La version VTOL du drone U010 Aliaca d'Airbus vient d'être qualifiée par la Direction générale de l'armement. Le mini-drone de surveillance, capable de décoller à la verticale, va rejoindre de nouveaux navires de la Marine nationale, jusqu'en outre-mer.

Bonne nouvelle pour le drone U010 Aliaca de l'avionneur Airbus qui, apprend-on ce mardi 3 novembre, vient de décrocher le précieux tampon de la Direction générale de l'armement (DGA) pour sa version à décollage vertical (VTOL). Ce modèle se passe de rampe de lancement et de filet de récupération. Neuf mois après sa commande, le petit appareil d'à peine 25 kg est désormais bon pour le service dans la Marine nationale. Les premiers systèmes ont déjà été livrés, et d'autres doivent suivre sur des bâtiments déployés en métropole mais aussi en outre-mer.
Un drone Aliaca qui décolle désormais comme un hélicoptère
Pour obtenir ce précieux sésame, l'Aliaca VTOL a connu un printemps assez chargé. En mai et en juin, il a multiplié les essais à terre comme en mer, en étroite collaboration avec les marins. Victor Gerin-Roze, le directeur des programmes drones d'Airbus Helicopters, salue d'ailleurs ce mardi « la réussite de la collaboration » entre ses équipes, la DGA et la Marine. Ce feu vert ouvre désormais la voie à son entrée en service dans le cadre du contrat SMDM, qui encadre les mini-drones embarqués de la Marine.
On reconnaît surtout l'aéronef à sa façon de quitter le pont d'un navire. Dans sa version d'origine, toujours en service d'ailleurs, l'Aliaca s'élance depuis une catapulte et achève sa mission dans un filet, deux équipements qui réclament de la place à bord. La variante VTOL, développée en moins d'un an et dévoilée en avril 2025, ajoute quatre hélices pour s'élever et se poser à la verticale, puis voler comme un petit avion. Elle peut ainsi opérer depuis des navires plus modestes, et même dans certaines conditions de mer où viser un filet deviendrait plus périlleux.
L'engin fabriqué à Pierrelatte, dans la Drôme, reste un poids plume avec ses 25 kg sur la balance, 2,2 mètres de long et 3,6 mètres d'envergure, pour jusqu'à 3 kg d'équipements emportés. Airbus affirme que la gamme Aliaca tient jusqu'à trois heures en l'air en version électrique, avec une liaison de données portant à 50 km. La version hybride monte jusqu'à six heures et 100 km de portée. Victor Gerin-Roze évoque un système VTOL aujourd'hui « mature, sûr et très performant ».

Un drone déjà rodé, bientôt déployé jusqu’en outre-mer
Vous l'avez compris, l'Aliaca n'a rien d'un bleu. Sa version à voilure fixe, déjà qualifiée par la DGA, décolle depuis 2022 de patrouilleurs et de frégates de surveillance. Depuis 2023, elle prête aussi main-forte aux opérations de recherche et de sauvetage en Manche. Son rôle est de servir d'œil déporté au navire, au-delà de l'horizon de son radar, pour identifier une embarcation à distance. Sur les 34 systèmes de deux drones commandés par la DGA, notons que huit passeront à la version verticale.
Les marins n'auront en plus pas à repartir de zéro, car ses station de contrôle au sol et logiciel restent les mêmes sur toute la gamme. Ceux qui pilotent déjà l'Aliaca classique retrouveront assez vite leurs repères. De quoi permettre à Victor Gerin-Roze de promettre un drone « prêt pour un déploiement opérationnel immédiat ».
Car justement, les Aliaca VTOL embarqueront sur les bâtiments de soutien et d'assistance de la Marine, d'abord en métropole d'ici la fin de l'année, puis outre-mer dès l'année prochaine, en 2027. Depuis la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, La Réunion et la Martinique, ils surveilleront d'immenses étendues maritimes, de l'Indo-Pacifique aux Caraïbes. Cette qualification par la Direction générale de l'armement témoigne, selon le responsable d'Airbus, « de la confiance accordée à la performance » de ses technologies. L'avionneur européen équipe déjà l'Agence européenne de sécurité maritime (EMSA) pour la surveillance maritine européenne, avec un autre appareil, le Flexrotor.