Thales a présenté, jeudi, un récepteur de navigation ultra-compact, baptisé TopStar Smart Receiver, capable de résister à la guerre électronique. Il se destine aux véhicules terrestres, drones et munitions.

La guerre électronique rend la navigation militaire de plus en plus vulnérable, voilà pourquoi, pour y répondre, Thales a fait une annonce qui suscite notre curiosité ce jeudi 16 avril. Le géant français a officiellement lancé TopStar Smart Receiver, un équipement miniature qui centralise positionnement, navigation et gestion du temps dans un seul boîtier. Fabriquée à Valence, dans l'Hexagone, la puce souveraine est déjà disponible pour des tests sur le terrain.
Thales concentre trente ans d'expertise PNT dans son récepteur le plus compact
Sur un champ de bataille, savoir où l'on est, savoir où l'on va, et avoir une horloge fiable pour coordonner les communications, sont trois informations vitales. Ces trois fonctions, que les militaires regroupent sous l'acronyme PNT, pour Position, Navigation et Temps, sont habituellement assurées par des équipements distincts. Avec TopStar Smart Receiver, Thales les concentre dans un seul et unique boîtier, allégeant d'autant la charge logistique des forces sur le terrain.
Sa taille réduite est un vrai argument. TopStar Smart Receiver peut s'installer aussi bien à bord d'un véhicule terrestre que sur un drone ou à l'intérieur d'une munition, sans contrainte d'encombrement. C'est précisément ce que recherchent les armées aujourd'hui. Elles misent sur des équipements qui font beaucoup, sans peser lourd ni prendre de place. Thales affirme d'ailleurs que c'est, à ce jour, la solution PNT la plus compacte et la plus économique disponible sur le marché.
Derrière TopStar Smart Receiver, il y a aussi le choix politique fort de la souveraineté. Le terme est-il exagéré ? Pas vraiment, puisque l'équipement est conçu et assemblé en France, sur le site Thales de Valence, dans le cadre d'une filière industrielle 100% européenne. Pour les armées du continent, c'est une garantie essentielle que de ne pas dépendre de technologies étrangères pour des équipements aussi stratégiques. Et derrière ce récepteur, on retrouve les trente ans d'expertise de Thales dans la navigation militaire.
Sans signal GNSS pendant 48 heures, les radios tactiques restent synchronisées grâce à TopStar
Parlons un peu technique. Pour se localiser, TopStar Smart Receiver ne mise pas sur une seule source de signaux satellites. À l'aide d'un récepteur GNSS bi-constellation, il en capte donc deux simultanément. D'un côté, les signaux militaires du système européen Galileo PRS, de l'autre, les signaux civils du GPS américain. Cette double réception améliore la précision du positionnement, mais offre aussi une protection contre le leurrage, qui consiste à envoyer de faux signaux GPS pour induire un système de navigation en erreur.
Contre les brouilleurs, dont le but demeure de saturer les fréquences GPS pour aveugler les systèmes de navigation ennemis, TopStar Smart Receiver dispose d'une arme redoutable, avec son antenne adaptative CRPA, pour Controlled Radiation Pattern Antenna. Concrètement, cette antenne est capable de détecter d'où viennent les interférences et de les filtrer activement. L'équipement peut ainsi opérer jusqu'à trente fois plus près d'un brouilleur actif qu'un récepteur GPS ordinaire, sans perdre le signal.
Son dernier atout, et non des moindres, c'est son horloge interne. En terrain hostile, les radios tactiques ont besoin d'être synchronisées à la milliseconde près pour communiquer efficacement. Et cette synchronisation dépend normalement du signal GPS. Quand ce signal GNSS est coupé ou brouillé, un équipement classique tient environ 30 minutes, avant de décrocher. TopStar Smart Receiver, lui, maintient cette synchronisation pendant 48 heures. De quoi traverser bien des tempêtes électroniques sans perdre le fil.