La Commission européenne a ouvert une enquête contre Grok pour production massive de deepfakes à caractère sexuel. Le député européen David Cormand en profite pour réclamer l'expulsion de X du territoire européen jusqu'à nouvel ordre.

La Commission européenne enquête sur Grok après la création massive de deepfakes. © Algi Febri Sugita / Shutterstock
La Commission européenne enquête sur Grok après la création massive de deepfakes. © Algi Febri Sugita / Shutterstock

L'affaire Grok, le générateur de contenus du réseau social de X, prend une autre dimension. Après les révélations sur Ashley St. Clair et la mobilisation de l'ARCOM de ces derniers jours, c'est toute l'Europe qui monte au front. La Commission européenne a annoncé, lundi 26 janvier, avoir ouvert une enquête officielle contre l'IA d'Elon Musk, accusée de générer des contenus pornographiques non consentis. La procédure aurait dû démarrer bien plus tôt, mais des menaces tarifaires américaines ont bloqué les choses. Un député européen, issu du contingent d'élus français à Strasbourg, réclame l'expulsion au moins temporaire de la plateforme.

L'IA Grok accusée d'avoir généré 3 millions de deepfakes sexuels en 11 jours

Les statistiques dévoilées ce 26 janvier sont assez révélatrices. D'après le New York Times, cité dans le communiqué de David Cormand, pas moins de 1,8 million de publications auraient diffusé des images sexualisées générées par Grok. Le Center for Countering Digital Hate, ONG de lutte contre la haine numérique, enfonce encore le clou avec son analyse.

L'organisation a scruté les publications issues de l'IA sur une période de 11 jours. Résultat, 65% d'entre elles exploitaient sexuellement des individus, hommes, femmes ou enfants confondus. Soit plus de 3 millions de contenus. Des corps littéralement transformés en marchandise numérique, victimes de ce que le député écologiste qualifie de « brutalité technologique ».

Ce déluge survient alors que X fait déjà face à des accusations d'ingérence dans les élections allemandes. Pour David Cormand, le message que l'Europe doit dès maintenant faire passer est qu'elle ne tolère plus d'être traitée comme un terrain de jeu pour les géants de la tech.

La menace d'une expulsion européenne

Le ton du communiqué est volontairement ferme. David Cormand, membre écologiste du Parlement européen, exige ainsi une suspension immédiate de X, et ce sur tout le territoire communautaire. Il souhaite impsoer que l'entreprise se soumette « intégralement » au droit européen. Sans exception ni passe-droit pour ceux qui commercialisent la dignité humaine.

L'élu s'appuie sur le Digital Services Act (DSA), ce texte qui donne justement aux régulateurs européens le pouvoir de sanctionner les plateformes récalcitrantes. L'ARCOM avait ouvert le bal en France il y a une dizaine de jours, en appelant les victimes à rassembler des preuves et à se manifester au plus vite.

« Ils veulent une pause dans nos réglementations ? Donnons-leur une pause forcée en les expulsant de notre territoire jusqu'à ce qu'ils appliquent nos lois et respectent notre droit européen », écrit précisément le parlementaire dans sa déclaration. Un ultimatum sans équivoque, accompagné d'un rappel que « la démocratie ne se négocie pas ».