Test Teufel Cinebar One : Enveloppé dans un son trop timide

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
11 mars 2021 à 10h01
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Genre un peu étrange, la mini barre de son est coincée entre les produits standards, parfaitement adaptés à un usage Home Cinema, et la petite enceinte de bureau. Jamais aussi performantes qu'un vrai kit 5.1, elle permet de profiter d'un son surround dans un minimum de place, placée sous un écran de PC ou la TV d'un petit salon. Marque caméléon, Teufel semble le candidat idéal sur ce type de produit un peu entre deux eaux. Ainsi le constructeur propose avec la Cinebar One une expérience simple, mais se voulant convaincante pour une utilisation en Film ou JV, un modèle tout aussi à l'aise pour l'un et l'autre. Prix assez réduit, mais pas bas de gamme pour autant, la CineBar One est-elle la réussite espérée ?

Le format mini du Surround

Le premier contact avec le produit est toujours un peu étrange. 35 cm de long à peine, la Teufel s'adresse clairement aux possesseurs de petits écrans de bureau et TV n'excédant pas les 32", bien que la marque ne donne pas de chiffres. Pas de touches de luxe ni de design vraiment osé, mais la Cinebar One est assez dense et très correctement finie, loin de l'impression de gadget qu'elle pourrait laisser au premier abord.

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Le modèle existe en version noire et en version blanche, comme ci-dessus

On perçoit très facilement sa topologie sonore à travers sa mince grille : 2 haut-parleurs large-bande en façade, et 2 haut-parleurs de même type sur ses deux faces latérales, inclinées à environ 60°. Cette inclinaison permet de transporter le son sur les côtés et créer, grâce au système Dynamore de Teufel, un effet Surround que nous espérons convaincant.

À l'arrière vient se placer un évent, pour "libérer" l'onde arrière et amener une meilleure réponse dans le grave. On peut douter de la capacité du produit à reproduire le bas du spectre étant données ses dimensions, mal d'enceintes type Bose y parviennent sans trop de casse, mais en utilisant des petits apports comme les radiateurs passifs.
Le produit fonctionne grâce à un adaptateur déporté et non via une alimentation intégrée, un point intéressant en cas de défaillance.

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Deux entrées numériques seulement : Optique et HDMI (fonctions ARC et CEC), ce qui est déjà adapté à la plupart des usages, le produit n'étant pas fait pour se raccorder à des dizaines de périphériques. En plus de cela, une entrée en micro USB (fonctionne en tant que carte son USB branchée sur un PC), une entrée Jack auxiliaire, et un petit bouton "sub-pairing" permettant de faire communiquer le produit à caisson de basses dédié, vendu séparément ou dans un autre bundle appelé Cinebar One+. Enfin, la Cinebar One intègre un module Bluetooth 4.0 avec support de l'AptX.

Pour les adeptes du montage mural, un petit pas de vis à l'arrière permet de venir l'accrocher à un support dédié, support vendu une vingtaine d'euros.

Malheureusement, pas de fonction réseau ici, ce qui aurait pu être le cas à 200 euros. Un moins qui limite un peu le produit, mais qui n'a rien de dramatique.

Ultra simple, ultra dépouillé

Ne partant pas dans une optique réseau, la Cinebar One s'en retrouve extrêmement simple à l'usage, les contrôles limités à sa simple télécommande (pas de contrôle sur la barre en elle-même). Un peu différente de celles présentes sur les autres barres de son Teufel, la télécommande va à l'essentiel. Un réglage du volume croisé avec un contrôle des basses sur un système en croix, une touche mute, la sélection des 4 entrées existantes, l'utilisation de l'un des trois modes sonores - film, musique et voix - et le bouton Dynamore permettant de déclencher ou arrêter l'effet surround.

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Autre changement par rapport à ses barres de son plus élaborées, on ne retrouve pas d'écran (affichant seulement un mot) en LED, mais une unique diode modifiant sa couleur suivant l'état : rouge pour éteinte, blanc en HDMI, bleu pour le Bluetooth, flash bref pour chaque action, etc. un contournement de la limitation plutôt simple, mais très efficace à l'usage.

Au chapitre des compatibilités, la Cinebar One peut décoder le dolby digital plus, de 2.0 à 5.1 (sachant que cette norme peut aller jusqu'à 15.1). Mise à part à la prise en charge de l'AptX, Teufel n'en dévoile pas plus sur les capacités sonores du produit. On ne sait donc pas jusqu'à quel bitrate ou taux d'échantillonnage les entrées numériques peuvent fonctionner, ce qui n'est pas bien grave en soi.

Efficace, mais manquant clairement de coffre

Que ce soit en Bluetooth, en jack ou en numérique, le rendu sonore est le même. Convaincant ? Disons qu'il y a deux côtés à développer.

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En premier celui d'une enceinte plutôt précise, sonnant assez juste voire assez naturel, déjà très à l'aise sur la plupart des musiques, même si avec quelques retenus de notre part. Les aigus sont en mode "peut mieux faire", avec une bonne extension, mais pas la plus grande des précisions, faute de tweeters dédiés à cette tâche. Pour le prix et l'orientation, nous avons déjà un bon produit de bureau.

En mode jeu ou film, l'utilisation du mode Dynamore, permettant de déclencher les 2 haut-parleurs latéraux (parfaitement utilisable en musique), apporte une bonne sensation d'enveloppement à condition de ne pas être trop loin du produit. On n'ira pas jusqu'à dire que nous sommes sur du 5.1, mais l'approche stéréo étendue est convaincante, surtout pour un format aussi mini. Un petit fps bien travaillé sur sa partie sonore comme Doom Eternal permet de se rendre compte que la Teufel n'est jamais noyée par la difficulté. Le rendu maison Dynamore va un peu plus loin qu'une simple utilisation des haut-parleurs latéraux, mais travaille également sa symbiose avec les haut-parleurs frontaux, tout en modifiant son égalisation (plus d'aigus).

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Ainsi, pour la plupart des usages la Cinebar One est une bonne petite enceinte à tout faire, assez précise sans être une tueuse, pouvant tenir un bon niveau sonore sans trop de distorsion ou de déséquilibre. L'espace sonore est plutôt convaincant pour un produit de ce tarif, surtout en tenant compte de la taille. De plus, les entrées de différents types sont un plus.

Reste que, malgré toutes ses qualités, le modèle a un défaut de taille : sa gestion des basses, trop timides. Des bas médiums oui, ce qui lui permet de garder une certaine patate et pourra convenir pour certains utilisateurs, mais il manque clairement ce petit ronronnement, ce vrombissement des basses nécessaire pour faire trembler la pièce, ou tout du moins ne pas entraver les sensations. Une explosion ou une vibration de moteur sont un peu décevantes, en tous cas pas suffisamment impressionnantes pour prendre cette enceinte, seule, comme un produit vraiment adapté au cinéma.

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La présence d'un bouton d'appairage avec un caisson de basses n'est pas un hasard et la marque avait bien anticipé les limites du produit. Ici nous avons un dilemme. Une offre avec caisson existe pour 100 euros de plus (soit 300 euros en tout), ce qui nous semble à la fois salutaire - sur le papier - et un peu embêtant, car plombant à la fois le prix et la compacité du produit. Une grosse affaire de compromis, qui ne sera vraiment valable si ce gros impact supplémentaire des basses fréquences vous est indispensable. Mais à 300 euros, les vraies barres de son commencent à pointer le bout de leur nez.

Terminons sur la partie sonore en Bluetooth. Ici l'enceinte se comporte assez bien, la qualité reste à peu près la même qu'en HDMI ou en Optique, et la latence est composée sur la plupart des applications vidéo de smartphone.

Teufel Cinebar One : l'avis de Clubic

La Teufel Cinebar One a des arguments, à commencer par sa simplicité et sa grande compacité, ses quelques options intéressantes, sa bonne gestion des détails et son approche plutôt convaincante du son surround. Mais, à l'usage, cette enceinte non connectée est également limitée un rendu très écourté dans les basses. Un modèle pratique pour qui manque de place, mais un modèle de compromis, clairement perfectible.


Teufel Cinebar One

5

Les plus

  • Effet surround plutôt convaincant
  • Rendu assez équilibré pour la musique
  • Compacité

Les moins

  • Basses très (trop) écourtées
  • Aigus perfectibles
  • Pas de fonction réseau

Construction6

Connectivité6

Audio (musique)7

Immersion5

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trollkien
Etant sur un écran 32 pouces (pc+netflix) l’ideal est une barre de 70 de large environ.<br /> 35 c’est ridicule
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