SpaceLocker entre dans le cercle fermé des opérateurs de satellites en lançant Out of the Box, son premier CubeSat opéré en propre, avec cinq clients européens à bord et un port spatial universel, salvateur pour le New Space français.

Voici le fameux CubeSat de SpaceLocker. © SpaceLocker
Voici le fameux CubeSat de SpaceLocker. © SpaceLocker

En moins de quatre ans d'existence, SpaceLocker s'est imposée comme un acteur de poids du New Space français. Ce mardi 31 mars 2026, la start-up annonce Out of the Box, son premier satellite opéré en propre, qui embarque cinq charges utiles, toutes européennes, à bord d'un CubeSat 16U d'environ 20 kg. Le petit satellite promet un accès à l'orbite deux fois plus rapide, et des coûts divisés par trois, avec une technologie Plug and Play très prometteuse.

Le Français SpaceLocker dévoile son « port USB des satellites » qui réinvente l'accès à l'orbite

Pendant des décennies, envoyer un instrument dans l'espace impliquait de construire ou acheter son propre satellite, un processus à la fois long, coûteux et figé. SpaceLocker propose une alternative en inventant un port spatial universel breveté, un peu comme une prise USB géante, intégrée au satellite, sur laquelle plusieurs clients peuvent simplement « brancher » leur équipement. Un même satellite avec ce connecteur standardisé permet à plusieurs charges utiles de cohabiter simultanément sur une même plateforme orbitale.

Chaque client conçoit son propre instrument de son côté, le glisse dans un boîtier standardisé, et SpaceLocker s'occupe de tout le reste, à savoir de l'intégration au satellite, de la mise en orbite, et des opérations. On fait fi ici du satellite sur mesure, avec ses délais interminables et ses coûts prohibitifs. Ce modèle de mutualisation permet d'accéder à l'orbite deux fois plus vite, pour un coût trois fois inférieur, et avec jusqu'à 40 % d'impact environnemental en moins, puisqu'un seul satellite remplace plusieurs lancements distincts.

Théophile Lagraulet, le président-directeur général et cofondateur de SpaceLocker, dit vouloir « faire pour l'espace ce que le cloud a fait pour l'informatique : transformer un modèle propriétaire en infrastructure partagée. Demain, envoyer un instrument dans l'espace ne nécessitera plus de construire un satellite. L'accès à l'orbite peut devenir un service standard. » Autrement dit, comme le cloud a permis à n'importe quelle entreprise d'accéder à des serveurs sans en posséder, SpaceLocker veut permettre à n'importe qui d'aller dans l'espace sans satellite dédié, une révolution pour un secteur longtemps réservé aux plus grands.

On comprend mieux ici l'aspect Plug and Play que propose SpaceLocker. © SpaceLocker
On comprend mieux ici l'aspect Plug and Play que propose SpaceLocker. © SpaceLocker

Out of the Box, la mission vitrine qui peut propulser SpaceLocker dans la cour des grands

La mission embarque cinq charges utiles européennes, dont quatre sont rendues publiques. On peut ainsi citer EDGX, qui testera la capacité d'un satellite à analyser ses propres données directement en orbite, sans avoir à les renvoyer au sol, ce qui représente au passage un gain de temps et d'autonomie considérable. Open Space Makers, soutenu par le CNES, embarque FOSM-1 pour expérimenter des communications radio ouvertes depuis l'espace. Solar MEMS et Arcsec valideront leurs star trackers, des capteurs qui permettent à un satellite de s'orienter avec précision en se repérant par rapport aux étoiles.

Pour SpaceLocker, l'histoire est belle en tout cas. Créée il y a seulement quatre ans, l'entreprise affiche déjà un bilan solide, avec une première mission en orbite, une quinzaine de contrats signés en France et à l'international (aussi bien avec des entreprises privées que des institutions), pour un total dépassant les 4 millions d'euros. La start-up a la chance de pouvoir s'appuyer sur Thales Alenia Space pour tester ses équipements, et sur Skynopy pour gérer ses communications spatiales, deux noms qui rassurent, dans un secteur où la crédibilité se construit sur le long terme.

Avec Out of the Box, SpaceLocker entre dans le cercle fermé des opérateurs de satellites. Dans la foulée, six nouvelles missions sont déjà planifiées sur les deux prochaines années, sur différentes orbites, avec la conviction que n'importe quelle entreprise, même hors du secteur spatial, puisse un jour envoyer ses instruments dans l'espace aussi simplement qu'elle souscrirait un service en ligne.