La semaine dernière, un satellite militaire russe s’est rapproché très rapidement d’un satellite américain. Une manœuvre rare, qui ravive les craintes d’une guerre en orbite.

L’alerte a été donnée par LeoLabs, start-up finlandaise spécialisée dans le suivi des objets en orbite. Ce vendredi 16 octobre, le satellite russe Cosmos 2612 se trouvait à environ 5 kilomètres d’ICEYE-X36, un satellites radar d’observation. La veille encore, plus de 320 kilomètres séparaient les deux engins. Cette approche semble donc « délibérée » selon l’entreprise. D’autant que ce n’est pas une première…
Face-à-face en orbite
Ce 17 avril dernier, la Russie a lancé plusieurs satellites militaires, dont Cosmos 2612. Un mois plus tard, entre le 14 et le 20 mai, cinq d’entre eux ont changé d’orbite pour se placer sur celle d’ICEYE-X36. Une manœuvre coûteuse, car modifier l’inclinaison d’une orbite consomme beaucoup de carburant. Habituellement, les opérateurs les évitent. Mais là, ils se sont rapprochés jusqu’à 15 kilomètres de leur cible. À l’échelle de l’orbite basse, c’est très proche.
Mais pourquoi ICEYE-X36 ? Pesant environ 90 kilogrammes et lancé en 2024 via la filiale américaine de la société, il fait partie d’une vaste constellation composée de satellites capables d’observer la Terre de nuit, à travers les nuages et la fumée, avec une haute précision. Des qualités précieuses en temps de guerre : l’appareil est censé fournir des images à l’armée ukrainienne depuis 2022. Et cette coopération a été élargie en janvier 2026 à travers un nouvel accord.
De quoi faire craindre le pire. Une opération d’espionnage, du brouillage, voire une action hostile sont évoquées. Car le danger est bien concret : les opérateurs évitent généralement de se rapprocher à plus de 10 kilomètres, puisqu'une manœuvre simultanée des deux engins pourrait provoquer une collision au-delà de ce seuil.
Quand la guerre se joue aussi dans l’espace
Si pour l’heure, rien ne prouve l’intention de la Russie d’attaquer ICEYE-X36, un responsable russe aux Affaires étrangères assurait, en 2022 devant l’ONU, que l’usage de satellites occidentaux pour aider l’effort de guerre ukrainien était une « tendance extrêmement dangereuse », et que ces infrastructures « quasi civiles » pourraient constituer une cible légitime pour une frappe de représailles.
Une situation qui risque de devenir habituelle. Les grandes puissances se préparent à la guerre spatiale depuis de longues années, et l’ARMée américain a récemment admis qu’elle possédait effectivement des armes en orbite. Une bascule que l’on observe tout particulièrement en Ukraine, où Starlink est devenu un maillon crucial des activités de l’armée ukrainienne.
Sources : The Independent, Axios