L'ARCEP a annoncé mardi ouvrir le code source de son application « Mon réseau mobile » sous licence GPLv3. Le régulateur des télécoms invite désormais les développeurs et experts à contribuer à cet outil cartographique de comparaison des réseaux mobiles en France.

Un aperçu de Mon réseau mobile, dont le code est désormais open source. © Alexandre Boero / Clubic
Un aperçu de Mon réseau mobile, dont le code est désormais open source. © Alexandre Boero / Clubic

Le régulateur des télécoms, l'ARCEP, a annoncé mardi 23 juin avoir rendu public le code source de « Mon réseau mobile », son application cartographique qui permet de comparer la couverture et la qualité de service des opérateurs mobiles partout en France. Le dépôt est désormais accessible aux contributions extérieures sur GitHub sous licence GPLv3, et son architecture vaut le détour.

Pourquoi l'Arcep a décidé de partager le code de « Mon réseau mobile » avec tout le monde

Lancée dans sa version actuelle en août 2025, « Mon réseau mobile » est une carte de couverture plutôt polyvalente. L'application de l'ARCEP, qui est librement accessible en ligne, offre aux utilisateurs une vue détaillée des performances de chaque opérateur en France métropolitaine et en Outre-mer, déclinée par technologie (2G, 3G, 4G), avec des données sur les appels, les SMS, les débits, la qualité vidéo et la localisation des antennes. À noter toutefois que les données de couverture sont simulées et fournies à titre indicatif, sans valeur contractuelle évidemment.

Pour justifier son choix d'ouverture de son code, l'ARCEP évoque sa volonté de favoriser l'innovation collaborative d'abord. Les développeurs, experts et acteurs publics pourront contribuer à l'amélioration de l'outil. Elle parle aussi de réutilisabilité, pour que chacun puisse s'appuyer sur l'architecture technique existante. Et enfin, elle évoque la transparence et la robustesse, via un audit communautaire censé garantir la qualité et la sécurité du code.

À y regarder de plus près, cette ouverture n'est pas si surprenante. L'ARCEP avait déjà mis ses données en accès libre sur data.gouv.fr, la plateforme publique de l'État. Publier le code source est donc l'étape suivante, et elle est d'ailleurs imposée par la loi au sens de l'article L.300-4 du code des relations entre le public et l'administration, qui oblige toute administration à rendre accessible le code des logiciels qu'elle développe. L'ARCEP ne fait donc pas uniquement acte de transparence, car elle s'y conforme, mais en faisant ça comme il faut. Parmi les fonctionnalités que les citoyens apprécieront, l'application intègre également les remontées de terrain du dispositif participatif « J'alerte l'Arcep », qui permet à n'importe quel utilisateur de signaler un problème de réseau directement au régulateur.

Capture d'écran du dépôt GitHub de Mon réseau mobile

Ce que les développeurs doivent savoir avant de contribuer à Mon réseau mobile

Sur le plan technique, le projet s'appuie sur une architecture solide et bien pensée. L'interface visible par les utilisateurs, ce qu'on appelle le front-end, est construite avec Next.js et Tailwind CSS, deux outils modernes pour créer des pages web rapides, tandis que MapLibre GL JS gère l'affichage des cartes interactives. Il y a aussi Django, un framework Python populaire, qui orchestre la logique applicative, et PostgreSQL, couplé à PostGIS, qui stocke et traite les données géographiques. Le déploiement repose sur Docker et Ansible, deux outils qui permettent de faire tourner l'application de façon fiable et reproductible sur n'importe quel serveur. Sentry et Centreon veillent quant à eux en permanence à la bonne santé du service. Et côté langages, TypeScript domine largement, en représentant près de 40 % du code.

L'ARCEP précise bien qu'elle invite développeurs, designers et experts de la donnée à co-construire l'outil. Deux exigences s'imposent toutefois aux contributeurs. D'abord, ils ne doivent pas dégrader l'accessibilité (conformité RGAA) ni la sobriété numérique (conformité RGESN). Et en matière de sécurité, les failles éventuelles doivent être signalées à opendata@arcep.fr, et surtout pas via les issues publiques GitHub. Le service fait par ailleurs l'objet d'audits réguliers dans le cadre du dispositif MonServiceSécurisé de l'ANSSI, l'autorité française de cybersécurité.

Pour les données, la licence ouverte s'applique à l'ensemble des jeux disponibles sur data.gouv.fr (couverture, qualité de service, antennes). Seuls les logos ARCEP restent protégés. Qu'il s'agisse de particuliers, entreprises ou collectivités, tout le monde peut désormais s'approprier ce commun numérique. Le service reste accessible sur monreseaumobile.arcep.fr.