La Chine est en train de devenir le pays des robots humanoïdes. Leur évolution est telle que Pékin vient de lancer un système d’identification unique pour tracer chacun d’entre eux, de sa fabrication à son recyclage.

Le robot G1 de Unitree dans les rues de Hangzhou. ©Academia Centrum Limited / Shutterstock
Le robot G1 de Unitree dans les rues de Hangzhou. ©Academia Centrum Limited / Shutterstock

En avril dernier, un robot humanoïde baptisé Lightning, conçu par Honor, bouclait un demi-marathon à Pékin en 50 minutes et 26 secondes, soit près de deux heures de mieux que le champion robot de l’année précédente. Quelques semaines plus tôt, des humanoïdes partageaient la scène avec des artistes de kung-fu lors de la grande gala du Nouvel An lunaire, diffusée devant des centaines de millions de téléspectateurs.

La Chine multiplie les démonstrations de force dans la robotique humanoïde, et les chiffres confirment cette domination : selon le cabinet IDC, le marché mondial des robots humanoïdes a bondi de 508 % en un an, avec environ 18 000 unités expédiées dans le monde, et la majeure partie est issue de l’Empire du Milieu.

Comment ça marche

Dans ce contexte, le gouvernement vient de lancer la Plateforme de services de gestion du cycle de vie complet des humanoïdes, rattachée au ministère de l'Industrie et des Technologies de l’information. Le principe est simple : chaque robot humanoïde fabriqué en Chine se voit attribuer un code d’identification unique de 29 caractères, structuré en quatre parties.

Tandis que les deux premiers chiffres correspondent à un code national permettant le suivi des expéditions transfrontalières, les quatre suivants identifient le fabricant. Un code produit à six chiffres précise ensuite le modèle, et un numéro de série à 17 chiffres distingue chaque unité individuellement. Le système est déjà opérationnel : plus de 100 fabricants y participent, et 28 000 robots répartis sur 200 modèles disposent déjà de leur identifiant numérique.

Des humanoïdes au Nouvel An chinois. ©CGTN
Des humanoïdes au Nouvel An chinois. ©CGTN

La première puissance robotique

Ce système d’identification reflète l’ambition immense de la Chine, qui vise à devenir la puissance robotique dominante de la prochaine décennie. En traçant chaque humanoïde, Pékin entend garantir la sécurité des appareils, renforcer la gouvernance du secteur et accélérer leur déploiement commercial à grande échelle.

D’autant que les applications visées sont concrètes, et nombreuses : aide aux personnes âgées, tâches ménagères, services industriels, etc. Et la Chine peut s’appuyer sur une chaîne d’approvisionnement locale de plus en plus intégrée, qui réduit progressivement sa dépendance aux composants étrangers.

Des fabricants comme Unitree, Agibot ou GigaAI incarnent cette dynamique ; ce dernier vient d’ailleurs dévoiler un humanoïde capable de couper des légumes, faire frire des œufs et charger un lave-linge, et prévoit de le tester gratuitement auprès de familles à Wuhan dès 2027.

À noter, malgré tout, que les robots humanoïdes chinois restent encore loin d’une autonomie totale, leur dextérité demeurant limitée pour certaines tâches complexes. Mais au rythme où évolue le secteur, les avancées vont devenir de plus en plus concrètes.