U-Space, jeune pousse toulousaine du New Space, vient de mettre en orbite deux satellites conçus dans son usine du sud-ouest. Une double mission bouclée en un temps record, avec un lancement effectué par SpaceX.

Deux satellites made in Toulouse viennent de rejoindre l'orbite avec succès. © U-Space
Deux satellites made in Toulouse viennent de rejoindre l'orbite avec succès. © U-Space

Mardi, une fusée Falcon 9 de SpaceX s'est arrachée de son pas de tir avec, à son bord, deux satellites made in Toulouse. Baptisés BRO-31, destiné à la société française Unseenlabs, et LEONAV-1, conçu pour un centre de recherche émirati, ils ont été conçus et assemblés au U-Zine, l'usine de U-Space, avant de rejoindre l'espace. Retour sur une aventure spatiale qui accorde un peu plus de crédit encore au new space tricolore.

Le pari spatial de la start-up française U-Space vient de payer

Voilà une très bonne nouvelle pour le new space hexagonal. BRO-31 n'a pas volé pour rien, puisque ce microsatellite inaugure une toute nouvelle gamme technique chez U-Space, une sorte de châssis spatial repensé sur lequel l'entreprise pourra désormais construire de futurs satellites plus facilement. Une étape fondamentale pour élargir son offre. Sa mission concrète sera d'épauler Unseenlabs, société française spécialisée dans la surveillance des océans, en captant les signaux radio émis par les navires en mer, y compris ceux qui coupent volontairement leurs systèmes de localisation pour passer inaperçus.

LEONAV-1, de son côté, incarne un autre type de réussite, celle de la récurrence. Développé pour le National Space Science and Technology Center (NSSTC) des Émirats arabes unis, il succède à une première mission européenne PNT déjà menée par U-Space, qui confirme la montée en compétence de l'entreprise sur ce segment. Petite précision, sa charge utile de positionnement-navigation a été fournie par Safran.

À bord de la fusée Falcon 9, il y avait un satellite léger de 20 kg, un autre plus imposant de 100 kg, mais malgré cette différence de gabarit, les deux sont sortis des mêmes lignes de production françaises, chez U-Space, une entreprise certifiée AFNOR EN 9100 (l'équivalent d'un label qualité strict, propre à l'aérospatiale, qui garantit un haut niveau d'exigence dans la fabrication). Pour rejoindre l'espace, les deux satellites ont voyagé ensemble à bord de Transporter-17, une mission de SpaceX un peu particulière, car plutôt que d'affréter une fusée entière pour un seul client, plusieurs satellites de tailles et d'origines différentes partageaient le même vol, un peu comme un covoiturage spatial, histoire de réduire les coûts pour tout le monde.

Du décollage au mode opérationnel, chronique d'un sans-faute

Sur les vingt-quatre dernières heures, le premier soulagement pour les équipes toulousaines de U-Space aura été que les deux engins aient pu rallier l'orbite sans encombre. Depuis leur centre de contrôle basé à Toulouse, les ingénieurs se sont ensuite lancés dans l'attente la plus redoutée, celle du « premier contact », le moment où l'on sait enfin si le satellite répond à l'appel depuis l'espace.

La réponse n'a pas traîné, et BRO-31 a transmis ses premières données de télémétrie en un peu moins de trois heures après le décollage, avant d'entamer sa phase de commissioning, autrement dit la première phase des opérations satellitaires et débute immédiatement après le déploiement. En fin de journée, soit environ neuf heures après le lancement, le satellite basculait déjà en mode nominal, prêt à remplir sa mission pour Unseenlabs.

En haut, le microsat Bro-31, et en bas, le cubesat Leonav-1. © U-Space
En haut, le microsat Bro-31, et en bas, le cubesat Leonav-1. © U-Space

LEONAV-1 a suivi le même chemin, à son propre rythme : le satellite est entré en opérations nominales un peu moins de 24 heures après le décollage, un succès et un doublé pour U-Space. Deux missions, deux clients, un seul et même sans-faute pour l'entreprise toulousaine du new space français, qui confirme, aux côtés d'autres satellites français récemment mis en chantier, le dynamisme retrouvé de la filière spatiale tricolore.