Ce mardi 27 janvier, 763 communes françaises basculent définitivement de l'ADSL vers la fibre optique. La fermeture du réseau cuivre, opérée techniquement par Orange, concerne 53 départements et des centaines de milliers de foyers.

Le grand saut, c'est maintenant. Depuis ce matin, il est impossible de souscrire à l'ADSL dans des centaines de localités françaises, d'Ajaccio au 6e arrondissement de Lyon, de Melun à Laval en passant par Chauny. Cette nouvelle vague de fermetures du réseau cuivre marque une accélération d'un processus lancé il y a déjà trois ans. L'objectif affiché par les opérateurs reste d'enterrer le vieux réseau en cuivre d'ici 2030. Pour définitivement laisser sa place à la fibre optique.
Pourquoi la fibre optique remplace définitivement le réseau cuivre en France
Après plus d'un demi-siècle de bons et loyaux services, le réseau en fils de cuivre rend les armes. Normal, puisqu'entre le télétravail bien démocratisé, les plateformes de streaming qui tournent en 4K et les sessions de gaming gourmandes en débit, nos usages ont explosé. La technologie ADSL, elle, plafonne depuis des années. Résultat, la fibre pulvérise littéralement les performances avec des vitesses jusqu'à 60 fois plus rapides.
Côté opérateurs, maintenir deux réseaux distincts à l'échelle nationale relève désormais de l'aberration économique. Aujourd'hui, 80% des abonnements Internet français fonctionnent déjà sur fibre, dont plus de 10 millions chez Orange. Continuer à entretenir des kilomètres de câbles cuivre pour une poignée d'utilisateurs n'a tout simplement plus de sens.
Et puis il y a l'argument écologique, qui compte. Selon Michel Combot, délégué général de la Fédération Française des Télécoms, rappelle depuis longtemps qu'un réseau fibre consomme à peine 0,5 watt par ligne, quand l'ADSL en engloutit 1,8. Plus de trois fois moins d'énergie, voilà qui devrait apaiser quelques consciences dans un contexte où l'économie d'électricité est un vrai sujet.

De la Loire à la Corrèze, 53 départements concernés par la fermeture
Les 763 communes du lot 2 qui basculent aujourd'hui sur du « full fibre optique » se répartissent sur l'ensemble du territoire. De ce que nous avons pu constater, à partir de la liste mise à disposition par Orange, c'est le département de la Loire qui mène le peloton, avec 58 localités concernées, talonnée par la Moselle et la Corrèze. Les départements des Ardennes, de l'Aisne et de la Charente comptent eux aussi plusieurs dizaines de communes dans le lot.
Cette fermeture fait suite aux expérimentations pilotes lancées dès 2021 à Lévis-Saint-Nom, puis dans six autres communes tests comme Voisins-le-Bretonneux ou Vivier-au-Court. Là-bas, les lignes cuivre ont définitivement rendu l'âme en mars 2023, il y a près de trois ans déjà. Les opérateurs ont depuis proposé des solutions de repli : la fibre évidemment, et la 4G ou 5G fixe pour les zones blanches qui subsistent.
Le compte à rebours se poursuit. Même si Orange a accordé un peu de répit à 8 000 communes, dans quatre ans, en 2030, plus un seul câble de cuivre ne devrait subsister en France. D'ici là, des milliers de communes supplémentaires feront le grand plongeon dans le très haut débit. Une nouvelle ère technologique qui se déroule commune par commune, lot par lot. Orange multiplie les promesses d'accompagnement en boutique. Croisons les doigts pour que personne ne reste sur le carreau numérique.