L'IA agentique s'impose comme la nouvelle expression à la mode de la tech. Derrière le terme à la mode se cache pourtant une vraie rupture technologique. Décryptage d'une intelligence artificielle qui ne demande plus la permission.

L'IA agentique est de plus en plus répandue. © AntonKhrupinArt / Shutterstock
L'IA agentique est de plus en plus répandue. © AntonKhrupinArt / Shutterstock

Après l'essor de l'IA générative, place à l'intelligence artificielle agentique. Entre les tribunes d'experts et les annonces de solutions logicielles, l'IA agentique occupe le devant de la scène technologique. On peut la définir comme l'ensemble des systèmes capables d'agir sans supervision humaine constante, de prendre des décisions et de s'adapter à leur environnement. Un saut conceptuel majeur qui questionne notre relation à l'automatisation et promet de redessiner l'organisation de nombreux secteurs.

L'IA agentique redéfinit les règles du jeu face à l'intelligence artificielle classique

Pour comprendre ce qui change avec l'IA agentique, il faut d'abord saisir la différence fondamentale avec ce que nous connaissions jusqu'ici. L'entreprise Delaware, nous explique que ces systèmes « agissent de manière autonome, en prenant des décisions et en exécutant des actions sans intervention humaine constante ». Contrairement à l'IA traditionnelle qui analyse et suggère, l'IA agentique passe à l'action. Elle ne demande plus, elle fait.

Trois points sont importants pour mieux la comprendre et l'expliquer. D'abord, il y a l'autonomie. Quand l'IA classique attend qu'on lui donne des ordres précis, l'intelligence artificielle agentique travaille seule. L'adaptabilité ensuite. L'IA traditionnelle suit des règles fixes, l'IA agentique s'ajuste selon la situation. Et enfin, la décision. L'IA classique conseille l'humain, l'IA agentique tranche et agit sans demander son avis.

Concrètement, ça change quoi ? Des entreprises comme Automation Anywhere développent déjà des outils pour « créer des flux de travail agentiques » accessibles aux non-techniciens. Leur solution AI Agent Studio facilite « l'élaboration et le déploiement d'automatisations propulsées par l'IA ». En clair : avant, l'IA attendait sagement qu'on lui dise quoi faire. Maintenant, elle devine ce dont vous avez besoin et agit. Un renversement total.

On voit ici le Seller Assistant d'Amazon en action : l'IA agentique analyse les performances, recommande des produits Prime Day et optimise automatiquement les budgets publicitaires pour ce vendeur © Amazon
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Va-t-elle piquer le job des décideurs ? La question qui fâche

Il nous est impossible d'ignorer la question qui fâche. Delaware la pose sans détour : « l'IA agentique remplacera-t-elle un jour les décideurs humains ? » La réponse n'est pas si simple. Oui, ces systèmes analysent des montagnes de données, détectent des signaux faibles et proposent des choix objectifs. Mais peuvent-ils vraiment se substituer à l'humain ? Pas si sûr.

Parce que la technologie bute sur un os de taille. L'humain ne se réduit pas à de la logique pure. « L'IA peut renforcer la qualité de la décision, elle ne saurait remplacer entièrement la dimension humaine », nuance Delaware. Jugement éthique, intuition forgée par l'expérience et empathie dans les situations complexes sont autant d'éléments qui échappent aux algorithmes. Dans les structures de gouvernance, elle automatise l'administratif et améliore la transparence, mais la responsabilité finale reste humaine.

L'approche la plus pertinente peut revenir à considérer l'IA agentique comme un « allié stratégique au service du leadership moderne », plutôt qu'un concurrent. Elle livre des analyses et recommandations précises, enrichit la vision des dirigeants, accélère certains processus. Le décideur conserve le dernier mot, en étant armé d'une compréhension augmentée de son environnement. Une collaboration qui redéfinit les modalités du management sans nécessairement le dénaturer. L'avenir s'écrit probablement dans cette hybridation.

Les secteurs qui vont voir leur quotidien chamboulé par cette révolution

Quels sont et seront les secteurs les plus irrigués par l'intelligence artificielle agentique ? En santé, Delaware pense aux « diagnostics en temps réel, aux traitements personnalisés et à une surveillance continue des patients », avec des coûts réduits. Les télécoms réinventent la relation client. La finance améliore sa détection de fraudes, automatise le trading et personnalise les conseils. L'éducation adapte les cours à chaque élève. En fait, aucun domaine n'y échappe vraiment.

L'industrie optimise ses usines et anticipe les pannes machines avant qu'elles surviennent. Le commerce devine ce que veulent les clients et gère ses stocks au plus juste. L'énergie distribue mieux l'électricité et intègre le renouvelable plus facilement. La construction planifie ses chantiers et repère les problèmes avant qu'ils n'arrivent. Les cabinets de conseil se libèrent des tâches répétitives.

Automation Anywhere promet une « efficacité, une évolutivité et une innovation inégalées dans les processus métiers ». Delaware parle carrément de « révolution au service de la performance », un « levier stratégique pour repenser les modèles économiques ». Les changements sont bien réels, pas juste du discours marketing. Mais une question reste entière : que deviennent les employés remplacés par ces systèmes ? L'accompagnement humain sera décisif.