Vous l'avez sûrement aperçu sur les réseaux sociaux ou dans une pub placardée dans le métro… Friend, le collier IA, intrigue autant qu'il inquiète.

Alors que de nombreux Gen Z estiment que l'IA est dotée de conscience et que les psychologues s'inquiètent de voir les ados préférer cette technologie à leurs amis, le collier Friend tente de se faire connaître à grands renforts de publicité. Ressemblant à un AirTag et basé sur Google Gemini, le service met son utilisateur sur écoute et lui envoie des messages sur iPhone, pour lutter contre la solitude. Mais ce compagnon numérique est loin de susciter l'engouement…
Friend, un collier IA qui créé la polémique
Créé par Avi Schiffmann, un développeur américain d'à peine 23 ans, le projet Friend.com, décliné sous la forme d'une plateforme de chat en ligne gratuite et d'un collier IA à 129 dollars, peine à décoller. Depuis son lancement en 2025, il a, certes, réuni 200 000 utilisateurs sur le web mais seulement 1000 à 3000 colliers ont trouvé preneur.
C'est sans doute pour cette raison que la startup a investi 1 million de dollars dans une ambitieuse campagne de pub. L'argent, qui est issu d'une récente levée de fonds s'élevant à 2,5 millions de dollars, a aussi permis d'acheter le très stratégique nom de domaine friend.com.
Seulement voilà : les annonces publicitaires, diffusées notamment dans le métro parisien, n'ont pas plus à tout le monde. Pire, elles ont provoqué la colère de certaines personnes qui n'ont pas hésiter à taguer ou à arracher les affiches vantant les mérites du fameux collier.

Des inquiétudes concernant la confidentialité
Pourquoi de telles réactions ? Dans un monde où le moindre prétexte commercial est bon pour nous mettre sur écoute, le micro constamment activé de Friend.com dérange, et on le comprend. Le concept même de cet objet a quelque chose de malaisant : le collier, configuré pour offrir une présence constante, peut répondre aux questions de son interlocuteur mais aussi repérer les moments de silence pour envoyer des messages. Les risques de dépendance émotionnelle sont, on s'en doute, bien présents.
Mais ce qui inquiète le plus, c'est évidemment la confidentialité d'une telle création. Si l'on imagine que les propriétaires de ce collier IA acceptent volontiers d'être enregistrés en permanence, c'est loin d'être le cas de leur entourage. Interrogé par Le Figaro, Avi Schiffmann tient toutefois à rassurer les utilisateurs : « Lorsque vous créez un compte, vous devez verrouiller une clé spéciale que nous vous donnons. Ce n’est qu’avec cette clé que quiconque peut accéder à vos données. Donc, tant que vous gardez votre mot de passe sécurisé, vos données sont en sécurité. »
Alors, Friend.com est-il un ami ou faux ami ? Une chose est sûre : on n'a pas fini d'entendre parler de lui et de ses confrères, les compagnons IA.
Source : FranceInfo / Services Mobiles