La Chine dévoile son service de cartographie, une alternative à Google Earth

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Le 22 octobre 2010
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Entre Google et le gouvernement chinois, ça n'a jamais été le grand amour, en particulier en raison des censures effectuées par l'Etat sur les différents services du géant de Mountain View. Désireux de garder le contrôle d'Internet dans ses contrées, l'Etat chinois vient de lancer son propre service de cartographie qui n'est pas sans rappeler Google Earth et Maps.

Sobrement baptisé Map World, ce service, accessible exclusivement via un navigateur Web, permet de survoler le monde et de zoomer sur les zones du globe pour accéder à des cartes ou à des photos satellite. Le service est géré par le bureau d'Etat d'enquête et de cartographie et est donc géré par le gouvernement. « Cela a pris environ deux ans pour préparer ce service avec toutes les images par satellite prises entre 2006 et 2010 » a déclaré jeudi dernier le directeur du département des bases de données du BEEC Jiang Jie au quotidien China Daily, preuve que la Chine développait ce projet dans le plus grand secret depuis un bon moment.

Si Map World peut être considéré comme un concurrent de Google Earth et Google Maps, ce n'est cependant pas vraiment le cas dans la mesure où le service de Google n'est officiellement pas présent en Chine : la firme n'a en effet jamais fait de demande de licence de cartographie Web, obligatoire dans le pays explique Reuters.

Reste que la version de Map World dévoilée aujourd'hui s'avère limitée : d'une part, l'infrastructure se base sur 80 machines virtuelles capables de traiter une dizaine de millions de requêtes par jour, un chiffre bien moindre comparé aux milliers de serveurs dont dispose Google, a commenté Jiang Jie. La cartographie du service ne s'effectue également pas en temps réel : « Notre service de cartographie devrait pouvoir mettre à jour les données géologiques environ 2 fois par an, alors que Google peut actualiser ses informations en l'espace de quelques minutes à l'aide de satellites » a ajouté l'expert.

Par ailleurs, Reuters rapporte que la cartographie des différentes parties du globe est inégale : si la Chine et sa Grande Muraille bénéficient d'une couverture détaillée, d'autres pays ne bénéficient pas d'un zoom étendu et débouchent même sur une page blanche quand on s'approche trop. C'est d'ailleurs le cas de la France. Des systèmes restrictifs ont également été mis en place pour éviter que des secrets d'Etat chinois ne soient révélés sur les cartes.

Sur fond de limites et de censure, Map World devrait néanmoins se développer puisqu'entre 70 et 80 entreprises ont d'ores et déjà effectué les démarches pour proposer des services supplémentaires, notamment de géolocalisation. De son côté, le gouvernement chinois travaille toujours sur un moteur de recherche destiné, à terme, à concurrencer Baidu et Google.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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