La NASA a nommé Randy Bresnik, Luca Parmitano, Frank Rubio et Andre Douglas pour la mission Artemis III. Quatre hommes, aucune femme. Jared Isaacman, administrateur de l'agence, a défendu ce choix sur X, tandis que l'équipage dispose d'un an de préparation contre trois pour Artemis II.

L'équipage d'Artemis III, avec de gauche à droite, De gauche à droite, Andre Douglas, Luca Parmitano, Randy Bresnik et Frank Rubio - ©NASA / Robert Markowitz
L'équipage d'Artemis III, avec de gauche à droite, De gauche à droite, Andre Douglas, Luca Parmitano, Randy Bresnik et Frank Rubio - ©NASA / Robert Markowitz

La NASA a nommé mardi son équipage pour Artemis III. Randy Bresnik en prend le commandement, Luca Parmitano occupe le poste de pilote, et Frank Rubio et Andre Douglas complètent le quatuor exclusivement masculin en tant que spécialistes de mission. Aucune femme. Sur X.com, Jared Isaacman a répondu aux critiques. Il a indiqué avoir « personnellement volé dans l'espace deux fois avec 50 % de femmes à bord » et précisé que la sélection n'implique « aucun nommé de l'exécutif ». Or certains observateurs contestent bien plus que le seul choix des quatre astronautes.

La NASA avait promis qu'une femme marcherait sur la Lune lors des missions Artemis. Peu après l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, l'agence a retiré cet engagement de son site, dans le sillage du démantèlement des programmes DEI. Sur les 24 astronautes à avoir voyagé vers la Lune depuis Apollo, aucune femme n'en faisait partie. L'équipage d'Artemis III orbitera autour de la Terre pour tester les manœuvres d'amarrage entre Orion et les atterrisseurs lunaires de Blue Origin et de SpaceX.

Le commandant Randy Bresnik juge la composition masculine « pas intentionnelle » et annonce des femmes sur les prochains vols

Sur CNN, Randy Bresnik a déclaré sur CNN que la composition masculine de l'équipage était « certainement pas intentionnelle » et indiqué que des astronautes femmes, dont des pilotes d'essai militaires, prépareront les prochaines missions Artemis. L'administrateur Jared Isaacmana précisé sur X que le Bureau des astronautes retient l'équipage qui donne à la mission « les meilleures chances d'atteindre ses objectifs ». Le Bureau tient compte notamment de l'expérience de pilote d'essai, des travaux menés sur des programmes spécifiques et de la disponibilité de chacun.

Jared Isaacman a aussi signalé que les critiques ignoreraient « le vivier d'équipages en préparation pour la station spatiale, ou ceux qui suivent un entraînement lunaire spécifique et qui conviendraient mieux à une future mission de surface ». Jasmin Moghbeli, astronaute de la NASA, prépare actuellement le commandement d'un prochain vol vers la Station spatiale internationale. Randy Bresnik a par ailleurs indiqué que deux autres astronautes femmes, dont les noms restent à annoncer, suivent un entraînement en vue d'un vol ultérieur.

L'équipage d'Artemis III partira en vol avec un an de préparation, contre trois ans pour Artemis II

Pour la NASA, il s'agit avant tout des profils retenus et des exigences techniques propres à cette mission. Selon l'agence, Artemis III est l'une des missions spatiales habitées les plus complexes jamais organisées.

Andre Douglas a suivi l'intégralité de l'entraînement de l'équipage principal d'Artemis II en tant que remplaçant. Il a ainsi accumulé plusieurs mois de préparation sur le vaisseau Orion. Frank Rubio détient le record américain de séjour orbital continu, avec 371 jours à bord de l'ISS en 2022-2023. Randy Bresnik a passé 149 jours dans l'espace lors de deux missions précédentes. L'Aerospace Safety Advisory Panel avait conclu, avant la refonte du programme, que l'ancien plan d'Artemis III présentait un risque élevé.

Fin mai, la fusée New Glenn de Blue Origin a explosé sur son pas de tir en Floride et endommagé une partie des infrastructures. Blue Origin promet un retour en vol avant la fin de l'année, mais la plupart des observateurs avancent plutôt 12 à 18 mois. Jared Isaacman a annoncé un lancement à mi-2027 et affiché une confiance extrême sur ce point.

Source : Le Monde