Drones, blindé Jaguar et manœuvre interalliée, le 2e régiment étranger d'infanterie a testé avec succès ses équipements militaires dans un environnement de grand froid. Un exercice en partie inédit pour l'armée de Terre française.

Ici, le déploiement du véhicule jaguar en condition grand froid. © armée de Terre
Ici, le déploiement du véhicule jaguar en condition grand froid. © armée de Terre

C'est une séquence d'entraînement opérationnel évidemment pas habituelle que vient de boucler le « 2e REI », le deuxième régiment étranger d'infanterie. Dans un environnement marqué par des températures négatives et des sols gelés, les légionnaires ont mené une manœuvre de bout en bout aux côtés de forces américaines, du pont de Rundhaug jusqu'au village d'Overbygd. Avec, dans leurs rangs, le blindé Jaguar pour la toute première fois en milieu arctique.

Les drones et blindés de la Légion étrangère à l'épreuve des températures négatives

Vedette de l'exercice, le blindé Jaguar, véhicule de reconnaissance et de combat issu du programme Scorpion, effectuait là son tout premier déploiement en grand froid, au nord de la Norvège. Pour les équipages et les équipes de maintenance, c'était l'occasion de le titiller sur tout ce qui est démarrage par températures négatives, mobilité sur terrain gelé et enneigé, résistance des systèmes électroniques, et exploitation des capteurs dans des conditions météo dégradées.

Les drones, eux aussi, ont dû faire leurs preuves. Engagés pour fournir des capacités de reconnaissance essentielles au poste de commandement régimentaire, ils ont nécessité une préparation minutieuse. L'exercice a permis de tester la préservation de l'autonomie des batteries et la fiabilité des capteurs par grand froid. Sous un tel froid, même la technologie la plus aboutie demande à être chouchoutée avant d'entrer en action.

Les dronistes en pleine manœuvre. © armée de Terre
Les dronistes en pleine manœuvre. © armée de Terre

Chaque élément du dispositif (blindés, drones, véhicules d'observation de l'artillerie) avait sa fonction, et tous convergeaient vers le même objectif, celui de prendre le pont de Rundhaug avant de pousser jusqu'au village d'Overbygd, deux points distants d'une vingtaine de kilomètres. Le tout piloté depuis un poste de commandement régimentaire, cerveau de l'opération, capable de réorienter les unités en temps réel selon l'évolution de la situation sur le terrain.

Apprendre à durer dans le froid, le défi humain de la Légion étrangère

Sur place, pendant que les forces américaines progressaient vers l'est, les légionnaires avaient pour mission de leur ouvrir la route. Ils devaient sécuriser les points de passage clés, puis tenir le village d'Overbygd pour y préparer ce que l'armée appelle une « ligne de débouché », c'est-à-dire une zone suffisamment maîtrisée et sécurisée pour qu'une unité alliée puisse s'y déployer et lancer sa manœuvre dans de bonnes conditions.

Avant même le démarrage de l'exercice, une longue phase de préparation fut nécessaire. Côté machines, il s'agissait de vérifier minutieusement les véhicules et l'adaptation des équipements au froid. Côté humain, il fallait apprendre à doser son effort pour ne pas s'épuiser, organiser les temps de repos et éviter les blessures que les températures négatives peuvent provoquer, comme l'hypothermie, les gelures ou les crampes musculaires. Car dans le grand froid, arriver prêt est une condition de survie opérationnelle.

C'était l'heure de l'adaptation au milieu grand froid pour le 2e REI. © armée de Terre

L'enseignement le plus précieux de cet exercice, c'est peut-être l'endurance. Savoir progresser sur une surface glacée sans tomber, manœuvrer un blindé dans la neige, ajuster chaque déplacement à un terrain capricieux et hostile sont autant de réflexes qui ne s'apprennent pas dans un manuel, mais sur le terrain. Pour le 2e REI, ce déploiement dans le grand Nord lui permet de tendre vers une capacité que peu d'armées maîtrisent vraiment : combattre efficacement dans le froid extrême.