Anthropic passe la vitesse supérieure sur ses ambitions de puces maison. La start-up discute désormais avec Samsung, alors qu’OpenAI vient de dévoiler son propre processeur.

Anthropic chercherait à concevoir ses propres puces. ©Photo For Everything / Shutterstock
Anthropic chercherait à concevoir ses propres puces. ©Photo For Everything / Shutterstock

En avril dernier, on apprenait qu’Anthropic envisageait de concevoir ses propres puces d’intelligence artificielle (IA) en réponse à la pénurie de composants qui freine toute l’industrie. Le projet en était alors à ses balbutiements : aucune équipe dédiée n’avait été constituée, et l’entreprise n’excluait pas de finalement s’en tenir à l’achat de dispositifs existants.

Mais visiblement, ça avance. Selon le très bien renseigné The Information, la société est désormais en discussion avec Samsung autour d’un potentiel partenariat.

Des contours encore flous

Cette initiative permettrait à Anthropic de gagner en indépendance vis-à-vis d’acteurs tiers. Elle serait d’autant plus pertinente que l’entreprise a connu une telle croissance qu’elle a peiné à répondre à la demande en puissance de calcul, provoquant des pannes pour ses millions d’utilisateurs.

Et le choix de Samsung n’a rien d’anodin. Le groupe sud-coréen est déjà un rouage essentiel de l’écosystème NVIDIA, pour qui il fabrique des puces destinées à l’entraînement et à l’exécution de modèles d’IA. Il a par ailleurs entretenu des discussions similaires avec Google pour la fabrication de ses propres puces, preuve de son souhait de multiplier les partenariats stratégiques.

À noter, malgré tout, que les pourparlers en sont encore à un stade préliminaire. Anthropic n’a pas encore tranché sur l’usage exact de cette puce, sa puissance, ni la manière dont elle s’intégrerait à ses serveurs. Contactée par TechCrunch, l’entreprise a tenu à rappeler sa stratégie matérielle actuelle : une pile diversifiée, combinant les puces de Google, d’Amazon et de NVIDIA, qui restera un « pivot » pour ses besoins de calcul.

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La course aux puces s’emballe

Mais on ne peut s’empêcher de s’intéresser au timing de cette démarche. Il y a quelques jours, OpenAI a dévoilé son propre processeur, baptisé « Jalapeño », conçu avec Broadcom. La firme met en avant une meilleure efficacité énergétique que les puces concurrentes. De leur côté, Amazon et Google disposent déjà de leurs propres puces cloud, respectivement Trainium et les TPU. Sur ce terrain, Anthropic accuse donc un certain retard, qu’elle semble aujourd’hui vouloir combler.

En parallèle, l’éditeur de Claude continue de surfer sur une immense popularité. Il vient de boucler un tour de table de 65 milliards de dollars, le valorisant à 965 milliards de dollars. De quoi lui permettre de sereinement préparer son entrée en Bourse. Dans ce contexte, investir dans sa propre autonomie matérielle tombe évidemment sous le sens.

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