Pendant six mois, entre juillet 2025 et janvier 2026, Interpol a coordonné l'opération Synergia III avec les forces de l'ordre de 72 pays. Plus de 45 000 adresses IP malveillantes ont été neutralisées, 94 personnes arrêtées et 212 appareils saisis dans une campagne ciblant phishing, malwares et ransomwares.

L'organisation internationale de police, dont le siège se trouve à Lyon, a rendu publics les résultats de cette opération menée sur plusieurs continents. En novembre 2024, nous rapportions les conclusions de l'opération Synergia II avec 22 000 adresses IP désactivées et 41 arrestations. Avec ce troisième coup de filet, les chiffres sont encore plus élevés.
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Phishing, arnaques sentimentales, sextorsion
Pour mener à bien ces arrestations, Interpol s'est appuyé sur trois partenaires privés du secteur de la cybersécurité et notamment le Group-IB, Trend Micro et S2W. Ces derniers étaient chargés d'identifier les infrastructures suspectes et de fournir des renseignements pouvant être directement exploités par les autorités nationales.
À Macao (Chine), plus de 33 000 sites de phishing ont été répertoriés. Ces derniers imitaient des casinos, des banques, des organismes gouvernementaux ou des plateformes de paiement. Évidemment, le but des cyber criminels était d'inciter les victimes à alimenter de faux comptes ou à saisir leurs coordonnées bancaires. Au Togo, 10 suspects ont été arrêtés pour avoir animé un réseau opérant depuis un quartier résidentiel. Ils combinaient piratage de comptes sur les réseaux sociaux, arnaques sentimentales et sextorsion pour extorquer de l'argent, en faisant chanter leurs victimes et leur entourage.
Au Bangladesh, 40 personnes ont été interpellées et 134 appareils électroniques saisis. Ils étaient reliés à des escroqueries à l'emploi, des faux prêts, du vol d'identité et de la fraude à la carte bancaire. Sur l'ensemble de l'opération, 110 individus restent sous enquête dans plusieurs pays participants, les investigations se poursuivent sur la base des éléments collectés durant les six mois d'opération.
Neal Jetton, directeur de la division cybercriminalité d'Interpol, a souligné que la coopération entre les services de police et les entreprises privées de cybersécurité a été au cœur de l'opération. Les enquêtes préliminaires ont permis de déclencher des perquisitions coordonnées dans plusieurs pays, aboutissant à la saisie de 212 équipements électroniques et serveurs au total.