À Berlin, le robot T800 de l’entreprise chinoise EngineAI a distribué des coups de poing et coups de pied sous les yeux du public de l’IFA 2026, alors qu’une enquête de Reuters vient de documenter les recherches militaires chinoises sur les humanoïdes de combat.

À l’IFA 2026, les robots humanoïdes passent aux coups de poing - ©IFA Managment
À l’IFA 2026, les robots humanoïdes passent aux coups de poing - ©IFA Managment

Ils n’étaient pas à l’IFA 2026 pour en découdre, mais savent tout de même le faire.

Sur le stand d’EngineAI, le robot T800, dont vous pouvez faire la connaissance dans la vidéo ci-dessous, a enchaîné coups de poing feintés et coups de pied. Des visiteurs ont filmé la scène sous plusieurs angles. À quelques mètres, deux robots G1 du fabricant Unitree se sont affrontés dans un simulacre de combat de boxe, chaque geste guidé par un opérateur caché derrière une télécommande.

Mais des robots ont aussi frappé en dehors de toute mise en scène ou télécommande. En Russie, un humanoïde de Volga Electronics a pris une posture de kung-fu après qu’un client l’a bousculé. En Chine, un robot en test a donné un coup de pied dans l’aine d’un technicien, tandis qu'un autre a giflé un enfant en pleine démonstration. Ces gestes incontrôlés dépassent le cadre du salon. Une enquête de Reuters a recensé plus de cent appels d’offres militaires chinois qui concernent des humanoïdes de combat.

Des humanoïdes envisagés pour l’assaut urbain

L'été dernier, les chercheurs du centre d’essais de l’université nationale de technologie de défense ont imaginé un scénario d’assaut urbain. Dans une enquête publiée par Reuters, six robots de combat épauleraient des troupes au sol pour nettoyer un bâtiment étage par étage. Ces machines étaient des humanoïdes, des chiens robotisés et des véhicules sans pilote. L’équipement décrit serait disponible, selon les auteurs, d’ici cinq à dix ans.

Un article du Quotidien de l'Armée populaire de libération, publié en juillet 2025, affirmait que les humanoïdes pourraient assumer des missions de combat, et plus seulement de soutien. Le texte examinait la possibilité d’autoriser un robot à tirer sur une cible identifiée au préalable par un humain.

Norinco, le conglomérat public de défense, a présenté en août son robot Fuxi. La machine effectue des patrouilles et surveille des zones sensibles, et un opérateur humain peut commander chacun de ses gestes grâce à un système de téléopération intégré. Cette dépendance à l’humain ressemble à la téléopération observée sur les robots G1 d’Unitree à l’IFA. Ces machines combattent toutes sous contrôle humain direct.

Selon Aaron Johnson, professeur de génie mécanique à l'université Carnegie Mellon, les environnements de combat comportent trop de variables pour les capacités actuelles des robots. Le Comité international de la Croix-Rouge a averti que les armes autonomes pourraient mal interpréter les signes de reddition. Ces signes dépendent en effet du contexte, du comportement et de l’intention. Le ministère chinois de la Défense a déclaré en mars que les armes dotées d’intelligence artificielle devraient être maintenues sous contrôle humain.

En Chine, il existe déjà un championnat de combat de robots

En Chine, le combat de robots n’est plus une affaire de démonstration à l’occasion d’un salon. C’est devenu un chamionnat.

La première saison de la ligue Ultimate Robot Knockout Legend, ouverte en février, est en cours jusqu’en décembre 2026, avec une cagnotte totale proche de 1,3 million d’euros, selon Digital CxO. Les équipes reçoivent gratuitement des unités T800 d’EngineAI et peuvent ensuite les modifier pour la compétition. Un modèle de base coûte environ 38 000 euros, tandis que sa version renforcée s’élève à 75 000 euros.

Pourtant, les investisseurs doutent encore de la rentabilité de ces machines. L’action Unitree, introduite le 19 août 2026 sur le marché STAR de Shanghai, a progressé de 460 % dès le premier jour de cotation, avant de reculer de 45 % en trois séances et d’effacer près de 28 milliards d'euros de valorisation boursière. Le bénéfice net ajusté de l’entreprise a diminué de 53 % au premier trimestre 2026, à environ 5 millions d’euros, alors même que ses robots battaient des records de 9,39 secondes sur 100 mètres et de 2,88 mètres au saut en hauteur aux Jeux mondiaux des robots humanoïdes de Pékin.

Selon Malcolm Davis, analyste principal à l’Institut australien de politique stratégique, les robots humanoïdes ne sont pas aujourd’hui des systèmes opérationnels viables sur un champ de bataille. Mais d’ici cinq à dix ans, ils pourraient très bien le devenir, a-t-il ajouté.