Si la mission de sauvetage censée offrir un sursis au télescope spatial Swift a malheureusement échoué, la NASA vient malgré tout de rallumer ses instruments. Objectif : réaliser de nouvelles observations clés avant le trou noir.

Lancé en 2004, le Neil Gehrels Swift, plus connu sous le diminutif Swift, traque les phénomènes les plus violents et les plus brefs de l’Univers, à l’instar des sursauts gamma. Concrètement, il est en mesure de repérer un événement fugace puis de rediriger aussitôt ses instruments vers lui, en rayons X, en ultraviolet et en lumière visible.
Il alerte, aussi, les autres télescopes, qu’ils soient au sol ou dans l’espace, afin que ceux-ci braquent leurs propres instruments sur cette même cible. Un outil extrêmement précieux pour l’astronomie moderne, qui se dirige désormais vers son inéluctable fin.
La mission a échoué
Car, contrairement à d’autres satellites en orbite basse, Swift ne dispose d’aucun système de production capable de contrer la traînée atmosphérique. Son orbite se dégrade donc naturellement avec le temps, un phénomène qui s’est amplifié ces derniers mois en raison d’une activité solaire plus intense que prévu. Celle-ci a dilaté la haute atmosphère terrestre et accéléré sa chute.
Compte tenu de l’importance de son observatoire, la NASA a tenté un pari risqué. Elle a donné quelques mois seulement à la société Katalyst Space pour concevoir, fabriquer et lancer un vaisseau capable de venir à son secours. Baptisé LINK, cet engin a décollé en juillet dernier avec l’objectif d’agripper le télescope, puis de le hisser vers une orbite plus stable.
Une mission ô combien difficile, qui a malheureusement échoué. Après une panne, LINK a subi une rotation incontrôlée, et les efforts des équipes au sol n’ont pas suffi pour le stabiliser. Il va tout de même rejoindre le télescope pour un rendez-vous orbital et des manœuvres de proximité, afin de tester des technologies de maintenance satellite qui pourront servir lors de futures missions.

Profiter des derniers moments
Swift devrait atteindre, d’ici un à deux mois, l’altitude critique de 300 kilomètres. De quoi accélérer brutalement sa descente, il devrait alors entamer une rentrée atmosphérique incontrôlée, et se désintégrer avant la fin de l’année.
La NASA a choisi, malgré tout, de tirer le meilleur parti de la situation. Ce 26 août, deux des trois instruments du Swift ont été rallumés, ils avaient été désactivés en février afin de gagner du temps jusqu’au sauvetage : le télescope à rayons X (XRT) et le télescope ultraviolet/optique (UVOT). Le troisième, le détecteur de sursauts gamma (BAT), reste éteint pour économiser de l’énergie, mais devrait être relancé dans les prochaines semaines.
Et dès sa remise en route, le XRT a capturé une image du rémanent de la supernova de Tycho, à 13 000 années-lumière de la Terre. Pas mal pour un télescope en fin de vie.
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