Kering, propriétaire de Gucci, veut lancer en 2027 des lunettes connectées sous la griffe italienne, en partenariat avec Google. La première grande maison de luxe à entrer dans l'IA portable affronte directement Meta et EssilorLuxottica. Les deux groupes y voient aussi de quoi se refaire la cerise

Il y a 10 ans, Google sortait ses Google Glass, avec le succès qu'on leur connaît - ©Peppinuzzo / Shutterstock
Il y a 10 ans, Google sortait ses Google Glass, avec le succès qu'on leur connaît - ©Peppinuzzo / Shutterstock

Luca de Meo, P-.D.G du groupe français, a confirmé à notre confrère Reuters que des lunettes Gucci alimentées par l'IA arriveraient « probablement l'année prochaine, 2027 », construites sur Android XR, la plateforme de Google dédiée à la réalité étendue. L'accord lui-même, pourtant, remonte au 20 mai 2025, quand Kering Eyewear avait officiellement annoncé ce partenariat avec Google pour développer des lunettes sous Android XR.

Techniquement, les lunettes seront équipées d'une caméra, de microphones et haut-parleurs, et tourneront sous Android XR Hypebeast, avec Gemini en colonne vertébrale logicielle. Un verre optique intégré en option permettrait des usages discrets comme la traduction simultanée, la navigation ou la messagerie. Google a d'ailleurs déjà noué des accords similaires avec Warby Parker et Gentle Monster. Aucune de ces deux marques, pourtant, ne joue dans la même cour que Gucci.

Un luxe qui cache Google

Google efface délibérément son nom des montures et sous-traite le désir à des maisons qui savent le fabriquer. Evan Spiegel, P-.D.G de Snap, a dit récemment que la marque Meta n'est « pas quelque chose que les gens souhaitent porter sur le visage ».

Google semble tirer la même leçon de l'échec cinglant des Google Glass il y a plus de dix ans. Ray-Ban pour Meta, Gucci pour Google, c'est la même architecture, mais avec un positionnement tarifaire et symbolique pour Mountain View. Les Ray-Ban connectées s'affichent entre 300 et 400 dollars ; les montures Gucci, sans aucune électronique ajoutée, coûtent déjà bien au-delà de ce prix.

Google parie ici sur le rejet de la marque tech dans l'espace public. Pour Gucci, c'est une façon de récupérer une légitimité dans la lunetterie connectée, avec Kering Eyewear et son d'un savoir-faire industriel solide.

Luca de Meo, P-.D.G du groupe français, a confirmé à notre confrère Reuters que des lunettes Gucci alimentées par l'IA arriveraient « probablement l'année prochaine, 2027 », construites sur Android XR - ©ALEX FRASER / REUTERS
Luca de Meo, P-.D.G du groupe français, a confirmé à notre confrère Reuters que des lunettes Gucci alimentées par l'IA arriveraient « probablement l'année prochaine, 2027 », construites sur Android XR - ©ALEX FRASER / REUTERS

Gucci cherche aussi un rebond financier

Cet accord a aussi une raison purement économique. EssilorLuxottica a annoncé que les ventes des Ray-Ban connectées de Meta ont plus que triplé en 2025, dépassant 7 millions d'unités.

Pour Kering, ça n'est pas le même bilan comptable. Luca de Meo, arrivé avec une mission de redressement, a déclaré vouloir plus que doubler la marge bénéficiaire opérationnelle du groupe. Gucci, la locomotive historique de Kering, souffre depuis plusieurs années d'un recul de ses ventes. Or les divisions lunetterie et joaillerie, encore marginales dans le chiffre d'affaires total, pourraient devenir des relais de croissance moins exposés aux cycles de la mode.

Le P-.D.G a dit vouloir reconstruire Gucci autour de ses codes esthétiques les plus reconnaissables, après des années où la maison les avait tantôt ignorés, tantôt surexploités. Porter des lunettes connectées au quotidien ferait entrer Gucci dans un registre d'usage, donc bien différent de ce que représentent pour la marque de luxe le sac, le vêtement ou les chaussures.

Google n'a d'ailleurs toujours pas commenté publiquement cet accord.

Source : The Verge (accès payant)

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