Plus de 760 communes françaises ont perdu leur réseau cuivre mardi. Pour faciliter le passage à la fibre optique, le gouvernement a annoncé, cet après-midi, le déploiement de dispositifs et aides financières.

La fin d'une époque : le réseau cuivre français s'éteint progressivement. © Hadrian / Shutterstock
La fin d'une époque : le réseau cuivre français s'éteint progressivement. © Hadrian / Shutterstock

Le réseau téléphonique historique en cuivre a tiré sa révérence dans 763 communes françaises supplémentaires aujourd'hui. 900 000 logements et locaux professionnels sont concernés. Dès le 31 janvier, ce sont plus de 25 000 communes qui ne pourront plus proposer de nouveaux abonnements ADSL. Pour accompagner cette transition vers la fibre optique, l'État mobilise plusieurs dispositifs d'aide financière et met en place des outils d'accompagnement destinés aux particuliers et aux entreprises.

La France est l'un des pays les plus « fibrés » d'Europe

Le cuivre a fait son temps. Avec plus de 50 ans au compteur, le réseau historique d'Orange peine à répondre aux besoins actuels de connexion internet. La fibre optique, qui le remplace, est plus rapide, plus stable et moins gourmande en énergie. Une technologie dont le déploiement a été massivement soutenu par l'État, via le Plan France Très Haut Débit initié en 2013.

Près de 95% des Français sont désormais éligibles à la fibre, et 80% des abonnements internet passent par cette infrastructure. Un chantier titanesque qui propulse la France parmi les champions européens de la connectivité. L'objectif fixé par le gouvernement était de généraliser la fibre sur tout le territoire d'ici fin 2025. Le taux plein est encore loin d'être atteint.

La fermeture du réseau cuivre, orchestrée par l'opérateur historique Orange, se déroule de manière échelonnée jusqu'en 2030, même si certaines communes bénéficient d'un sursis d'une année supplémentaire. Tous les territoires, de la métropole aux outre-mer, sont concernés, sans exception.

Capture d'écran de la plateforme treshautdebit.gouv.fr. © Alexandre Boero / Clubic
Capture d'écran de la plateforme treshautdebit.gouv.fr. © Alexandre Boero / Clubic

Un coup de pouce financier et des outils pratiques

Pour éviter que cette transition ne laisse personne au bord du chemin de la connexion fibrée, le gouvernement a sorti sa boîte à outils. D'abord, avec une aide expérimentale lancée en septembre 2025 par la Direction générale des Entreprises, opérée par l'Agence de services et de paiement. Cette subvention finance les travaux de raccordement pour les particuliers sous conditions de ressources et les très petites entreprises concernées par la fermeture à court terme, jusqu'en janvier 2027.

Côté accompagnement, le dispositif est assez complet. La plateforme treshautdebit.gouv.fr centralise toutes les informations pratiques avec un module de recherche par commune et une cartographie des dates d'arrêt. Quatre guides pédagogiques détaillés ont été conçus selon les publics, à la fois pour les particuliers, les entreprises, les sites sensibles et les élus locaux. Un réseau de partenaires locaux se mobilise également (médiateurs du numérique, chambres consulaires, fédérations professionnelles).

Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique, a réagi aux différentes annonces ou rappels du gouvernement. « Le cuivre laisse aujourd'hui sa place à la fibre. Dans ce chantier, la concertation entre État, opérateurs et élus locaux est décisive. Je veux saluer la mobilisation des opérateurs télécoms et celle des élus locaux. Le Gouvernement se tient aux côtés des élus et des citoyens pour faire de ce chantier une réussite collective. » Un message qui résonne comme un appel à anticiper, surtout que les délais de raccordement risquent de s'allonger à l'approche des échéances.