La fin de l'ADSL attendra. Orange reporte la fermeture commerciale de son réseau cuivre au 31 janvier 2027 pour 8 000 communes, en raison de la lenteur du déploiement de la fibre optique.

Le calendrier prévoyait qu'à la fin du mois de janvier 2026, l'ADSL ne serait plus disponible pour des millions de Français. C'était sans compter sur les aléas du déploiement de la fibre optique. Orange vient de revoir sa copie en catastrophe, en repoussant d'une année entière la fermeture commerciale de son réseau cuivre pour plus de la moitié du pays. Un aveu d'impuissance face à un chantier, colossal, qui accumule les retards.
Le calendrier de fermeture du réseau cuivre vole en éclats
Après avoir martelé pendant des mois que la transition vers la fibre se déroulerait comme prévu, Orange a publié mi-décembre un fichier Excel fleuve de 13 542 pages. Dans ce dernier, comme l'a remarqué Le Monde, on découvre une liste des 8 000 communes où la fermeture commerciale du cuivre glisse au 31 janvier 2027 au lieu de 2026.
Ces territoires représentent près de 23 millions d'habitations et d'entreprises, soit la moitié des locaux français. Autant dire que le report n'a rien d'anecdotique. D'ailleurs, 41 communes supplémentaires, qui totalisent 173 000 habitations, verront même leur extinction définitive du réseau décalée jusqu'en janvier 2028. Le planning initial est en train de partir en fumée.
Nicolas Guérin, le secrétaire général d'Orange, défend cette décision par la volonté de ne « prendre aucun risque en matière de déconnexion d'abonnés ». L'ARCEP, le régulateur des télécoms, avait d'ailleurs clairement posé les règles en janvier 2025, en faisant comprendre qu'il n'était pas question de fermer le cuivre sans un déploiement fibre complet. L'opérateur assure s'être « plié strictement aux recommandations » du régulateur, même si cela implique de mettre un coup de frein aujourd'hui.

Un réseau cuivre qui coûte encore 500 millions d'euros par an à Orange
Les chiffres officiels sont pourtant très flatteurs. 94% des habitations françaises peuvent désormais s'abonner à la fibre. Mais ce sont les 6% restants qui posent problème. Ces 3 millions de locaux encore non raccordés représentent justement les cas les plus complexes à traiter, avec dans le lot des maisons isolées, des hameaux perdus, et des zones rurales difficiles d'accès. Bref, les raccordements les plus coûteux et techniques.
Le plan national Très haut débit, lancé en grande pompe en 2013, devait boucler la couverture intégrale fin 2025. Raté. Les derniers kilomètres de fibre à tirer s'avèrent être les plus ardus. Pour Orange, ce retard a un coût, estimé à 500 millions d'euros par an rien que pour maintenir en vie un réseau cuivre qui date des années 1960.
Malgré ce contretemps majeur, le processus continue d'avancer. Dans trois semaines, le 27 janvier, 960 000 nouveaux logements perdront définitivement accès à l'ADSL. Ils rejoindront les 253 000 qui ont déjà opéré la bascule. D'ici 2030, tout le territoire devrait avoir dit adieu au cuivre. Du moins en théorie, si les délais ne dérapent pas davantage entre-temps.