Comme chaque année, Lille devient le cœur battant de la cybersécurité le temps de quelques jours, avec la nouvelle édition du FIC, le Forum INCYBER, qui débute mardi. Avec pour grande thématique, nos dépendances numériques.

Trois jours, un lieu, et des milliers de spécialistes venus de plus de 50 pays : le Forum INCYBER s'impose, édition après édition, comme le principal rendez-vous européen de la sécurité et de la confiance numériques. Cette année, du 31 mars au 1er avril, avec Clubic comme partenaire média pour la deuxième fois consécutive, le thème choisi, « Maîtriser nos dépendances numériques », résonne comme un signal d'alarme autant que comme une invitation à agir. Car derrière les protocoles, les câbles sous-marins et les plateformes cloud, c'est bien la question de la souveraineté qui est posée.
Le Forum INCYBER, à la fois un salon, forum et sommet qui fait tomber les cloisons entre le monde civil et militaire
Depuis 2007, le Forum INCYBER fait quelque chose d'assez rare dans le monde des salons tech. Il réunit tout le monde ou presque. Des entreprises aux consultants, en passant par les forces de l'ordre, les universités, les agences d'État, tous sont sous le même toit, avec des délégations venues de plus de 50 pays. Un écosystème entier, en un seul lieu, pendant trois jours.
Le général d'armée (2S) Marc Watin-Augouard, l'emblématique fondateur du Forum, résume l'esprit de l'événement mieux que quiconque. Pour lui, c'est avant tout « un lieu où l'on échange, où l'on fait tomber les cloisons entre le public et le privé, le civil et le militaire, l'international, le national et le territorial ». Un espace où les frontières habituelles entre secteurs, entre mondes, n'ont plus vraiment lieu d'être.
Le Forum INCYBER, ce n'est pas que des conférences et des stands. Le général Watin-Augouard le souligne lui-même, une bonne partie de la magie opère dehors, dans les cafés et les rues de Lille, où se noue « un lien fort entre les gens du cyber, de l'étudiant jusqu'au ministre ». C'est ça, dit-il, « l'ADN du Forum INCYBER. » Mais entrons dans le vif du sujet.

Avec une fuite de données par heure, la cybersécurité fait face à son industrialisation
À l'heure où le numérique redessine les rapports de force entre États, entreprises et citoyens, la vraie question n'est plus de savoir si l'on sera attaqué, mais si l'on sera prêt. Maîtriser ses dépendances numériques devient impératif. Guillaume Tissier, le directeur général du Forum, le dit sans détour : « La dépendance n'est pas en soi un problème. L'interdépendance […] est même un moteur de paix, en même temps qu'un puissant facteur de prospérité. » Le danger, c'est quand cette dépendance devient à sens unique, et qu'elle se transforme en moyen de pression entre États ou entre acteurs économiques.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes, puisqu'en France, une fuite de données se produit désormais toutes les heures. Pour Guillaume Tissier, ce rythme « témoigne d'une industrialisation de la cybersécurité ». Il faut comprendre que les cyberattaques ne sont plus le fait de pirates isolés dans leur chambre, mais d'organisations structurées, qui opèrent à grande échelle et en continu.
C'est exactement pour ça que le Forum INCYBER a de la valeur dans l'écosystème cyber. Il permet d'aider les entreprises, institutions et décideurs à prendre la mesure de ce qui se joue vraiment dans le monde numérique. Le général Watin-Augouard le décrit comme « un des accélérateurs de la prise de conscience des enjeux du numérique ». Chaque printemps, Lille joue ce rôle, et cette édition 2026 ne devrait pas faire exception.
Clubic est, comme l'année dernière, partenaire média du Forum INCYBER, dont les informations essentielles à connaître (programme, speakers et autres) sont à retrouver ICI. Nous essaierons, sur notre site et nos réseaux sociaux, de vous faire vivre au mieux l'événement.