Qualcomm profite du MWC de Barcelone pour enquiller les grosses annonces autour de la 6G, de l'IA et d'un nouveau modem 5G Advanced. La prochaine révolution des réseaux mobiles prend forme.

On le sait depuis un moment, la 6G ne sera pas qu'une évolution du réseau, mais une transformation en profondeur de l'architecture même de nos communications. À Barcelone ce 2 mars 2026, Qualcomm a choisi de passer des discours aux actes, avec trois annonces majeures en une seule journée. Un nouveau modem taillé pour l'ère post-5G, un service de gestion de réseau dopé à l'IA agentique, et une coalition mondiale inédite pour accélérer la commercialisation de la 6G dès 2029.
Le X105, le modem signé Qualcomm qui pose les rails vers la 6G
Commençons par le hardware. En Catalogne, Qualcomm a dévoilé le X105 5G Modem-RF, présenté comme le premier modem au monde compatible avec la norme 3GPP Release 19. Autrement dit, il serait le premier à poser concrètement les bases techniques nécessaires au développement et aux tests de la 6G. C'est dans ces spécifications que se joue la transition entre la 5G avancée et la génération suivante.
Si l'on s'attarde aux chiffres un instant, le X105 14,8 Gbps en téléchargement et 4,2 Gbps en envoi de données, soit des vitesses que la plupart des connexions fibre fixes peinent encore à atteindre. Sous le capot, son émetteur-récepteur (transceiver, en anglais) RF, le composant qui gère les échanges radio, est gravé en 6 nm, une finesse de fabrication quasi unique dans l'industrie qui lui permet de consommer 30% d'énergie en moins et de tenir dans un espace 15% plus réduit que son prédécesseur.
Ce qui retient vraiment l'attention, c'est la puce IA de cinquième génération intégrée directement dans le modem. Concrètement, elle observe en permanence ce que vous faites avec votre téléphone (jouer, streamer, scroller) et adapte automatiquement la connexion en conséquence pour une expérience toujours optimale. Le X105 intègre également la connectivité satellite, qui permet de passer des appels vidéo et streaming même sans réseau terrestre, ainsi qu'un système de géolocalisation quad-bande pour une précision de positionnement améliorée. Les premiers smartphones équipés sont d'ailleurs attendus dans la seconde moitié de 2026.

L'IA agentique entre dans les réseaux mobiles sans attendre la 6G
En parallèle du X105, Qualcomm a lancé son service de gestion de réseau agentique, intégré à sa plateforme Dragonwing RAN Automation, déjà utilisée par les plus grands opérateurs télécom mondiaux. L'idée est simple : pourquoi attendre la 6G pour rendre les réseaux mobiles plus intelligents ? Grâce à ce service, les opérateurs peuvent dès aujourd'hui automatiser la gestion de leur infrastructure réseau grâce à l'IA.
Concrètement, ce service fonctionne comme une équipe de managers virtuels, chacun spécialisé dans un aspect du réseau. Ils surveillent, détectent les problèmes, décident des actions à mener et les exécutent, le tout sans intervention humaine. Pour prendre leurs décisions, ils s'appuient sur des outils sophistiqués comme un jumeau numérique du réseau réel pour simuler des scénarios avant d'agir, des analyses de données avancées, ou encore une bibliothèque d'applications dédiées. On obtient au final un réseau qui se gère et se corrige presque tout seul, quel que soit l'équipement en place.
Trois nouvelles fonctionnalités IA viennent s'ajouter aux réseaux existants, sans remplacer le moindre équipement pour autant. La première améliore la stabilité et la couverture du signal. La deuxième permet aux antennes d'anticiper les déplacements des utilisateurs pour orienter le faisceau radio avec plus de précision. Et la troisième accélère l'installation de nouvelles antennes en usine grâce à l'IA, pour réduire les coûts et les délais. Durga Malladi, vice-président exécutif de Qualcomm Technologies, se félicite de « poser les bases des réseaux entièrement autonomes et natifs à l'IA sur la voie de la 6G. »
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C'est sans doute l'annonce la plus symbolique. Qualcomm a officialisé lundi la création d'une coalition regroupant une soixantaine d'acteurs majeurs de l'industrie tech mondiale, tous engagés sur un objectif commun, à savoir commercialiser la 6G à partir de 2029. Amazon, Google, Microsoft, Meta, Samsung, T-Mobile, Nokia, Stellantis… La liste est longue et montre que la 6G est désormais un projet collectif, porté par toute l'industrie.
Contrairement à la 5G, qui a été améliorée progressivement pour intégrer l'IA, la 6G, qui va avaler de la fréquence, est conçue avec l'intelligence artificielle au cœur de son architecture dès le départ. Elle reposera sur une connectivité ultra-performante, la capacité à détecter et analyser l'environnement à grande échelle, et une puissance de calcul sans précédent. De quoi ouvrir la porte à des usages encore impossibles aujourd'hui, comme la gestion automatisée du trafic de drones ou des appareils capables de prendre des décisions de façon autonome.
Le calendrier se précise en tout cas, puisque des premiers appareils 6G de démonstration arriveront dès 2028, avant un déploiement commercial mondial à partir de 2029. Cristiano Amon, le PDG de Qualcomm, considère la 6G comme « la prochaine étape de l'évolution sans fil. C'est le socle d'un avenir natif à l'IA, qui distribue l'intelligence entre les appareils, la périphérie et le cloud, et transforme les opérateurs réseau en entreprises pilotées par l'IA. » La 6G a désormais une date. Et une ambition à la hauteur.