finalement assez timorées et trop ancrées dans le passé de la saga. Certes, il est amusant de retrouver un Bouffe-tout grassouillet, mais il y avait sans doute matière à proposer une galerie de créatures plus réjouissantes, plus espiègles, tout en mettant à contribution Summerville pour de réjouissantes scènes de destruction à bord de l'Ecto-1. On retiendra néanmoins quelques excellentes idées, très « Gremlinsesques », malheureusement spoilées dans des extraits diffusés en amont de la sortie du film.

Reste que Jason Reitman emballe le tout avec une joie communicative, en usant d’élégants plans de caméra pour mettre en valeur les panoramas de l'Oklahoma (ou plutôt d'Alberta, au Canada, où a été tourné le film), embellis par la photo d'Eric Steelberg (un habitué du réalisateur). Le film profite aussi du respect infini que le réalisateur témoigne aux films de son papa, que l'on retrouve dans le jeu des acteurs et actrices, et on saluera le dernier arc, plus dynamique, qui doit beaucoup au mélange entre effets spéciaux dernier cri et animatroniques, pour un résultat à la fois moderne et joliment désuet.

911 raisons d'appeler qui vous savez...

Au-delà de sa prévisibilité, S.O.S. Fantômes : L'Héritage conjugue une touchante sincérité à un besoin d'aller de l'avant en passant le flambeau à une toute nouvelle génération de Chasseurs de fantômes. Mû par ses jeunes comédien·ne·s, parfaitement dans le ton, et propulsé par un revival de séries et films eighties, ce nouvel épisode réussit, malgré ses écueils, à trouver un certain équilibre : il saisit le meilleur de son illustre passé, aidé par le bonheur de retrouver une partie du casting de 1984, et referme les portes entrouvertes il y a 37 ans.

Mais c'est peut-être aussi ce qui donne l'impression que L’Héritage est bloqué dans une sorte d’entre-deux structurel, plus occupé à tisser des liens avec le Ghostbusters original qu’à développer ses propres personnages qui auraient sans doute mérité un peu plus d’épaisseur pour pleinement convaincre. Si d’un côté, on retombera donc avec un vrai plaisir dans la formule combinant humour, action et bons sentiments, on éprouvera de l’autre un sentiment étrange d’inachevé autant au niveau du spectacle proposé que de l’histoire racontée, sincère, drôle et émouvante, mais sans doute trop conventionnelle pour nous faire totalement retrouver notre âme d’adolescent.

L'avis de Clubic

Dans le sillage du film original, S.O.S. Fantômes : L'Héritage croise parfois dangereusement les effluves en voulant rendre un hommage sincère à la saga tout en modernisant la formule. En résulte un film à l’énergie communicative mais très prévisible.

Conclusion
Note générale
7 / 10

Bien que très convenu et assez déséquilibré dans ses arcs narratifs, S.O.S. Fantômes : L'Héritage profite d'un véritable amour porté au film original (auquel il est intimement lié) dont il actualise la formule pour s'adresser aux nouvelles générations. Loin d'être parfait, il n'en reste pas moins une proposition vivifiante et sincère dans sa démarche, alliant un humour qui fait souvent mouche à une touchante et émouvante nostalgie.

Les plus
  • Vous cherchez un film de fantômes très "feel good"
  • Vous mourrez d'envie de revoir (même furtivement) le casting de 1984
  • Le reboot de 2016 vous a fait soupirer
Les moins
  • L'esprit "Amblin" des années 80 ne vous parle pas plus que ça
  • Vous n'imaginez pas un Ghostbusters en dehors de New-York
  • Vous n'aimez pas les marshmallows

S.O.S Fantôme : L'Héritage sort en salle le 1er décembre 2021.

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Par Yannick Le Fur

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Commentaires (10)
Vanilla

Deux remarques :

  1. Le film de 2016 est avant tout un truc avec un casting 100% féminin qui voulait surfer sur le phénomène #metoo, et donc forcément il est complètement raté comme le dernier MIB international où il rajoute deux femmes dans les rôles importants (le chef de la section américaine et lheroine ) et comme il se murmure que le prochain James Bond sera une femme. Bref, à vouloir coller des femmes partout, juste parce que c’est des femmes, ils en oublient de faire un vrai scénario…

  2. “Croiser dangereusement les effluves” c’est un truc que seuls les mecs qui pissent debout dans la campagne peuvent comprendre…

Augusto

Pissent debout dans la campagne… Avec un vent de côté qui rend tout vachement plus aléatoire ! Sinon ça peut bien se passer.
Je ne pense absolument rien du contenu de la culotte d’un acteur ou d’une actrice, le film de 2016 aurait été bon avec un vrai scénario, par contre, c’est très vrai.
Mais j’aimerai quand même bien voir un remake de « portés disparus 3 » avec une femme à la place de Chuck.

soaf78

Monsieur connait ses classiques :joy:

fox-idcom

Le film de 2016 était quand même une purge sans nom qui n’existe pas pour moi :smiley:
le casting féminin lol et il aurait été cool d’avoir une certaine parité mais bon comme le dit Vanilla , on surfait sur « Metoo » ) question scenar et jeu d’acteur , qu’est ce que c’'était nul.
Accessoirement Melissa McCarthy ne m’a jamais fait rire donc déjà ca aidait pas quand j’ai appris qu’elle serait dans le film de 2016.
j’étais même dégouté de voir Bill Murray faire une apparition dans le film ( apparition ratée en plus vu ce qui lui arrive).
je fonde pas trop d’espoir sur cette nouvelle version 2021 mais bon , en tant que fan de SoS Fantômes , j’irai tout de même voir ce 3eme épisode (oui car je le redis celui de 2016 n’existe pas :D) et puis cette fois ci le casting a l’air de tenir la route.

pecore

+1
Sinon, je n’ai pas vu Mourir Peut Attendre mais il me semble que c’est dans ce film que le matricule 007 est ré-attribué à une femme suite à la démission de James Bond à la fin du film précédent. En revanche, James Bond n’étant pas un Seigneur du Temps, je ne vois pas comment il pourrait devenir une femme entre deux changements d’acteur.

Blackalf

Et donc, un rôle « important » doit selon toi être absolument joué par un homme ? que le chef de la section britannique soit un homme est normal, mais que la cheffe de la section américaine soit une femme, ne l’est pas ?

Anthotill

Sur ce sujet comme d’habitude, il y a une façon démagogique de réagir; oui, en ce moment, c’est plus cool de poser la question comme vous le faites, honte à l’auteur du message citée d’avoir marginalisé la Femme, réactionnaire et machiste qu’il est !

Puis il y a l’autre: oui, quand on est habitué dans un film, avoir un K « homme » et ben ça nous pose problème (pour rester poli) quand subitement il devient une femme, uniquement pour faire bien mais sans aucune autre considération artistique.

Donc, ce que dit Vanilla, est très certainement la seconde hypothèse (si on prend en considération tout son message) mais vous pouvez tout aussi faire semblant de ne pas le comprendre, c’est politiquement plus correct mais également plus démago…

Vanilla

Merci

Goranak

d’accord avec vous le film de 2016 était une honte . mais ce 2021 a pas l’air mieux , le jeunisme c’est pas mieux. Des ados qui sauvent le monde, sérieux… comme tous les films ou les ados sauvent le monde c’est fondamentalement impossible les ados savent rien faire :).

Doss

Moi j’ai trouvé fun le Ghostbusters 2016 bien dans l’espris décalé des deux 1er., p’ti blockbuster familial avec de jolie effet visuel, au final si on enlève le côté nostalgique c’était vraiment que ça Ghostbusters.
Je vois pas ce que ça change que ce soit des femmes…
Et pour info l’affaire Weinstein c’était 2017 donc surfé sur la vague avant qu’elle n’arrive c’est quand même réinventé l’histoire, c’est probablement pour surfé sur vague Zemmour que tu te permet se genre de révisionnisme :wink: