Des escrocs se font passer pour des conseillers bancaires sur FaceTime. Ils poussent leurs victimes à partager leur écran, puis à saisir leurs identifiants bancaires en direct devant la caméra. Apple confirme la hausse de ces appels frauduleux et propose une procédure de signalement.

Le correspondant réclame une « vérification supplémentaire » et invite à poursuivre la conversation audio vers FaceTime. Les victimes partagent alors leur écran pendant qu'elles se connectent à leur espace bancaire en ligne - ©Stockinq / Shutterstock
Le correspondant réclame une « vérification supplémentaire » et invite à poursuivre la conversation audio vers FaceTime. Les victimes partagent alors leur écran pendant qu'elles se connectent à leur espace bancaire en ligne - ©Stockinq / Shutterstock

Plus rien ne les arrête. Surtout lorsqu'ils ont un smartphone entre les mains, et plus particulièrement un iPhone. Des cybercriminels se servent de FaceTime dans une arnaque bancaire en expansion. Un SMS annonce d'abord une activité suspecte sur une carte ou un compte, avec un numéro à rappeler. Parfois, la victime reçoit directement un appel, sans message préalable. Le correspondant réclame une « vérification supplémentaire » et invite à poursuivre la conversation audio vers FaceTime. Les victimes partagent alors leur écran pendant qu'elles se connectent à leur espace bancaire en ligne. Le fraudeur observe en temps réel les identifiants bancaires affichés à l'écran.

Apple demande aux victimes de signaler l'appel suspect

Dans certains cas, l'escroc pousse le bouchon jusqu'à réclamer l'installation d'une application d'accès à distance, qui lui laisse ensuite le contrôle direct de l'appareil. À son insu, la victime lui donne accès au terminal bien après le vol ponctuel d'argent.

Selon Apple, la confiance accordée à FaceTime donne du poids à ces appels frauduleux. L'entreprise rappelle par ailleurs ne jamais réclamer d'identifiants sensibles par cet intermédiaire. Tout ce que doit faire la victime est de raccrocher et composer le numéro inscrit au dos de sa carte bancaire, plutôt que celui reçu par SMS. On le sait désormais, si votre interlocuteur vous met sous pression, c'est presque toujours le signe d'une tentative de fraude. Des escrocs n'hésitent pas à apparaître à l'écran pendant l'appel. Un visage filmé en direct rassure instinctivement l'interlocuteur, alors que rien ne garantit l'identité de la personne affichée.

Pour signaler un appel FaceTime frauduleux, la victime doit appuyer sur le bouton d'informations affiché pendant l'appel, puis sélectionner l'option de capture en direct, avant d'envoyer l'image par e-mail à l'adresse reportfacetimefraud@apple.com, dédiée à ce type de signalement.

En France, ce dispositif se fait auprès de Cybermalveillance.gouv.fr, la plateforme publique de sensibilisation aux cybermenaces. La plateforme vous indiquer les démarches à effectuer, notamment un dépôt de plainte et un signalement à la banque, sans délai. Vous pouvez en amont vous laisser guider oriente par un diagnostic en ligne, pour être sûr de traiter avec l'interlocuteur adapté à votre situation.

Selon la Cour de cassation, si un client valide une opération sous la manipulation d'un escroc qui se présente comme un conseiller bancaire, il ne commet pas automatiquement une négligence grave - ©Kitinut Jinapuck / Shutterstock
Selon la Cour de cassation, si un client valide une opération sous la manipulation d'un escroc qui se présente comme un conseiller bancaire, il ne commet pas automatiquement une négligence grave - ©Kitinut Jinapuck / Shutterstock

Les banques françaises doivent rembourser les victimes piégées

Sauf négligence grave du client, le code monétaire et financier oblige la banque à rembourser immédiatement toute opération non autorisée, quel que soit le montant en cause. La charge de la preuve revient à l'établissement, qui doit démontrer cette négligence plutôt que l'inverse. Les établissements bancaires invoquent presque systématiquement cette négligence pour refuser un remboursement, que la victime ait répondu à un message de phishing ou communiqué des informations à un faux conseiller. Les juges retiennent un comportement manifestement fautif pour caractériser cette négligence, au-delà d'une simple imprudence ponctuelle.

Selon la Cour de cassation, si un client valide une opération sous la manipulation d'un escroc qui se présente comme un conseiller bancaire, il ne commet pas automatiquement une négligence grave. Dans un arrêt du 28 mars 2023, le juge a estimé que la victime croyait légitimement parler à sa banque, dont le numéro affiché imitait celui de l'établissement réel.

En attendant une décision, si vous êtes victime de ce genre d'arnaque au faux conseiller, conservez la trace de l'appel et du signalement transmis à votre banque. Et plus vous déposez plainte rapidement, plus elle est en mesure d'examiner votre dossier dans la foulée.

Source : CNET