La startup lyonnaise Retyc lance une plateforme de transfert et de stockage de fichiers chiffrés. Celle-ci a été pensée aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels qui échangent des données sensibles au quotidien. Retyc est une plateforme non seulement souveraine mais également chiffrée de bout en bout.

Sur le terrain des services d'envoi de fichiers, une méfiance s'est installée depuis quelque temps. Et c'est le leader du secteur WeTransfer qui a créé la polémique en tentant d'intégrer dans ses conditions d'utilisation une clause autorisant l'exploitation des fichiers chargés pour entraîner son IA. Et si l'entreprise a fait marche arrière sous la pression des utilisateurs, il était trop tard. La confiance est brisée.
Chiffrement, souveraineté et sans IA
Dans sa version gratuite, Retyc propose des envois plafonnés à 3 Go et un espace de stockage de 5 Go. Les fichiers sont conservés 7 jours et l'envoi génère un email au destinataire. Mais bien entendu, la plateforme axe ses efforts sur les professionnels en ciblant les métiers juridiques - avocats, notaires -, les entreprises manipulant des données stratégiques et les acteurs publics. Des offres à 10 euros ou 20 euros par utilisateur et par mois débloquent davantage de stockage et diverses fonctionnalités. Alors oui, 3 Go, c'est peu en comparaison aux 50 Go de SwissTransfer, mais Retyc est le seul à proposer un véritable chiffrement de bout en bout sur une architecture française avec la promesse de n'intégrer aucune intelligence artificielle. la baseline du service ? "Hors de leur portée".
Sur Retyc, les données, ainsi que les métadonnées, sont verrouillées avant d'être envoyées et ne peuvent être déchiffrées que par le destinataire. À l'ouverture d'un compte, l'utilisateur est invité à créer un mot de passe pour sa clé. Retyc conseille d'ailleurs d'en choisir un différent de celui associé à son compte. La startup affirme avoir mis en place une plateforme zero-knowledge, et s'appuie sur une infrastructure que son créateur, Emilien Mantel, qualifie de "souveraine". Autrement dit, elle reste indépendante de tout acteur étranger. C'est sur ce point qu'elle entend se différencier des solutions existantes.
Rappelons que face à la polémique de Wetransfer, Nalden, co-fondateur du service néerlandais parti en 2019, annonçait Boomerang, une alternative minimaliste sans publicité ni exploitation de données, en réaction directe aux orientations prises par Bending Spoons depuis le rachat en 2024. Du côté de SwissTransfer, les fichiers circulent dans un tunnel sécurisé (chiffrement AES-GCM) lequel empêche toute interception ou modification durant l'envoi. Une fois stockés, Infomaniak a mis en place un double verrouillage (LUKS et AES 256 bits). Retyk met l'accent sur le chiffrement complet incluant même les métadonnées et une solution 100% française.
