L'Europe compte inciter les opérateurs historiques à investir dans la fibre (màj)

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Le 04 octobre 2011
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La Commission européenne estime que les opérateurs historiques de certains Etats européens ne jouent pas totalement le jeu de la concurrence sur le marché de la fibre optique. Neelie Kroes, commissaire en charge de la société numérique considère que ces opérateurs facturent encore trop cher l'accès à leur réseau.

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Selon la commissaire en charge de la société numérique, Neelie Kroes, les opérateurs historiques (comme Orange, Telefonica, Deutsche Telekom ou Telecom Italia) feraient trop peu d'efforts en matière de déploiement de la fibre optique sur le territoire. Ils mèneraient également des politiques prédatrices à l'égard des autres opérateurs en leur facturant l'accès aux réseaux en cuivre.

Précisément, ces opérateurs historiques possèdent des réseaux en cuivre et en font payer l'accès aux autres. La Commission européenne a donc estimé que ces fournisseurs d'accès devaient penser à réduire le coût de l'utilisation de leur réseau cuivre. Selon Neelie Kroes, une fois que ce revenu sera réduit à une portion congrue, les opérateurs seront amenés à investir massivement dans la fibre optique. « Malheureusement, nous voyons qu'aujourd'hui, pour le moment, les compagnies de télécoms hésitent à engager des dépenses significatives pour passer à la fibre optique » explique-t-elle.

Elle précise également que les opérateurs devraient être en mesure de ne faire payer aux concurrents que « le coût réel de la gestion du réseau ». L'ambition de l'instance communautaire est donc de dégager des investissements de l'ordre de 270 milliards d'euros afin de proposer, à l'horizon 2020, une connexion d'au moins 30 Mbps pour tous les européens.

A ce jour, le déploiement de la fibre en Europe est soumis à plusieurs vitesses. Une étude menée par le FTTH Council Europe et l'Idate a récemment démontré que le continent européen était séparé en deux blocs distincts. D'un côté, l'Est et le Nord de l'Europe dont l'équipement progresse fortement, de l'autre les pays de l'Ouest dont le taux de pénétration de la fibre s'avère très faible.

Mise à jour : Les dirigeants respectifs des opérateurs historiques ont vivement répondu à la commissaire européenne. Selon des propos rapportés par l'agence Reuters, France Télécom, Telefonica et Telecom Italia ont critiqué la position de l'institution communautaire car ils considèrent qu'une telle mesure revient à les handicaper et ajoute des incertitudes sur le marché.

A l'inverse, les opérateurs espèrent que l'Union européenne leur fournisse un meilleur cadre opérationnel moins réglementé et donc plus libéral. La prochaine consultation sur le sujet devrait donc être l'occasion pour chacun de confronter son point de vue.

Version initiale de l'article publié le 03/10/2011 à 18h16
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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