Ce jeudi, la Chine a présenté son nouveau plan quinquennal, avec l'intelligence artificielle en fer de lance de toute son économie. Robots humanoïdes, quantique, 6G : Pékin joue gros sur tous les tableaux.

La Chine veut mettre le paquet sur l'intelligence artificielle. © Fotogrin / Shutterstock
La Chine veut mettre le paquet sur l'intelligence artificielle. © Fotogrin / Shutterstock

Dévoilé à l'ouverture du Congrès national du peuple, le nouveau plan quinquennal chinois fait de l'intelligence artificielle bien plus qu'un outil. Il en fait une priorité d'État. Ce document fleuve de 141 pages cite l'IA plus de cinquante fois et déroule un programme baptisé « AI+ », comme le rapporte Reuters. Derrière l'ambition technologique, il s'agit pour Pékin de répondre au vieillissement de la population, contrer les États-Unis dans la guerre des puces, et s'appuyer sur des acteurs comme DeepSeek pour changer la donne mondiale.

Pour la Chine, l'IA comme réponse à une démographie qui flanche

La Chine vieillit, et vite. Alors, le pouvoir mise sur l'automatisation comme bouée de sauvetage économique. Concrètement, le plan prévoit de déployer des robots dans les secteurs en manque de bras, et des agents IA capables d'opérer en quasi-autonomie, sans supervision humaine constante.

Dans l'empire du Milieu, l'intelligence artificielle ne s'arrêtera pas aux portes des usines. Kyle Chan, chercheur à la Brookings Institution, le confirme. D'après l'expert, Pékin veut que l'intelligence artificielle et la robotique transforment des pans entiers de la vie quotidienne, allant de la livraison de colis aux soins médicaux, en passant par l'école. Un chantier colossal à l'échelle d'un gigantesque pays.

Tout cela se joue sur fond de tension croissante avec les États-Unis. Les deux puissances se livrent une guerre technologique à coups de restrictions. Washington refuse à la Chine l'accès aux puces électroniques les plus performantes, tandis que Pékin coupe le robinet des terres rares, ces minéraux indispensables à l'industrie de la Tech. La Chine veut produire elle-même ce que personne ne pourra plus lui refuser.

Quantique, robots humanoïdes et open source, la Chine voit très grand

En plus de l'intelligence artificielle, le plan quinquennal de la Chine liste des ambitions qui donnent qui ratissent large, on peut le dire. Au menu, on retrouve la 6G, qui pointe gentiment le bout de son nez, l'informatique quantique, l'IA incarnée pour les robots humanoïdes, et les interfaces cerveau-machine. Pékin promet aussi un réseau de communication quantique intégrant l'espace et la Terre, ainsi que des ordinateurs quantiques à grande échelle.

L'espace et l'énergie du futur fait aussi partie de l'équation. La Chine vise des percées en fusion nucléaire, une fusée lourde réutilisable, et veut démontrer la faisabilité d'une station scientifique sur la Lune. Des objectifs qui ressemblent à de la science-fiction, mais qui sont pourtant inscrits noir sur blanc dans un document officiel.

Enfin, notons que l'open source fait son entrée dans le rapport, et c'est une première. La Chine aurait décidé d'en faire un avantage stratégique face aux États-Unis, là où les deux pays divergent le plus dans leur approche de l'IA.