Samy Liechti : "BlackSocks.com réinvente l'interface entre l'homme et ses chaussettes"

01 juin 2018 à 15h36
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Samy Liechti
Fondateur de BlackSocks.com, Samy Liechti profite de son passage à Paris pour présenter ce pionnier du commerce électronique suisse et partager ses réflexions sur les interfaces homme/chaussette.

JB - Samy Liechti, bonjour. Comment est née l'idée de BlackSocks.com ?

SL - Bonjour. En 1994, j'étais consultant dans une agence et à l'occasion de la venue de clients japonais, j'ai du me déchausser pour assister à la cérémonie du thé. Mes chaussettes étaient dépareillées et je me suis senti très mal à l'aise. J'ai alors réfléchi à un service de livraison de chaussettes : BlackSocks.com, qui est né quelques années plus tard, en 1998. L'accueil a été très positif et notre service a même été une sorte de symbole du commerce électronique suisse pendant les années 99/2000, ce qui nous apporté beaucoup de notoriété.

JB - Près de dix ans après votre lancement, comment se porte BlackSocks.com ?

SL - Plutôt bien ! Nous avons désormais près de 30 000 abonnés dans plus de 76 pays, y compris au Bhoutan, dans l'Himalaya, ou au Rwanda, au cœur de l'Afrique. Sur le plan commercial, la société est rentable et connait une croissance de plus de 20% par an, avec un chiffre d'affaires de près de deux millions d'euros et bientôt un million de paires de chaussettes vendues. Dans l'ensemble, nos clients sont satisfaits du service avec un taux de renouvellement de 80%. Le service le plus populaire est l'abonnement pour trois paires de chaussettes, trois fois par an. Nous commençons même à vendre nos premiers abonnements "à vie" à nos clients les plus fidèles.

JB - Avez-vous développé une logistique originale pour satisfaire vos clients partout dans le monde ?

SL - Les chaussettes sont fabriquées en Italie mais toute la logistique est gérée depuis la Suisse. Les chaussettes sont le produit idéal pour la vente par correspondance. Elles sont légères, souples et peuvent facilement être envoyées dans une simple enveloppe. En outre, pour les tarifications inférieures à 22 euros, il n'y a pas de droit de douane. C'est un véritable avantage pour notre modèle.

JB - Pourquoi avoir tant tardé à lancer BlackSocks.fr ?

SL - Cela peut surprendre mais depuis le lancement de BlackSocks.com en 1998, nous avons toujours été dans l'urgence. Ces dernières années, nous avons été beaucoup pris par le développement du service aux Etats-Unis mais nous avons tout de même souhaité lancer BlackSocks.fr sur le marché Français. En quelques mois, nous sommes passés de 300 à plus de 2000 clients. C'est une véritable satisfaction qui confirme que le problème des chaussettes est universel :-)

JB - 2006 a également été marquée par l'arrivée d'une nouvelle activité qui n'est pas exclusivement liée aux chaussettes...

SL - En effet, nous étions confrontés à une relative stagnation du chiffre d'affaire par client dont le besoins en chaussettes ne sont tout de même illimités. Nous avons donc réalisé un sondage auprès de nos abonnés et nous avons découvert qu'ils étaient prêts à acheter des sous vêtements : maillots, caleçons, slips,... Cette nouvelle gamme est d'ailleurs déjà un succès puisque près de 20% de nos clients ont déjà adopté l'un de ces sous-vêtements.

JB - BlackSocks.com a inspiré beaucoup de start-up comme le français brosseadomicile.com. Pourriez vous lancer de nouveaux produits de ce type ?

SL -Oui, depuis 1998, BlackSocks.com a inspiré beaucoup de concurrents avec des modèles d'abonnement pour des brosses à dent, des bonbons et même du papier-toilette mais dans l'ensemble, ces services sont rarement rentables. Pour notre part, nous n'entendons pas lancer d'autres produits que les chaussettes ou les sous vêtements. Je préfère être leader mondial sur une niche qu'un marchand de vêtements, parmi d'autres.

Nous entendons par contre simplifier la vie des hommes et nous pourrions sans doute lancer de nouveaux services dans ce sens. Pourquoi ne pas mettre des tags RFID dans les chaussettes pour connaître leur taux de passage en machine et n'envoyer de nouvelles paires que lorsqu'elles sont vraiment délavées ? Nous voulons réinventer l'interface entre l'homme et ses chaussettes !

JB - Samy Liechti, je vous remercie :-)
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