Valeur des "followers" : entreprise et ancien employé se disputent un compte Twitter

01 juin 2018 à 15h36
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Combien peut valoir un follower de compte Twitter d'entreprise ? Peut-on considérer qu'un employé peut « voler » des followers à son employeur ? Des questions qui trouveront peut-être une réponse à la suite d'une affaire actuellement en cours aux Etats-Unis, dans laquelleun site Internet reproche à l'un de ses anciens rédacteurs de s'être accaparé une base de « suiveurs » qui ne sont pas les siens.

Lorsqu'il était employé sur le site Phonedog, un site disposant d'une partie rédactionnelle et d'une boutique de téléphones en ligne, Noah Kravitz a créé le compte Twitter @Phonedog_Noah sur lequel il tweetait des éléments en rapport avec son travail. Au fil du temps, le compte a atteint le nombre de 17 000 followers. Puis, en octobre 2010, Noah Kravitz a quitté son emploi : Phonedog aurait alors accepté qu'il conserve le compte Twitter, moyennant quelques messages en rapport avec le site de temps à autres. « Comme nous nous sommes séparés en bons termes, j'ai accepté » a expliqué Kravitz au New York Times. Le rédacteur a ainsi changé le nom d'utilisateur du compte en le renommant @NoahKravitz, comme il est possible de le faire dans les paramètres d'un compte Twitter, sans perdre ses abonnés.

Mais 8 mois après sa démission et 6 000 followers supplémentaires plus tard, Noah Kravitz s'est vu poursuivi par son ancien employeur, qui considère désormais la liste d'abonnés du compte Twitter comme « une liste de clients ». Ce dernier réclame donc un dédommagement à Noah Kravitz, à hauteur de 2,50 dollars par follower et par mois... soit 340 000 dollars pour les 8 mois d'utilisation. « Nous avons l'intention de protéger de manière agressive nos listes de clients ainsi que les informations confidentielles et la propriété intellectuelle de nos marques » a déclaré Phonedog au NYT.

Noah Kravitz soupçonne que cette plainte ait été déposée en représailles à une réclamation déposée vis-à-vis de son ancien employeur, qui lui devrait des arriérés de salaires. Mais pour le juriste Henry Cittone, spécialisé dans les questions de propriété intellectuelle, les questions soulevées par cette affaire sont importantes : « Ce dossier va établir un précédent dans le monde en ligne, lié à la propriété des comptes de réseaux sociaux ». Pour l'avocat, l'un des éléments les plus importants se trouve dans la valeur que le tribunal du district nord de Californie pourrait accorder à chaque follower. Mais la question du statut du compte lors de son ouverture est également importante.

Attendue dans les prochaines semaines, la décision de justice pourrait donc faire parler d'elle et changer la façon dont certaines entreprises voient leur présence sur des réseaux sociaux comme Twitter.
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