Prix des livres électroniques : Apple qualifie d'"absurdes" les poursuites du DoJ

01 juin 2018 à 15h36
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Toujours poursuivi, avec plusieurs éditeurs, par le ministère de la justice américain (DoJ) pour entente présumée sur les prix des livres électroniques, Apple a pris sa plus belle plume pour répondre aux accusations. L'entreprise estime que les autorités prennent le parti « du monopole plutôt que de la concurrence » et qu'elles se trompent d'ennemi.

Dévoilée en fin de semaine dernière, la lettre de la firme de Cupertino ne mâche pas ses mots. Accusée par le DoJ d'avoir créé une situation inconfortable pour les vendeurs de livres électroniques en faisant de son modèle iBookstore une norme sur ce secteur, l'entreprise de Tim Cook estime, bien au contraire, avoir brisé le monopole de certains marchands trop puissants, principalement Amazon.

Pour Apple, le gouvernement américain est du côté « du monopole, plutôt que de la concurrence, dans cette affaire. Les autorités partent du principe que le marché du livre électronique était caractérisé par une compétition robuste sur les prix avant l'arrivée d'Apple. » Mais l'entreprise estime qu'avant l'arrivée de l'iBookstore, « il n'y avait pas de concurrence réelle, juste Amazon. »

Le document de 31 pages (PDF) n'hésite également pas à qualifier d' « absurdes » les attaques du DoJ qui, selon Apple, ne parvient tout simplement pas à démontrer efficacement que le modèle mis en place par la firme « nuit aux consommateurs ». « Cette stratégie a été reconnue depuis longtemps comme étant parfaitement légitime » ajoute même Apple, qui estime que son arrivée sur le marché du livre électronique a, au contraire, été bénéfique aux consommateurs, notamment avec la mise en place de nouvelles « fonctionnalités innovantes, telles que des images en couleur, de l'audio et de la vidéo. »

La question de l'intérêt d'Amazon dans l'affaire qui oppose Apple et plusieurs éditeurs au DoJ ne date pas d'hier : mi-avril, elle s'était déjà posée alors que le géant du commerce estimait ces poursuites judiciaires comme « une grande victoire pour les propriétaires de Kindle ». Les éditeurs poursuivis par le DoJ, comme Penguin, avaient dans le même temps mis en avant leurs inquiétudes vis-à-vis de la facilité de la firme de Jeff Bezos à vendre des livres électroniques à des prix très bas : une situation que le modèle d'Apple permet de réguler, en fixant un prix minimum de vente sur les ouvrages proposés en dehors de l'iBookstore.

En somme, pour Apple, le DoJ se trompe de cible et au lieu de remettre en question son modèle d'agence, qui laisse une grande latitude aux éditeurs concernant les prix fixés pour leurs ouvrages numériques, la justice américaine devrait plutôt se pencher sur les commerçants qui tirent les prix vers le bas. Reste aujourd'hui à savoir si le DoJ répondra aux inquiétudes d'Apple, mais également à celles de nombreux acteurs du marché.
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