Test des Freebuds 3 de Huawei : je t’aime, moi non plus.

18 novembre 2019 à 14h26
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La note de la rédac
Comme tout constructeur de smartphones qui se respecte, Huawei propose une gamme de casques et écouteurs optimisés pour ses produits. Certains, à l'instar du Freelace, bénéficient d'un design original. D'autres innovent sur les technologies embarquées. C'est le cas des Freebuds 3, que le constructeur présente comme les premiers écouteurs ouverts (c'est à dire non intra-auriculaire) à réduction de bruit active. Mais est-ce suffisant pour en faire un produit digne d'intérêt ? C'est une excellente question et on vous remercie de l'avoir posée. Pour y répondre, nous les avons testés de fond en comble.

Design : un air de déjà-vu (malheureusement)

Les Freebuds 3 appartiennent à la famille de plus en plus nombreuse des écouteurs true wireless (ou « intégralement sans fil » en français), popularisés par les médiocres Airpods d'Apple. Ceux-ci avaient tout de même pour eux une parfaite intégration à l'environnement d'Apple ainsi qu'une utilisation simplissime. Cela explique sûrement pourquoi ils représentaient en 2018 près de 80 % des ventes mondiales d'écouteurs true wireless.

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Bien entendu, la concurrence s'est empressée de pomper copieusement le s'inspirer du look j'ai-oublié-mes-cotons-tige-dans-les-oreilles des Airpods afin de surfer à sa façon sur ce succès. Manifestement, cette stratégie a aussi été adoptée par Huawei, dont les Freebuds 3 présentent de troublantes similitudes en matière de design... Seule véritable différence, l'étui de rangement/recharge est rond, à la façon d'un joli galet que l'on glisse très facilement dans la poche d'un pantalon ajusté.

Les Freebuds 3 ne disposent d'aucune touche de contrôle mécanique. La surface de la tige est en revanche tactile afin d'assurer un pilotage minimal sans avoir recours au smartphone. Au moment où ce test est réalisé, les écouteurs ne sont compatibles qu'avec les smartphones Android, et plus particulièrement ceux de Huawei. D'après le constructeur, ils sont conçus pour fonctionner au mieux avec EMUI 10. La nouvelle version de la surcouche maison est actuellement cours de déploiement sur les produits de la marque.

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Nous avons réalisé nos tests avec une version bêta de celle-ci sur un P30 Pro, que nous avons équipé de Huawei AI Life, l'application compagnon donnant accès au paramétrage avancé. Et comme nous sommes curieux, nous avons aussi mené nos tests sur des smartphones concurrents comme le Galaxy Note 10+ de Samsung et le X2 de RealMe, eux aussi équipés de l'application IA Life.


Ergonomie : comme qui-vous-savez

Les Freebuds 3 reprennent donc l'ergonomie des Airpods 1 et 2 d'Apple : plutôt que de rentrer « en force » des embouts en silicone dans le conduit auditif afin de le sceller, les écouteurs se posent à son entrée. Sur la durée, on risque donc moins de risque de générer une irritation due au frottement du silicone sur la peau — ô combien fragile — du conduit.

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Les Freebuds 3 ont un incontestable air de famille avec les Airpods d'Apple

Cet incontestable avantage induit toutefois quelques inconvénients non négligeables. En étant posés plutôt qu'emboîtés, les écouteurs sont nettement moins bien arrimés. Il nous est arrivé de les perdre en sautant, courant ou bougeant un peu brusquement. Bien entendu, l'arrimage dépend grandement de la configuration du canal auditif de l'utilisateur. Dans notre cas, force est de constater que nos canaux auditifs et ce type d'écouteurs sont incompatibles. Nous avons toutefois réussi à amoindrir ce manque de tenue en utilisant des embouts auriculaires en silicone. Ceux-ci recouvrent les écouteurs et les rendent moins glissants. À noter qu'ils n'empêchent pas l'insertion des Freebuds 3 dans le boîtier de recharge.

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OK, ces embouts auriculaires sont moches. Mais ainsi équipés, les Freebuds 3 tiennent bien mieux dans les conduits auditifs...

Ces petits accessoires nous sont vite devenus indispensables. Nous les avons acquis pour quelques euros sur Amazon ici ou . Si vous avez la curiosité de cliquer sur les liens, vous constaterez qu'ils sont initialement conçus pour les Airpods 1 et 2 d'Apple... Ils s'adaptent toutefois parfaitement sur les écouteurs Huawei, démontrant ainsi l'ampleur de la similitude physique entre les deux produits !

Réglages et fonctions : on attendait un peu plus

L'appairage des Freebuds 3 s'effectue simplement. Après avoir installé IA Life, une pression sur la touche latérale de l'étui déclenche l'appairage et propose éventuellement une mise à jour des écouteurs. On sera bien inspiré de l'accepter. Dans notre cas, elle a amélioré la fiabilité de la connexion ainsi que l'annulation de bruit.

IA Life donne accès aux réglages des Freebuds 3. Il faudra faire ici avec le minimum syndical : affichage de l'autonomie restante (écouteurs et étui de charge), définition des raccourcis et paramétrage de la réduction de bruit active. Les Freebuds 3 disposent de deux raccourcis tactiles : un sur l'écouteur gauche, l'autre sur le droit. L'utilisateur a le choix entre lire/suivant, lire/mettre en pause, activer l'assistant vocal, activer/désactiver la réduction de bruit et aucun. Une fois assignés, ceux-ci sont activables par un double tapotement de la tige d'un écouteur.

Interface AI Life.jpg
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Nous devons confesser une certaine déception quant à la pauvreté du choix. Là où certains modèles arrivent à caser plus de six fonctions avec deux zones tactiles, il faudra se contenter ici de seulement deux, à choisir dans un catalogue plutôt restreint. Inutile de chercher à contrôler le volume depuis les écouteurs ni de vouloir naviguer efficacement dans une liste de lecture : ces possibilités n'ont tout simplement pas été envisagées par Huawei. En plus du double tapotement, on aurait aimé pouvoir affecter une fonction au simple ou au triple tapotement de l'écouteur. Cela aurait grandement simplifié l'utilisation.

Bon point en revanche pour l'intégration réussie des Freebuds 3 dans l'univers Huawei. Une fois appairés à un P30 Pro, les écouteurs sont automatiquement reconnus par les ordinateurs Matebook et la montre connectée GT2 grâce au Nuage du constructeur. Si l'on commence l'écoute en streaming sur un smartphone, par exemple, elle bascule automatiquement sur la montre connectée lorsqu'il est hors de portée (à condition que celle-ci dispose évidemment d'une connexion réseau). Oui, on sait : cette fonction n'est pas une nouveauté, Apple la proposant depuis un petit bout de temps dans son propre univers. Mais quitte à « s'inspirer », mieux vaut aussi le faire pour les aspects positifs !

Autre point très appréciable, la stabilité et la portée de la connexion Bluetooth. Lors de nos tests, nous nous sommes éloignés d'une quinzaine de mètres du smartphone en terrain dégagé sans la moindre interruption de signal. Dans un appartement, nous avons réussi à mettre un peu plus de huit mètres et deux épais murs de béton avant de constater une détérioration du signal.

Autonomie : mieux que la moyenne

Côté autonomie, les Freebuds 3 se débrouillent plutôt bien. Il faudra ainsi près de 3 heures 45 minutes pour les décharger entièrement (annulation de bruit activée, écoute à 50 % du volume maximum). La batterie du boîtier peut les recharger quatre fois de plus, ce qui procure entre 18 h 30 et 19 h d'utilisation nomade. On les recharge au choix en USB-C (70 % en 30 minutes) ou par induction (30 % en 30 minutes). Il va sans dire que le boîtier est compatible avec la charge inversée des Mate 20 Pro et P30 Pro.

Un peu de technique

Avant de parler de la qualité du son proprement dit, petit retour en septembre dernier lors de l'annonce des Freebuds 3 à l'IFA de Berlin. Les écouteurs embarquent une puce Kirin A1, spécifiquement conçue par Huawei afin d'implémenter BT-UHD.

Avertissement : si pour vous, Codec n'est que le nom d'une chaîne de supérettes ayant connue son heure de gloire durant les eighties, ou que bitrate ne vous évoque rien de non sexuel, ne vous attardez sur les quatre prochains paragraphes.

Nos lecteurs les plus attentifs auront sans doute tiqué sur la mention BT-UHD, jusqu'ici inconnue. Qu'on se rassure : l'UHD dont il est question dans cet acronyme n'a absolument rien à voir avec la norme de captation/diffusion télévisuelle. D'après ce que nous avons compris (Huawei entretenant un flou artistique sur le sujet, sûrement pour des raisons bassement marketing), il s'agit d'une évolution du protocole de transmission Bluetooth propre au constructeur. Un peu comme Qualcomm ou Apple, qui ont chacun développé leurs propres technologies afin d'augmenter la qualité de l'audio transmis sans fil et la stabilité de la connexion.

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D'après Huawei, BT-UHD autorise un triplement de la vitesse de transmission théorique maximale, qui passerait ainsi de 2,1 à 6,3 Mbps en conditions idéales (pas d'obstacles, composants parfaitement calibrés, intervention divine afin de faire disparaître tout signal parasite). Aussi impressionnant soit-il, ce chiffre n'est pas réellement significatif. Il ne faut pas le confondre avec le débit maximum utilisable pour le signal audio, soit 2,3 Mbps si l'on en croit le constructeur.

À titre de comparaison, un flux codé en AAC (format de compression adopté par Apple) nécessite un débit binaire (aussi appelé bitrate) de 320 Kbps, l'aptX HD (codec Qualcomm) a besoin de 576 Kbps tandis que LDAC (Codec Sony utilisé sur les appareils labellisés Hi-Res) consomme 990 Kbps. Avec une bande passante maxi de 2,3 Mbps, BT-UHD permet de dépasser les doigts dans le nez toute la concurrence tout en transmettant un signal quasiment non compressé. En théorie. En pratique, il faut bien entendu tenir compte des facteurs environnementaux cités précédemment qui influent fortement sur la qualité du son. Toutefois, le bitrate BT-UHD devrait toutefois rester bien supérieur à ce que propose la concurrence.

Pour en tirer partie, il faut que toute la chaîne audio soit BT-UHD : les écouteurs, bien sûr, mais aussi le smartphone (profil et puce Bluetooth) ainsi que codec BT-UHD. Ce dernier n'est pour l'instant présent que dans les produits équipés d'EMUI 10. Vous pourrez donc utiliser les Freebuds 3 avec un smartphone concurrent, mais vous ne bénéficierez pas de BT-UHD.

Qualité sonore : non... mais finalement oui !

On l'a vu précédemment, la technologie embarquée autorise potentiellement la production d'un son d'une qualité de-la-mort-qui-tue, à condition que les drivers utilisés soient à la hauteur. Qu'on se rassure : c'est le cas. D'un diamètre de 14 mm, ceux des freebuds 3 sont réalisés en un alliage d'aluminium rigide. Connectés à un P30 Pro équipé de la dernière bêta en date d'EMUI 10, ils produisent un son que nous jugeons de très bonne qualité tant au niveau de la restitution des médiums que des basses. Les premiers sont clairs et bien définis tandis que les secondes restent raisonnablement amples et chaudes sans toutefois devenir envahissantes.

Par exemple, Guess What de Keyshia Cole, morceau à la fois chargé en basses ainsi qu'en bas-médiums est étonnamment bien reproduit. Des titres plus intimistes comme Walk on the Wild Side ou Perfect Day de Lou Reed bénéficient eux aussi d'un rendu et d'une définition très satisfaisants. Le classique n'est pas en reste : les Toccata et Fugue de Bach interprétées à l'orgue (instrument réputé pour malmener les drivers médiocres dans les aigus et les basses) sont agréables à écouter. Enfin, la spatialisation de la scène audio est à notre sens très correcte.

Bien entendu, nous avons obtenu les meilleurs résultats avec des fichiers non compressés (FLAC 16 bits et FLAC 24 bits encodés avec amour et minutie par Qobuz), mais les services d'écoute en streaming de type Deezer ou Spotify restent tout à fait corrects, pour peu que l'on choisisse le streaming en qualité élevée. Signalons au passage que l'on pourra utiliser les freebuds 3 afin de regarder des vidéos ou de jouer sans pâtir d'une latence gênante, celle-ci étant assez faible pour ne pas se faire remarquer sur Netflix, YouTube ou sur les fichiers vidéo stockés en local.

Ces constatations ne sont valables que lorsque les Freebuds 3 sont correctement ajustés aux conduits auditifs de l'utilisateur. Dans notre cas, il nous a fallu utiliser les embouts auriculaires en silicone précédemment mentionné (et non fourni par Huawei). Nous insistons sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une obligation pour tous les utilisateurs, certains ayant la chance de ne pas avoir besoin d'y recourir. Mais on aurait vraiment apprécié que Huawei les fournisse avec le produit. Car sans eux, le son produit n'est guère digne d'intérêt. il reste certes clair, mais manque cruellement de relief. Les basses sont étouffées et les médiums monotones. Espérons que Huawei proposera rapidement de véritables intra ou — rêvons un peu — des casques supra-auriculaires exploitant efficacement le très prometteur potentiel du duo Kirin A1/BT-UHD.

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L'argument de la réduction de bruit active des Freebuds 3, mis en avant par Huawei n'est ici pas le plus intéressant. Elle n'est pourtant pas de mauvaise qualité, loin de là. Mais la conception ouverte des écouteurs ne lui permet pas d'offrir des performances époustouflantes. Huawei annonce pourtant une réduction des bruits ambiants pouvant atteindre 15 dB. En jouant avec l'ajustement proposé par l'application AI Life, on pourra amoindrir efficacement les bruits gênants dans les transports en commun ou dans la rue afin d'améliorer le confort d'écoute. À condition que ces satanés écouteurs soient là aussi correctement ajustés aux conduits auditifs... Dans le cas contraire, on ne constatera pas de différence avec une écoute sans réduction de bruit.

Un mot sur la qualité sonore en conversation téléphonique, que nous jugeons très satisfaisante en milieu calme ou moyennement bruyant (dans une rue passante, par exemple). Nos interlocuteurs nous ont entendus très correctement sans percevoir de manière gênante les bruits alentour.


L'avis de Clubic

Les Freebuds 3 font sont à la fois les produits les plus prometteurs et les plus frustrants que nous ayons testés depuis un sacré bout de temps.

Prometteurs, car le BT-UHD laisse entrevoir une véritable évolution vers la très haute qualité audio en Bluetooth. Et rien que pour cela, ils méritent qu'on leur prête attention. Bien sûr, ils ne donnent le meilleur d'eux-mêmes qu'accompagnés d'un smartphone Huawei. On ne saurait le reprocher au constructeur, qui finalement ne fait rien de plus que ce qu'on fait en leur temps Sony et Apple.

Frustrants, car en s'inspirant un peu trop d'Apple adoptant une construction ouverte, le constructeur réussit à amoindrir les avancées techniques apportées par le Kirin A1 et BT-UHD. Et pourtant, il n'aurait pas été compliqué d'en faire un excellent produit en acceptant de le doter d'embouts en silicone... C'est rageant.

Huawei Freebuds 3

Les plus
+ Technologie audio prometteuse
+ Bonne autonomie
+ Qualité de construction
Les moins
- Design peu original
- Tiennent mal dans les oreilles
- Conception ouverte malvenue ici
- Sous-exploitation des commandes tactiles
Qualité audio
Réduction de bruit
Ergonomie
Design
Construction
4

Modifié le 18/11/2019 à 14h26
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