La ministre Anne Le Hénanff dirigeait vendredi les premières Rencontres des Centres de données à Bercy. Avec 63 sites identifiés et 28,6 gigawatts recherchés pour faire de la France un hub de l'IA, les discussions progressent.

Un an, ça passe vite. Depuis le Sommet pour l'action sur l'IA organisé à Paris en février dernier, la France n'a pas chômé. Vendredi 30 janvier, la ministre déléguée au à l'Intelligence artificielle et au Numérique Anne Le Hénaff réunissait à Bercy l'ensemble des acteurs du secteur des datacenters pour mesurer le chemin parcouru. Entre les sites identifiés, les raccordements électriques et les milliards d'euros d'investissements, la stratégie française pour attirer les datacenters semble être sur le point de se concrétiser.
63 sites identifiés pour accueillir les datacenters français de demain
La chasse aux emplacements stratégiques pour les datacenters du pays porte ses fruits. Depuis février dernier, une task force associant la Direction générale des entreprises, Business France et le gestionnaire RTE a scruté l'Hexagone pour identifier les terrains les plus prometteurs. En novembre, on apprenait que 63 sites répondaient bien aux critères de disponibilité foncière, de capacités électriques suffisantes et d'acceptabilité locale.
Sur ces emplacements, 26 ont déjà trouvé un porteur de projet prêt à investir. Et cinq localisations, d'après le gouvernement, d'ailleurs baptisées « fast track », parviennent à se distinguer. Ces emplacements offrent un potentiel de raccordement électrique supérieur à 700 mégawatts, le tout dans un délai de trois à quatre ans. On les trouve à Dunkerque, au Bosquel et à Escaudain pour les Hauts-de-France, et à Montereau et Fouju pour l'Île-de-France.
Détail intéressant, sur ces cinq sites ultra-stratégiques, trois ont déjà leur porteur, tandis que deux sont en voie d'attribution. Les entreprises qui avaient formulé des annonces lors du Sommet ou des événements Choose France ne traînent pas non plus. Plus de 75% d'entre elles ont déjà sécurisé leur terrain ou sont sur le point d'y parvenir. Et l'État révèle accompagner aujourd'hui 52 sociétés dans leurs démarches.
Des besoins électriques qui dépassent l'entendement, mais qui sont en partie assurés
Les besoins électriques, comme vous vous en doutez, s'envolent pour mener tous ces projets à bien. Les porteurs visent une puissance totale de 28,6 gigawatts, qui permettrait à elle seule d'alimenter plusieurs dizaines de millions de foyers. Sur cette montagne d'électricité demandée, un cinquième a déjà été sécurisé, à savoir que 5,8 gigawatts disposent d'un terrain attitré et d'engagements fermes pour le raccordement au réseau électrique français.
L'attractivité retrouvée du territoire est en tout cas saluée par Roland Lescure, le ministre de l'Économie, qui loue l'efficacité du dispositif. « Nous nous sommes assurés que les annonces se traduisent en actions, en offrant un cadre attractif pour l'installation de centres de données : disponibilité foncière, simplification des démarches, accompagnement », a-t-il déclaré vendredi.
Anne Le Hénanff a quant à elle réaffirmé l'ambition gouvernementale, en rappelant que « moins d'une année après le Sommet de l'IA à Paris, nos engagements se traduisent en avancées concrètes sur le terrain. » Reste désormais à tenir quatre priorités. L'État doit poursuivre ses travaux visant à garantir l'exemplarité environnementale des chantiers et futurs centres de données, anticiper les raccordements électriques, renforcer les relations avec les collectivités et valoriser une chaîne de valeur souveraine, créatrice d'emplois en France.