Avec Moonlock, MacPaw, connu pour CleanMyMac et son obsession du Mac bien rangé, s’aventure sur un terrain qu’il n’avait encore jamais exploré. Officiellement lancé en octobre 2025, le logiciel introduit, pour la première fois chez l’éditeur ukrainien, une protection antivirus en temps réel spécialement pensée pour l’OS d’Apple.

Moonlock se présente comme un antivirus conçu nativement pour macOS, et non simplement compatible, positionné quelque part entre les protections intégrées d’Apple et les suites de sécurité multiplateformes, souvent plus lourdes et d’abord pensées pour Windows. Il repose sur un moteur de détection maison, le Moonlock Engine, déjà intégré en partie à CleanMyMac X, embarque quelques fonctionnalités additionnelles, comme un VPN et un module de protection du système destiné à renforcer les réglages de sécurité du Mac, et, à défaut de proposer un antivirus gratuit, offre une période d'essai de 7 jours contre présentation d'un moyen de paiement.
Installation et prise en main de Moonlock
L’installation ne réserve aucune surprise. Le téléchargement se fait via un installeur classique, et la configuration initiale demande les autorisations attendues pour ce type d’outil, extension système et accès complet au disque. Rien d’anormal pour un antivirus qui prétend analyser les fichiers en profondeur et surveiller les processus en continu.
L’intégration au système se limite à ce qui est nécessaire. Moonlock active sa protection en temps réel et se loge dans la barre de menu, sans multiplier les pop-ups au premier lancement.
Côté interface, on retrouve immédiatement la patte MacPaw. C’est léché, lumineux, très travaillé visuellement. La page d’accueil affiche un tableau de bord qui synthétise l’état de la protection en temps réel, les dernières mises à jour de la base de données de malwares et les vérifications récentes. Les mises à jour sont automatiques, mais il est possible de les déclencher manuellement. En revanche, impossible de lancer une analyse depuis cet écran, ce qui oblige à passer par le module dédié.
Un historique permet de consulter les éléments placés en quarantaine ou supprimés, et un module de planification autorise la programmation d’analyses régulières. Le tableau de bord propose aussi des raccourcis vers les fonctionnalités additionnelles ainsi que quelques recommandations dont l’intérêt reste discutable, et qui donnent parfois l’impression de meubler.
Dans la barre latérale de gauche, l’accès au module de détection est direct. Le scanner propose trois niveaux d’analyse, rapide, équilibrée et approfondie, ainsi qu’un mode personnalisé permettant de cibler des fichiers ou des dossiers précis. Les paramètres de configuration autorisent l’analyse des archives, des images disque DMG et des paquets PKG, ainsi que la surveillance en continu et l’inspection des scripts si on le souhaite.
Plus anecdotique mais pas forcément inutile à signaler, l’application accompagne certaines actions d’un effet sonore, activé par défaut. Il peut être désactivé dans les paramètres généraux.
Protection en temps réel et détection de Moonlock
C’est évidemment sur la détection que Moonlock est attendu. Les derniers résultats publics côté labos indépendants remontent à septembre 2025, quand AV-TEST a évalué Moonlock 0.6 sur macOS Sequoia 15.6.1. Sur le volet protection, le score de 5,5 sur 6 traduit un niveau de détection solide, sans être irréprochable. Avec 99 % des échantillons bloqués lors du test de septembre, Moonlock se situe légèrement en dessous de la moyenne du panel, établie à 100 %. L’écart reste limité, mais il rappelle que le moteur est encore jeune et qu’il devra confirmer sa progression dans les prochaines campagnes d’évaluation.
Le rapport est aussi plutôt rassurant sur le volet usage, qui couvre les faux positifs et les alertes injustifiées. AV-TEST ne signale aucune détection erronée lors d’analyses système, ni avertissement abusif pendant l’installation et l’utilisation de logiciels légitimes, ni blocage injustifié, avec un score de 6 sur 6 sur cette catégorie.
À noter que Moonlock ne propose pas de protection web au sens strict. Pas d’alerte sur les pages frauduleuses, ni de dispositif pensé pour repérer et bloquer les tentatives de phishing avant de cliquer. L’antivirus est exclusivement centré sur la détection locale, et au prix auquel il est vendu, c’est bien dommage.
Performances et impact système de Moonlock
Les performances restent contenues au repos. Sur un MacBook équipé d’une puce Apple M1 avec 8 Go de mémoire et macOS 26.1, Moonlock affiche une charge CPU oscillant entre 0 et 2 %, pour environ 63 Mo de mémoire vive consommée. En tâche de fond, protection en temps réel activée et interface fermée, la charge CPU varie généralement entre 0,1 % et 6 %, avec des pics ponctuels autour de 15 %. La consommation mémoire grimpe alors à environ 135 Mo, ce qui reste raisonnable.
Les choses évoluent logiquement pendant une analyse approfondie. La charge CPU atteint ponctuellement 110 %, avec une moyenne autour de 80 % durant le scan, tandis que la mémoire utilisée monte jusqu’à 1,48 Go. Sur cette configuration, l’analyse complète du système prend environ 7 minutes. La machine reste utilisable, mais le multitâche se montre parfois moins fluide. Le passage d’une fenêtre à l’autre ou le lancement simultané de plusieurs actions peuvent occasionner de légers ralentissements. En revanche, aucun emballement des ventilateurs n’est à signaler.
Dans l’ensemble, Moonlock exploite clairement les ressources disponibles lors des analyses complètes, sans pour autant rendre le système inutilisable. L’impact est perceptible, mais maîtrisé.
Transparence et confidentialité de Moonlock
Bon point pour Moonlock, dont la politique de confidentialité est lisible et très claire sur ce que le service collecte ou non.
Côté antivirus, l’éditeur indique traiter un mélange de données de compte, de données d’usage et d’informations techniques sur la machine pour assurer le fonctionnement du service, corriger les bugs et améliorer le produit. Moonlock précise également que l’analyse automatisée des menaces peut impliquer l’envoi d’éléments repérés comme suspects afin de les examiner et d’affiner le moteur de détection. Ces informations sont censées faire l’objet d’une anonymisation et d’une conservation limitée, sans durée chiffrée.
Pour le VPN, Moonlock affiche une promesse no-log très explicite. L’éditeur affirme ne pas enregistrer l’historique de navigation, les adresses IP, les horodatages de connexion ou les journaux de trafic. Rassurant sur le papier, mais purement déclaratif en l’absence d’audit public venant confirmer le fonctionnement exact du service.
Fonctionnalités additionnelles de Moonlock
Moonlock embarque plusieurs fonctions additionnelles, dont un VPN basé sur l’infrastructure de ClearVPN. L’interface permet de choisir un emplacement optimal ou un pays parmi une cinquantaine d’États recensés, affiche des indicateurs de latence et active par défaut un kill switch. ClearVPN indique prendre en charge IKEv2 et OpenVPN, mais Moonlock ne précise pas quel protocole est effectivement utilisé ni ne permet d’en changer, ce qui limite vite l’intérêt pour qui aime garder la main.
Vient ensuite ce que Moonlock appelle l’Inspecteur réseau et dont le nom peut prêter à confusion. Il ne s’agit pas d’un outil de surveillance ou d’analyse du trafic, mais d’un module permettant de bloquer les connexions vers certains pays, en empêchant des applications et des sites web d’envoyer des informations vers les destinations sélectionnées. La présentation évoque la réduction des risques d’arnaque ou du trafic automatisé, mais en l’état, le fonctionnement exact de l’outil reste assez opaque. On comprend l’intention, un genre de pare-feu géographique, mais l’utilité réelle et le niveau de contrôle offert mériteraient une explication plus concrète.
Autre ajout, la protection du système. Ici, Moonlock examine les paramètres macOS et signale ceux qui mériteraient d’être ajustés. L’application indique où trouver chaque option sur le système et pousse à appliquer les réglages recommandés. C’est plus un tableau de bord de bonnes pratiques qu’une fonction de sécurité à proprement parler, mais au moins, le périmètre est clair, et c’est déjà ça.
Enfin, un « coach sécurité » regroupe diverses recommandations en matière de cybersécurité. Soit.
Prix et positionnement de Moonlock
Il s’agit peut-être du sujet le plus fâcheux.
Moonlock propose un essai gratuit de sept jours. L’inscription nécessite toutefois la saisie d’un moyen de paiement, et l’abonnement démarre automatiquement à l’issue de cette période d’une semaine si vous ne pensez pas à résilier.
Côté tarifs, la formule annuelle démarre à 4,50 € par mois pour un Mac, soit 54 € par an. Pour deux appareils, le prix passe à 7 € par mois, soit 84 € par an. La licence cinq Macs est facturée 14 € par mois, soit 168 € par an.
Au mois et sans engagement, les tarifs augmentent sensiblement. Comptez 13,50 € par mois pour un Mac, 20 € pour deux et 40 € pour cinq.
On ne va pas se mentir, en termes de rapport fonctionnalités-prix, les tarifs sont élevés. Moonlock a des qualités évidentes, une interface soignée, une prise en main simple, une détection en temps réel efficace, un VPN intégré et quelques outils de vérification des réglages macOS, mais la suite ne propose pas de protection web dédiée, pourtant essentielle aujourd’hui.
À titre de comparaison, des suites comme Bitdefender, Avast ou Norton proposent à des tarifs équivalents, voire inférieurs, une protection locale et web plus complète, des fonctions additionnelles plus étendues, et couvrent souvent plusieurs appareils, ce qui rend le positionnement de Moonlock plus difficile à défendre, hors fans de l’écosystème MacPaw.
L'avis de la rédaction sur Moonlock
Avec Moonlock, MacPaw sort enfin de son rôle d’intendant du Mac pour mettre les mains dans la sécurité. Et sur de nombreux aspects, l’éditeur s’en sort bien. L’outil est beau, clair, simple à prendre en main, la protection en temps réel est sérieuse, les scores AV-TEST ne donnent aucune raison de s’alarmer et, au quotidien, l’impact système reste plutôt raisonnable. Sur la forme, c’est du MacPaw pur jus, et sur le fond, ce n’est pas une coquille vide.
Là où ça coince, c’est dans ce que Moonlock choisit de ne pas couvrir. Tout est pensé autour de la détection locale, avec une approche très « antivirus » au sens strict, mais sans vraie protection web pour vous éviter les pages frauduleuses et le phishing avant le clic. À côté, le VPN et les modules sécurité additionnels font office de bonus, mais ils ne donnent pas toujours assez de contrôle ni assez de transparence pour peser face aux suites concurrentes. Bref, une base solide, une exécution propre, une vraie idée derrière le produit, mais pas encore l’offre qui fait oublier les références du marché.
Moonlock est un logiciel de cybersécurité conçu spécifiquement pour les appareils Apple. Il regroupe plusieurs outils de protection : antivirus contre les fichiers malveillants, surveillance du système et VPN pour chiffrer la connexion internet. Développé par MacPaw, l’éditeur de CleanMyMac, Moonlock s’intègre parfaitement dans l’univers macOS. Il est accessible via un abonnement et fait aussi partie de l’offre Setapp. L’application vise un public large, allant du particulier soucieux de ses données aux utilisateurs nomades qui veulent protéger leurs connexions Wi-Fi.
- Simplicité d'utilisation et interface très soignée
- Protection en temps réel efficace
- Impact contenu sur la machine hors scan
- Politique de confidentialité lisible et explicite
- VPN intégré
- Produit encore jeune, fonctionnalités limitées
- Score de détection légèrement sous la moyenne
- Pas de protection web dédiée
- Télémétrie activée par défaut dans les réglages
- Tarifs élevés face à certaines suites concurrentes plus complètes
