C’est un immense retournement de situation. SpaceX envisage très sérieusement de mettre à la retraite sa capsule Crew Dragon. Sans autre solution, la NASA devrait donc se tourner vers Starliner. 

La capsule Starliner de Boeing. ©NASA
La capsule Starliner de Boeing. ©NASA

Depuis 2020, la NASA s’appuie sur le programme Commercial Crew pour acheminer des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS). Mais, s’il devait de base s’appuyer sur deux prestataires, SpaceX et Boeing, seule la capsule Crew Dragon a tenu ses promesses avec 13 vols habités vers la station. Starliner, de son côté, n’a toujours pas décroché sa certification pour des missions opérationnelles régulières, en raison du fiasco de son premier vol habité. Pour l’heure, elle est cantonnée à des missions cargos.

SpaceX pense déjà à la retraite de Crew Dragon

Mais cette semaine, les déclarations de Gwynne Shotwell, présidente de SpaceX, ont totalement redistribué les cartes. Interrogée lors du podcast All-In, elle n’a pas voulu s’engager concernant l’avenir de Crew Dragon. « Nous ne la retirons pas du service aujourd’hui, c’est sûr », a-t-elle simplement répondu, avant de renvoyer la responsabilité vers Boeing : l’entreprise a été payée pour développer sa propre capsule, elle n’a qu’à assumer ce contrat.

Si ces propos peuvent paraître anodins, ils vont dans la lignée des nombreux bruits de couloir concernant l’avenir de SpaceX. La société veut concentrer quasiment tous ses efforts sur Starship, la mégafusée qui se retrouve au centre de ses nombreuses ambitions. Dans ce contexte, faire voler une poignée d’astronautes vers l’ISS chaque année pèse de moins en moins lourd dans la balance.

La nouvelle tombe très mal pour la NASA. Pour la NASA, la nouvelle tombe mal. Car Crew Dragon reste aujourd’hui son unique moyen de transport habité vers l’orbite basse, et l’échéance de 2030, date à laquelle SpaceX pourrait retirer la capsule, approche vite. L’agence doit donc se trouver une solution de secours, et elle n’en a qu’une sous la main, révèle Ars Technica.

Les astronautes de Crew-6 dans la capsule Crew Dragon. ©SpaceX

Quel lanceur pour Starliner ?

Ainsi, la NASA devrait annoncer dès la semaine prochaine une série de mesures pour remettre Starliner en selle. L’agence commanderait deux nouvelles missions habitées à Boeing, financerait une partie des travaux pour corriger les problèmes de propulseurs, et soutiendrait la certification d’un nouveau lanceur pour la capsule.

Car Starliner vole aujourd’hui sur Atlas V, une fusée de United Launch Alliance (ULA) vouée à disparaître : il n’en reste que six exemplaires, dont un déjà réservé pour le prochain vol test sans équipage. Sans remplaçant homologué pour le vol habité, la capsule de Boeing n’ira nulle part une fois ce stock épuisé. Mais deux prétendants se dégagent pour prendre le relais : Vulcan, toujours chez ULA, et New Glenn, le lanceur de Blue Origin.

Cette dernière option pourrait bien réserver une bonne surprise à l’entreprise de Jeff Bezos. Blue Origin travaille depuis plusieurs années, discrètement, sur son propre vaisseau habité destiné à New Glenn. Si Boeing choisissait finalement de faire voler Starliner sur cette fusée, la firme obtiendrait de facto une certification, sans avoir à la financer elle-même. Bingo.