L'ARCEP recherche ses candidats pour succéder à sa présidente Laure de La Raudière, dont le mandat s'achève le 3 janvier 2027. Bercy précise les critères d'éligibilité et le calendrier de cette procédure de nomination.

Le fauteuil de présidente de l'ARCEP va bientôt changer d'occupante. Le mandat de Laure de La Raudière, débutée début 2021, s'achève le 3 janvier 2027, et le ministère de l'Économie a officiellement ouvert la chasse au successeur. Créée en 1996, l'autorité veille sur les télécoms, la poste et la distribution de la presse, un poste stratégique confié pour six ans non renouvelables par le président de la République. Les candidats ont jusqu'au 31 août pour envoyer leur dossier complet.
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Laure de La Raudière s'en va, l'ARCEP à la recherche d'un nouveau président
Depuis 1996, l'ARCEP, surnommée « le gendarme des télécoms », encadre trois secteurs à la fois avec les opérateurs et communications électroniques, la poste et la distribution de la presse. Elle a pour principale mission de concilier les intérêts des opérateurs privés avec la connectivité du territoire et une concurrence loyale. Un collège de sept membres, paritaire, épaulé par près de 185 agents, pilote l'ensemble.
Pour prétendre au costume de patronne ou patron de l'ARCEP, il faut cocher deux cases précises. Il faut évidemment disposer de qualifications économiques, juridiques ou techniques, en plus d'une expertise dans les télécoms, la poste, la presse ou l'économie des territoires. Il faut aussi ne pas avoir soufflé sa soixante-cinquième bougie au moment de la nomination. Laure de la Raudière, ancienne députée, fêtera ses 62 ans en février prochain.
Mine de rien, le calendrier est assez serré. Le gouvernement précise que les dossiers doivent atterrir dans la boîte mail dédiée avant le 31 août à minuit, avec CV, lettre de motivation et documents annexes joints. Passé ce délai, il ne sera plus possible de postuler, et les retardataires et dossiers incomplets seront directement écartés de la course à la présidence.
Les étapes à venir et quelques candidats potentiels
Une fois les candidatures reçues, la sélection se resserrera vite. Les services du ministère du Numérique proposeront une short-list, et un panel de personnalités qualifiées auditionnera au maximum cinq prétendants. Sa recommandation atterrira ensuite sur le bureau du président de la République, seul habilité à trancher officiellement.
Pour le moment, aucun candidat ne s'est publiquement déclaré, mais des profils comme Mireille Clapot, membre du collège de l'ARCEP au profil assez similaire à celui de Laure de La Raudière, ou Xavier Merlin, membre du collège également et ingénieur général des mines, pourraient être de sérieux candidats. Thomas Courbe, directeur de la Direction générale des entreprises (DGE), dont le nom a déjà pu circuler pour les présidences d'autorités indépendantes, a aussi un profil intéressant.
Décrocher le poste, c'est aussi accepter un carcan déontologique costaud. La présidence de l'ARCEP est en effet incompatible avec tout mandat électif local, toute autre autorité indépendante, ou la moindre détention d'intérêts dans une entreprise des télécoms, de la poste, de l'audiovisuel, de la presse ou de l'informatique. Le futur patron devra en outre exercer à temps plein.
Même si c'est l'Autorité de la concurrence qui étudie le dossier du rachat de SFR, l'ARCEP devra ces prochains mois piloter l’extinction historique du réseau cuivre, imposer un nouveau pacte mobile pour la 6G et durcir la régulation environnementale des opérateurs face à l’explosion des besoins réseau liés à l’intelligence artificielle. De vastes chantiers.