La Direction générale de l'Armement a organisé, il y a quelques jours à Paris, un exercice baptisé « Endurance », dont l'objectif est de préparer l'industrie de défense française à accélérer sa production en cas de conflit majeur.

Pendant deux jours, une quinzaine d'équipes mêlant des industriels, des militaires et des experts de la Direction générale de l'armement (DGA) ont accepté de se pencher, manches relevées, sur un même scénario. Le ministère des Armées avait prévu pour eux un conflit majeur qui obligerait la France à se réarmer dans l'urgence. Ce wargame, au nom de code « Endurance », visait à tester les chaînes de production. Avec pour objectif final de bâtir une véritable Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) de combat, capable de produire et de livrer vite et fort.
La DGA a testé la capacité de la France à produire des armes en temps de crise
À la demande de Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, la Direction générale de l'armement (DGA) a organisé les 3 et 4 juin à Paris l'exercice « Endurance ». L'objectif était d'éprouver la capacité des entreprises de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) à accélérer leur production, comme l'exigerait un conflit majeur.
Dans le détail, l'exercice a été piloté par le Centre d'analyse technico-opérationnelle de défense et la Direction de l'industrie de défense, deux entités de la DGA. En confrontant les équipes à des situations critiques, il s'agissait d'identifier les facteurs de fragilité, de robustesse et d'agilité des chaînes industrielles, mais aussi les arbitrages à opérer en cas de crise.
Le scénario a été évidemment bâti à partir de menaces crédibles auxquelles l'industrie pourrait être confrontée en cas de conflit majeur. Cette mise en situation s'inscrit dans la préparation de plans de haute intensité, conçus en temps de paix. Elle permet de tester des rouages du dispositif de montée en puissance en cas de stress prolongé.
Vers une industrie de défense capable de tenir la cadence
Pour l'industrie de défense, tout l'enjeu était de montrer qu'elle est capable d'augmenter rapidement ses cadences, de répondre à une hausse des commandes, d'adapter ses produits, de sécuriser ses approvisionnements et de lever les goulets d'étranglement pour produire en masse les équipements attendus par les forces, dans les délais impartis.
Depuis 2022, la politique industrielle de la DGA vise à rendre les entreprises de la BITD capables de changer de rythme à tout moment, rappelle le ministère. L'idée est de pouvoir répondre à un choc immédiat, tout en restant engagées dans la dynamique de réarmement, sans négliger l'avenir ni la pérennité de ses capacités de défense sur le temps long.
Cette logique d'anticipation doit permettre d'atteindre un niveau de préparation industrielle à la hauteur des ambitions de la politique de défense française.