L'Européen Arianespace et l'Américain Katalyst Space Technologies viennent de signer, ce lundi, un contrat pour lancer NEXUS-1 avec la fusée Ariane 6, en 2027. Le satellite interviendra directement sur d'autres engins déjà en orbite.

Et si un satellite pouvait jouer les mécaniciens dans l'espace ? C'est peu ou prou la promesse de l'entreprise américaine Katalyst Space Technologies avec NEXUS-1, dont le décollage à bord d'Ariane 6, pilotée par Arianespace et depuis Kourou est prévu pour le second semestre 2027, comme Clubic l'apprend ce lundi 23 mars 2026. Sa première mission ciblera un satellite du gouvernement américain, avant de s'ouvrir à des clients commerciaux.
NEXUS-1 peut s'arrimer à d'autres satellites pour prolonger leur durée de vie
NEXUS-1 appartient à une catégorie encore rare, celle des satellites de services en orbite. Contrairement à un satellite classique, qui remplit une mission fixe depuis sa position, lui est conçu pour se déplacer. Il peut changer de trajectoire dans l'espace, aller à la rencontre d'un autre engin, s'y accrocher physiquement, puis intervenir dessus et ainsi lui apporter du carburant, améliorer ses équipements ou simplement lui permettre de fonctionner plusieurs années de plus.
Derrière l'exploit technique se cache une vraie révolution pour l'industrie spatiale. Car jusqu'ici, un satellite à court de carburant n'avait pour issue que de devenir un déchet en orbite, inutilisable et abandonné. NEXUS-1 change cette logique du tout au tout, et les opérateurs pourront désormais le ravitailler, le faire évoluer, lui donner une seconde vie, sans avoir à le ramener sur Terre.

Sa première mission sera menée pour le gouvernement américain, et selon nos informations, au profit d'un satellite de l'US Space Force, la branche spatiale de l'armée américaine. Un premier client aussi sérieux que symbolique, qui place d'emblée Katalyst au cœur d'un marché encore jeune mais en plein essor : celui des satellites capables d'en assister d'autres, directement dans l'espace.
Ariane 6 confirme sa montée en puissance sur l'échiquier spatial mondial
Pour Arianespace, ce contrat est important et prouve que son lanceur européen Ariane attire des clients qui peuvent venir du monde entier. Après avoir propulsé le télescope spatial James Webb et assuré le premier lancement de la constellation de satellites Amazon Leo le 12 février dernier (en configuration à quatre boosters, s'il vous plaît), Ariane 6 accueille une nouvelle fois un client international, et cette fois, pour une mission assez atypique.
David Cavaillolès, le patron d'Arianespace, est ravi de cette opération. « Nous sommes pleinement engagés à répondre aux ambitions spatiales de nos clients internationaux avec Ariane 6, le lanceur lourd européen capable d'accomplir les missions les plus complexes et innovantes en orbite. » Des mots qui sonnent juste quand on sait qu'Ariane 6 a déjà six missions réussies à son actif depuis son entrée en service.
Son homologue chez Katalyst, Ghonhee Lee, partage cet enthousiasme. « Confier notre satellite à Ariane 6 est la garantie d'offrir aux opérateurs de satellites les moyens d'adapter, optimiser et prolonger leurs flottes en orbite, comme jamais auparavant », déclare-t-il. Autrement dit, choisir Ariane 6, c'est choisir la certitude d'atteindre l'orbite visée et de pouvoir, ensuite, changer la donne pour tous ceux qui gèrent des satellites. Décollage prévu en 2027, depuis le Centre spatial guyanais, à Kourou.