Arianespace a officialisé, vendredi après-midi, le lancement de 36 satellites Amazon Leo, un record, pour le 17 juin prochain. Cette mission, baptisée VA269, marquera le baptême du feu des boosters P160C sur Ariane 6.

Dans les larges allées du Centre spatial guyanais de Kourou, tout est prêt ou presque pour ce qui sera peut-être le vol le plus ambitieux d'Ariane 6 à ce jour. Le mercredi 17 juin prochain, le lanceur franco-européen s'élancera avec 36 satellites Amazon Leo dans sa coiffe, soit quatre de plus que lors de ses deux précédentes missions. Ce nombre record de satellites embarqués à bord du lanceur est possible grâce aux boosters P160C, plus puissants, qui voleront pour la toute première fois.

Le blason de la mission VA269 (ou LE-03). © Arianespace et Amazon Leo
Le blason de la mission VA269 (ou LE-03). © Arianespace et Amazon Leo

Arianespace et Amazon Leo poursuivent leur collaboration, avec cette fois 36 satellites à bord d'Ariane 6

C'est désormais officiel. Arianespace lancera la mission VA269 le 17 juin depuis le port spatial de Kourou, en Guyane française. La fenêtre de tir est fixée entre 13h53 et 14h22 (heure de Paris). À son bord, 36 satellites d'Amazon Leo, qui une fois en orbite basse viendront compléter la constellation de plus de 300 appareils du géant américain, qui espère offrir une connectivité internet aux zones encore privées d'accès aux réseaux existants.

On parle ici de 36 satellites, donc quatre de plus que lors des deux premières missions Amazon Leo de l'année sous Ariane 6, VA267 en février et VA268 en avril. Un bond qui en fait le vol le plus chargé de l'histoire d'Ariane. Dans le calendrier commercial, VA269 est aussi le troisième lancement d'une série de dix-huit confiée à Arianespace par Amazon.

La mission VA269 sera le huitième vol d'Ariane 6, le troisième de l'année pour Arianespace. Et à l'issue de ce décollage, un cap symbolique sera franchi, puisque 100 satellites Amazon Leo placés en orbite par le lanceur européen, en l'espace de cinq mois seulement.

Un petit aperçu du pied d'Ariane 6, avec les fameux boosters P160C. © CNES / Arianespace / ArianeGroup / CSP / C.Gallo
Un petit aperçu du pied d'Ariane 6, avec les fameux boosters P160C. © CNES / Arianespace / ArianeGroup / CSP / C.Gallo

Les boosters P160C changent bien des choses pour Ariane 64

Que peut-on dire sur ce gain de performance ? Il est à mettre au crédit des boosters P160C, tout simplement. Les propulseurs figurent parmi les plus imposants du monde dans la catégorie des moteurs monolithiques à poudre en fibres de carbone. Chacun embarque 156 tonnes de propergol solide, soit 10 % de plus que les P120C qu'ils remplacent.

La différence tient à un allongement interne d'un mètre du moteur. Les dimensions extérieures restant, elles, strictement identiques. Du coup, en configuration Ariane 64, à quatre boosters (en deux boosters, on dit « Ariane 62 », la capacité d'emport grimpe à environ 22 tonnes en orbite basse. Voilà comment donc on peut passer de 32 à 36 satellites d'un seul coup.

Moins de deux ans après son vol inaugural, Ariane 6 signe une nouvelle évolution majeure, après avoir montré avec succès sa capacité à basculer d'une version de deux à quatre boosters selon les besoins de ses clients. ArianeGroup a pris soin de ne pas bousculer sa chaîne de production en conservant les mêmes interfaces, avec une architecture générale inchangée. Une montée en puissance maîtrisée, sur un marché des constellations en orbite basse de plus en plus disputé.